Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

28.7.08

STILL DEEP


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Ursus Minor ? On ne les avait pas vu en France depuis La Villette septembre 2006. Profitant d'un voyage Anjou-Champagne, Chadly Bengana et la dynamique équipe Asperanto ont organisé en un temps record un concert à l'Ermitage sur les hauteurs de Menilmontant. Et le public est venu nombreux en ce 16 juillet, beaucoup de têtes nouvelles et des connaissances dont la présence fait chaud au coeur. Une soirée de tous les possibles, manière d'espérer pour des demains qui pourraient donner plus de voix. La veille le groupe était à Angers dans le superbe Cloître Toussaint et le lendemain à Chalons en Champagne sur la place de la Mairie où, avant un rappel avec le blues un peu joueur "Étincelle d'Angers", il a offert un très poignant "Deeper Still", chanson du film de Jean Marboeuf Coup de Sang.

Merci aux organisateurs Didier Granet, Patrick Legouix, Chadly Bengana et à la gentillesse des équipes d'Angers l'Été, des Musiques d'Ici et d'Ailleurs et de l'Ermitage pour ces trois précieuses journées de Juillet.




Image : B. Zon

OFFRE D'ÉTÉ


25.7.08

LA SURFACE DES CHOSES



Le musée du Jeu de Paume au Jardin des Tuileries à Paris donne à voir cet été une rétrospective du photographe portraitiste Richard Avedon. Certaines citations font lien entre les diverses salles (mode, célébrités, grand ouest américain et dernière période). Celle-ci ne manquera pas d'interroger : "L'inexactitude n'existe pas en photographie. Toutes les photos sont exactes. Aucune d'elles n'est la vérité'". L'exactitude serait donc inversement proportionnelle à la vérité (pour Antonin Artaud "la clarté était la mort"), c'est fort possible, c'est même exact !

Photo : Twiggy par Richard Avedon

21.7.08

QUELLE DRÔLE DE PETITE BÊTE !




L'escargot non satisfait du voisinage du cimetière municipal (simple hypothèse) envisage sérieusement de traverser une de ces routes départementales : pour l'insensible homme, tranquille, pour le vibrant gastéropode, gigantesque. Quelle motivation pour cette incroyable odyssée? Le voisinage des tombes, le manque de verdure, les intrusions affolantes des gallinacés ou les pas lourds de l'employé à l'entretien de l'ossuaire qui, sadique et criminel, n'hésite pas à écraser les confrères mollusques ? L'animal est décidé, il entreprend la traversée. Après d'éternelles minutes, une voiture automobile passe, lourde et rapide, l'escargot se rétracte, il échappe de justesse aux roues de droite. La vision effrayante d'une coquille écrasée et du corps d'un pair séché n'entame en rien sa détermination et le voyage reprend de plus bel. Pour qui ? Pour quoi ? Surgit un second bolide puis un troisième, la bête avance, se hâte, échappe encore par deux fois à la mort qu'elle ne peut voir en peinture. Quelques timides touffes d'herbes émergeant du gravillon indiquent que l'autre bord est proche. La lavandière, le linge à portée de main, passe de ce côté-ci de la route et de son pied faillit l'aplatir. L'a-t-elle vu, épargné ? Le rampant est-il chanceux ? L'horizon espéré est enfin là, plus de verdure, un beau muret, des salades mêmes. Le voyage rarement osé par ses congénères valait bien de porter sa maison par ce val aussi goudronné que peu gallois pour l'habiter tellement mieux. Goût du risque, persifleront les tristes se contentant des abords du cimetière, envie de voir, envie de vivre pense l'escargot au terme de l'insensé voyage.

Photo : B. Zon