Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

30.4.12

BOULEVARD DES MARÉCHAUX

Depuis les élections présidentielles de 1981, flotte par les affiches des finalistes (par elles seules ?) un fort parfum pétainiste jamais démenti par la suite. En 1981, celles de François Mitterrand "La force tranquille" (conçue par Jacques Séguéla) et Valérie Giscard d'Estaing "Il faut une France forte" (imaginée par le publicitaire Jacques Hintzy) inauguraient le retour du style maréchaliste. En 2012 la tendance perdure (et s'amplifie chaque fois par le jeu des urnes). L'Empereur a repris le thème du perdant de 1981 (avec le même Jacques Hintzy) ; son remplaçant le Duc de Hollande a aussi fait dans le bleu ciel (conception BDDP & Fils - Caisse d'Épargne, France Télécom, BMW, Fnac...) avec un petit bout du bocage de Giscard, mais sans le village de Mitterrand.

Photo : B. Zon

29.4.12

ILL CHEMISTRY
AU PRINTEMPS DE BOURGES

Arrivée dans la ville du grand argentier de Charles VII en traversant le royaume de Burgondie, et plaisir de retrouver dans la foule "qui nous traîne et nous entraîne" Napoleon Maddox et Hamid Drake qui joueront un peu plus tard avec Iswhat. Dernier concert d'avril 2012 pour Ill Chemistry, sur la scène du 22 Est du Printemps de Bourges. Concert plein de couleurs, de poésie prompte à créer l'énoncé de nos vies plus ou moins sages, de paroles amoureuses ou de douleur, d'insoumission, d'alchimie de partage sur fond de réalité, de hasard, de relation et de volonté tendre.

Desdamona et Carnage devraient être de retour en France en octobre 2012


Merci à Matthieu, à toute l'équipe de Neonovo, Yann, Marion, Fred, Sylvain ainsi qu'à Marianne sans qui cette tournée n'aurait pu être ce qu'elle a été.

Photo : B. Zon

ILL CHEMISTRY À DIJON

On parle souvent de la désormais docilité du public, des concerts inscrits dans des zones aux débordements calculés, des rappels compris comme la tva, de cette sorte de soumission au spectacle encadré. Et bien, vendredi soir à la Péniche Cancale à Dijon, ce ne fut pas le cas car après le premier rappel, les spectateurs empêchèrent littéralement les membres d'Ill Chemistry de quitter la scène en bloquant toute issue possible. Desdamona et Carnage, surpris mais heureux de cette situation inattendue, se livrèrent donc alors à deux improvisations de toute beauté, une sorte de chant du monde, choral de conciliation des possibles rêvés, une poésie clairvoyante.

Merci à Benjamin, Nicolas, Sophie, Côme, Manon et toute l'équipe de la Péniche Cancale



Photos : B. Zon

28.4.12

ILL CHEMISTRY À NANTES


"Il y a un grand besoin de développer la créativité à un moment où on cherche à la faire mourir. Beaucoup de problèmes à régler ont un sérieux besoin de créativité".
Desdamona interviewée par Vlipp (web télé des jeunes en Pays de Loire)

Chaque jour de la tournée Ill Chemistry est une belle occasion de souligner cette indication comme ce soir très vivant du 27 avril à la Fac de Nantes. Trois autres groupes étaient de la fête Brainstorm (de Portland), Royal Baths (de New York) et Yacht (fans de Brigitte Fontaine de Los Angeles). Chaque jour Ill Chemistry réunit sans heurts mais avec vigueur ; là cette belle affluence de jeunes gens aux regards chercheurs, capacité à comprendre à saisir les signes, la trace des mots et des corps.  Évidence. Les expériences personnelles font le tour du monde consumant l'absolu pour apporter un peu de lumière.

Un peu plus tard, toujours sur le campus, Ill Chemistry jammait en coulisse avec La Formule, groupe de hip hop nantais. Carnage concluait : "Don't fit in the box". Naturellement !

Merci à Alexandre et toute l'équipe de l'organisation (exemplaire), à Nahid et ses compagnes et compagnons de Vlipp, à Radio Prun et à nos amis Julia et Cattanéo, visiteurs chaleureux


Photos : B. Zon

26.4.12

ILL CHEMISTRY À METZ
AVEC ONE MPC ET PRIMITIV

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les membres des associations Empreintes et Boumchaka étaient en joie à l'issue du duo improvisé des beatboxers Carnage et Primitiv concluant leur bien belle soirée messine.  Les deux associations de Nancy et Metz, deux de ces groupes de bénévoles qui, en dépit du discours ambiant, imaginent avec une connaissance profonde à très juste titre leur rôle actif dans la vie musicale ou la musique de la vie, ont uni, hier soir, leurs forces pour le meilleur avec l'organisation d'un mémorable moment au Cococabana dans la capitale d'Austrasie. Ce fut un moment heureux, un moment de pleine grâce avec les séquences évolutives inspirées de One MPC, les jeux sémillants du beatboxer virtuose Primitiv et le set survolté et poétique d'Ill Chemistry qui invita tout MC du public à venir les rejoindre le temps d'un titre (il y en eut un). Source de désir, jaillissement de substance, actualité vivante, la musique est aussi la découverte de l'horizon de l'autre, ce fut si bien dit hier.


Merci à Emma, Sylvain, David et toute l'équipe d'Empreintes et Boumchaka
Merci aussi à Marie et Dominique pour les souvenirs Chantenaysiens, le lien était fort


Photo (Primitiv, Carnage et Desdamona avant le concert) : B. Zon

25.4.12

ILL CHEMISTRY IN STRASBOURG



Hier à Strasbourg, après une petite visite de la cathédrale avec Ill Chemistry, à deux pas, une plaque retient l'attention. Elle raconte l'histoire de la Main Noire, de ces 25 adolescents qui constituèrent un groupe de résistance dès octobre 1940, de la condamnation à mort en 1942 de l'un des leurs, Marcel Weinum, entré en résistance contre l'occupation nazi à 16 ans.
En ces temps de manipulations électorales sophistiquées, ça impressionne..
...
Le soir  à la Kfet des sciences sur le campus universitaire, c'est un texte dit  a capella par Desdamona avec une prégnante sincérité, qui amènera le public turbulent et bruyant à l'écoute par un étonnant moment de silence. À partir de là, de ce moment qui semblait risqué, quelque chose se passe, quelque chose de différent, la musique n'est plus faire valoir, mais source de partage et c'est en conscience que la danse s'invite, libératrice, vraiment.

Merci à Jérémie et à toute l'équipe responsable de ce premier festival de hip hop indépendant (où l'on retrouvait Andy Kayes) pour leur accueil amical

Ce soir : Metz


Photo : B. Zon

24.4.12

LE TROISIÈME HOMME ?

Le troisième homme n'est pas Marine Le Pen (au choix deuxième ou quatrième), mais Nicolas Sarkozy

Lecture réelle des résultats des élections présidentielles (car nous ne sommes pas des pourcentages) en nombre de personnes

• F. Hollande :               10 273 582 (candidat des médias remplaçant DSK)
• Abstention/b. blancs : 10 151 806 (réalisé sans soutien des médias, ni de la finance)
• N. Sarkozy :                  9 753 844 (sortant conservant de fait sa part de soutien médiatique)














Candidate utilisée et chouchoutée par les médias
• M. Le Pen :                   6 421 773
Candidat utilisé et mal aimé des médias
• JL Mélenchon :             3 985 298
Candidat oublié des médias
• F. Bayrou :                    3 275 349
Candidats figurants pour les médias (pour faire croire au truc démocratique)
• E. Joly :                            828 451
• N. Dupont-Aignan :          644 086
• P.  Poutou :                       411 178
• N.  Arthaud :                     202 562
• J.  Cheminade :                  89 572

Pour les médias (et les groupes financiers qu'ils représentent) ayant choisi depuis le début (avant même) le candidat n°1 en niant la masse n°2 tout en privilégiant la n°4 (remplaçante parfaite du n°3 un peu usé après cinq années catastrophiques) aidés en cela par le n°3 lui-même (qui a fait le jeu du n°4, épouvantail tragique indispensable à l'ensemble) et débarrassés des n°5 à 11, tout se passe comme prévu (le n°5 étant quand à lui rentré dans le rang du n°1)

22.4.12

AUTRES PORTRAITS DES "GAGNANTS"

Deux portraits plus ressemblants que ceux que l'on voit ailleurs de Messieurs Hollande et Sarkozy

LE BON AIR
ILL CHEMISTRY AU SOUFFLE CONTINU

21 avril, Disquaire Day, Ill Chemistry a rendu visite au Souffle Continu, rue Gerbier à Paris. Desdamona et Carnage ont pu comme les autre clients trouver quelques trésors (impossible de résister, il y en avait tant). Théo Jarrier et Bernard Ducayron prodiguaient d'irremplaçables conseils de connaisseurs, avec une mémoire sidérante défiant n'importe quel ordinateur, à toutes celles et ceux qui déambulaient dans ce formidable magasin, reflet inespéré de ce que la musique peut encore généreusement offrir au monde.

Photo : B. Zon

21.4.12

LES TRACES D'ILL CHEMISTRY
AU POINT ÉPHÉMÈRE

Établir la set list avant un concert, surtout lorsque c'est le premier d'une tournée, est toujours un moment particulier, moment de confrontation de points de repères chahutés, éphémères, de découvertes de traverses, de spécificités quasi instinctives, de construction à partir de témoins d'expérience, d'échange avant l'échange, de choix à bousculer durant le concert même.
Hier soir Ill Chemistry offrait son premier concert de la tournée d'avril au Point Éphémère, Quai de Valmy à Paris (suite : 24 avril, Strasbourg, Kfête des Sciences - 25 avril, Metz, L’Apostrophe - 26 avril, Nantes, Campus Universitaire - 27 avril, Dijon, La Péniche Cancale - 28 avril, Bourges, Le Printemps de Bourges/22 Est). Salle chaleureuse, alchimie partagée, conscience poétique de co-naissance alternativement dédoublée ou rassemblée faites d'expériences fécondes, on vibre, on danse. Tiens Bernard Loupias est dans la salle, il danse et chante aussi, c'est chouette de la voir là, détendu. Il évoque Cannonball Adderley en écoutant Carnage the Executioner, laisse passer un large sourire au détour d'une phrase de Desdamona. Impact et plénitude. Souvenir immédiat et de circonstance d'un très éloquent petit texte écrit par Loupias à propos de l'émouvante photo de John Coltrane et Ben Webster par Roy DeCarava où il disait : "Face à ces forces de mort, le jazz est la trace ineffaçable du geste prométhéen accompli par ceux qui surent transcender cette nuit des corps et des âmes (« Body and Soul ») pour offrir au monde une beauté neuve où triomphait leur humanité".
La musique d'Ill Chemistry, c'est, dit-on, du hip hop, de la belle musique noire de cette famille là surtout.


Merci à Neonovo et à l'équipe du Point Éphémère 

Photo : B. Zon

20.4.12

ALAN HACKER : LA MUSIQUE PARTIE

Alan Hacker n'est plus.

On pourrait parler de cette superbe et unique façon de jouer la clarinette, de son travail de restauration sur Mozart (Concerto et Quintette), sur sa compréhension d'Anton Stadler, de l'ensemble Matrix et tout ce qu'il nous a donné (Tony Coe et Tony Hymas en firent partie), de Bernard Hermann, de la fondation de The Music Party, de sa direction d'orchestre basée sur d'autres critères que ceux de l'idée de chef, de son interprétation de Stockhausen, Cage, Schuman, Schubert, Debussy ou Philippe Grange, des Pierrot Players et leurs liens avec Peter Maxwell Davies ou Harrison Birtwistle, de son travail à l'Université de York, de son charisme, on pourrait dire aussi tout ce qu'il apporta à Chantenay et à Dunois avec Tony Coe qui nous le présenta, avec Robert Cornford, avec Steve Beresford pour d'autres projets (Avril Brisé, Dancing the Line), avec The Music Party, l'Amati Ensemble, Tony Hymas, Christine Jeffrey, Violeta Ferrer, Michel Doneda, Beñat Achiary, Joëlle Léandre, Louis Sclavis ou Chris Laurence, se rappeler de cette incroyable soirée du grand orchestre de Lol Coxhill entrecoupée de pièces de Mozart, Stravinsky ou Stockhausen par le trio de clarinettes Hacker- Coe - Kassap, des Tableaux Phoniques de Satie, du duo avec Karen Evans, de son goût pour l'improvisation et ce qu'elle pouvait signifier, de ses choix d'aventures, de sa recherche sur les origines, de cette interprétation si sensible dans Oyaté d'Hymas, de Vienne, de York, des Gamelans, de mille autres choses. Mais ce sont cette bouleversante humanité, cette manière de dire que la musique pouvait tant contre l'horreur, ses encouragements constants, ses rires, cette capacité à rassembler, accueillir sans cesse, à libérer les curiosités, cette passion des rencontres, cette écoute complète et si généreuse, qui saisissent à l'annonce de cette injuste nouvelle. Nous sommes nombreux a avoir eu nos vies touchées par l'amitié d'Alan Hacker, à recevoir ses enseignements fertiles.

Photo : Caroline Forbes (Enregistrement de la Gran Partita de Mozart)

16.4.12

GARY FARMER & THE TROUBLEMAKERS : REZIFIED, NUIT MINNESOTANNE

"L’imagination n’est pas un état ; c’est l’existence humaine toute entière".
William Blake

À l'entrée un indien demande à Sara Remke si le Black Dog a été nommé ainsi à cause du chef dakota du même nom. Ce n'est pas vraiment le cas, même si le village de Black Dog se trouvait quelques kilomètres plus au sud sur la même rive du Mississippi avant l'édification de la capitale du Minnesota. Il a l'air un peu déçu, mais se ravive de suite : "mais vous avez l'air de faire bon cas des indiens ici" et il entre l'air heureux. Ce soir, alors que la tornade menace à l'extérieur, les indiens sont sur scène et dans la salle (certains sont venus de loin). Pas de minorité donc, mais une présence totale et visible.

Gary Farmer & the Troublemakers (Brock Stonefish : guitare et chant, John Longbow : basse, Bruce Fraser : batterie et Gary Farmer : chant et harmonica) sont sur la route pour huit semaines. La tournée s'intitule "Rezified", passe donc par bien des réserves indiennes avec d'autres haltes. On ne se demandera pas pourquoi le blues, dénominateur commun des opprimés de l'ile de la Tortue qui porte ici la parole non résignée.

Souvenir non sans rapport : Au festival les Temps Modernes d'Allonnes (Sarthe) en 1992, le poète shawnee Barney Bush et le grand batteur de free jazz afro américain Sunny Murray, par hasard à la même table et tous les deux ayant grandi dans cette terre de déportation qu'est l' Oklahoma évoquaient de façon intarissable et avec beaucoup de joie des tas de connaissances communes de leurs parents et grands parents.

La rythmique de Longbow et Fraser gronde et la guitare de Stonefish se fraie un passage sans réserve, accents fluides, souples accueillant l'inoubliable Nobody (dans Dead Man de Jim Jarmusch) et son chant granuleux fruit d'une consciencieuse exploration, d'une ténébreuse clairvoyance capable de virer jusqu'à l'arc en ciel.

"We gotta make the change, make it now"

Le chanteur cayuga dédie "Mister Coyote" au Beatle le plus cinéphile en rappelant un épisode du montage de Pow Wow Highway de Jonathan Wacks (où d'autres grands acteurs indiens allaient être révélés : Graham Greene, Wes Studi, John Trudell y faisait aussi ses débuts à l'écran), film important dans la représentation cinématographique du native american. Alors que Wacks par peur, voulait couper une scène où Farmer montrait son postérieur, l'auteur de "Something" qui était producteur du fim, trancha positivement par un grand sourire. "C'est grâce à George Harrison que vous avez vu mes fesses !".

La pianiste Alexandra Buffalo Head (du groupe Bluedog) est invitée pendant le premier set qui se conclue par un étonnant "Bang Bang (my baby shot me down)", le thème de Sonny & Cher, plein de mélancolie. Beaucoup d'invitations, d'amitiés et d'échanges dans cette soirée où conscience historique et sociale sont autant de gages. L'orchestre contribue à quelque chose d'important, quelque chose qui prolonge d'autres actions des acteurs en présence pour que la parole indienne puisse s'affirmer dans le désert d'ignorance. Jouer, simplement jouer... contre la séparation.


Photos B. Zon (sauf image du film Dead Man)

14.4.12

DEAN MAGRAW ET BRYAN NICHOLS :
UNE IMPRESSION DE PLÉNITUDE

Dean Magraw (guitare) vêtu de rouge et noir de beau hasard, et Bryan Nichols en large sourire (piano), hier lors des vendredis Community Pool au Black Dog ont, en une soirée des plus attentives, proposé avec une élégante passion, un jeu composé d'irrésistibles affinités. Devant la cruauté du monde, pourquoi continuer à jouer se demande-t-on parfois ? Et bien la réponse est toute trouvée dans ces moments de découverte des uns et des autres où la vie fait de menus progrès. Car c'est bien de cela dont il s'est agit dans ces deux sets visionnaires et éloquents. Il n'était que de voir les visages épanouis dans le public, de ceux des musiciens à l'écoute aussi de ce public. La musique comme forme aérée de réception et de pénétration, antidote de la folie du quotidien, sans mensonge, en toute lucidité.



Photos : B. Zon

11.4.12

ILL CHEMISTRY À ELECTRIC FETUS

Electric Fetus est un magasin de disques comme on en fait plus guère (ou plutôt vraiment plus assez car on en fait encore). Situé à Minneapolis dans un quartier populaire gorgé d'histoire et créé en 1968 (son nom ne saurait tromper), l'endroit porte toute la vie de la musique depuis ce temps-là, comme l'on sait un temps de grandes ouvertures. Lumière du jour, parquet, sélection large, politique de prix intelligente, compétence et gentillesse des vendeurs, Electric Fetus fait partie de ces magasins qui sont bien là pour la transmission. Combien d'entre nous ont tellement appris aussi grâce aux disquaires ? Le choix de la musique ne peut être anonyme. Regardons aussi combien de critiques, d'organisateurs, de producteurs, de musiciens mêmes ont été disquaires à un moment. Electric Fetus est un trésor vivant et ni la tornade dont il a été victime en 2009, ni la "crise" du disque (et le bourrage de crâne médiatique qui va avec) ne l'a fait plier. L'un de ses points forts est aussi un accompagnement, une défense, une valorisation des artistes locaux. Ici on a compris qu'il était important de chérir ce qui était à portée, ne pas l'ignorer, le snober lorsqu'il est tellement créatif. Les musiciens s'y sentent bien et y viennent fréquemment. On ne vient pas non plus à Minneapolis sans visiter l'endroit et en repartir avec quelques pépites.

10 avril à 18h, Ill Chemistry présente son disque sortit deux mois auparavant en France devant un public, nombreux, très divers, attentif, joueur. Entre les morceaux Desdamona et Carnage the Executioner rappellent l'importance d'Electric Fetus (ici on dit souvent le "Fetus"), l'importance de saisir la culture locale aussi et à quel point le lieu importe. Mots très applaudis. Personne n'est là par hasard et les réguliers d'Electric Fetus comprennent parfaitement. Au premier rang, des enfants là encore qui nous envoient un signe. Tout le monde participe. Les disques partent en quelques minutes. Le moment des signatures est, loin d'un passage obligé, un moment de partage où l'on prend son temps, conversations autour des dessins de Rocco, de la tournée à venir en France, du concert de Sons d'Hiver en février dernier. Beaucoup de conscience, de bienveillance, de simplicité et de libre circulation. Cette présentation de disque était bien un moment de musique vivante.
























La chanteuse Emilie Lesbros devant Electric Fetus lors de sa visite aux Twin Cities en mars

Lire aussi
à propos du Souffle Continu

Photos : B. Zon

10.4.12

CYRIL LEFEBVRE S'EST ENVOLÉ :


Nous l'avions rencontré grâce à Jac Berrocal qui l'avait invité dans son Hotel Hotel, ensuite il vint à la chapelle de Villedieu où il joua d'abord seul puis y rencontra Mike Cooper avec qui il fit beaucoup de choses, il joua avec Kazuko Hohki, avec Steve Beresford et son orchestre, Lol Coxhill, Max Eastley, les Uptown Hawaiians... C'était du côté de chez nous Londres, Paris, Chantenay... un petit bout dans une longue et riche route talentueuse et colorée... Cocaïne blues qui reste une indiscutable référence... Vibrato ... Video aventures... Maajun... Jean-Pierre Arnoux... Pierre Bensusan... Musique française et américaine de la même époque et d'il y a longtemps ... Brownie McGhee... Hawaï, Debussy, Satie, Skip James, Gino Bordin, Yma Sumac... Dora Lou... Joseph Racaille... Marie Delbek... Arthur H... Tony Truant... Jim Cuomo ... Ukulélé club de Paris... il avait fait une très jolie reprise de "la Paloma"... toujours beaucoup de grâce dans le jeu... "Bel oiseau vole"... aloha Cyril Lefebvre

TONY MARSH STOPS

Tony Marsh jouait de la batterie avec un esprit magnifique, jamais détourné de la réalité, délicatement lucide avec une frappe fortement inscrite, pour que la cohésion, toujours, triomphe.

Dans les années 70, il jouait dans un groupe chercheur aux teintes rock : Major Surgery. La prochaine décennie le voyait partager les inventions d'Evan Parker, Paul Rutherford, John Surman, Mike Osborne, Barry Guy, Paul Rogers, Howard Riley, Elton Dean...

Il avait rejoint Didier Levallet pour un trio de marque avec Harry Beckett. Dans le disque Hotel Hotel de Jac Berrocal, c'est lui qui donnait la pulsation avec Pierre Bastien dans les deux morceaux "ornettiens" avec Daunik Lazro. Il participait à l'édition 1987 du festival de Chantenay-Villedieu avec Evan Parker et Olly Blanchflower. Continuant les recontres de haut vol, Steve Beresford, Simon Picard (7RPM), il se joignait au Mike Westbrook brass band, co-créait le quartet Full Monte avec Chris Biscoe, Brian Godding et Marcio Mattos.

Plus récemment et à foison, John Tchicai, Evan Parker toujours, Tony Hymas, John Edwards, Neil Metcalfe, Roland Ramanan, le très beau duo avec Ray Warleigh à l'adresse parisienne (Rue Victor Massé), celui avec Veryan Weston aux grandes orgues (Stops).

Tony Marsh vient de nous quitter, il laisse une œuvre considérable, une de celles que l'on remarque souvent trop tard. Elle est empreinte en profondeur, d'une aspiration, d'une intelligence, d'une intégrité fortes et libres.

9.4.12

THE COUP
LA CLEF SAINT GERMAIN EN LAYE 6 AVRIL

Par Olivier Gasnier

Ceux qui ont eu l’occasion de le croiser – avec Ursus Minor notamment - l’auront remarqué : Boots Riley, rappeur de son état, a le contact facile, immédiatement sympathique dans sa manière « laid back », tranquille (Oakland, Californie peut-être ?), d’engager la conversation. Une qualité qui se retrouve, naturellement, dans sa musique.
Ainsi vendredi soir dernier, à la tête de son groupe, The Coup, lors de sa première tournée européenne, il a rapidement acquis la salle à sa cause, asseyant sa capacité à établir la connexion sur une énergie elle aussi communicative. Derrière une décontraction apparente, rien n’est laissé au hasard et le groupe à ses côtés – formation classique : guitare/basse/batterie/claviers/chant – présentait une solide cohésion tout au service d’une musique mêlant allègrement hip hop, rock et funk endiablé. Ce cocktail, base du travail de Boots Riley, s’avère un parfait vecteur de transmission de sa vision critique et aiguisée de la société. Conscient de s’adresser à un public pas totalement anglophone, le rappeur prend d’ailleurs la peine, par petites touches entre deux morceaux, d’expliciter sa démarche, établissant au passage de judicieux liens entre actualité française et étatsunienne.
Et, puisqu’il s’agit quand même de contribuer à changer les choses, « commençons, localement, par œuvrer à hauteur de notre environnement proche» indique-t-il, le californien emporte certes l’adhésion avec une musique festive (Party music*), mais n’oubliant pas qu’il peut être nécessaire de prendre une arme plus grosse encore (Pick a bigger weapon*).
Retour en concert espéré en octobre prochain, suite à la publication de son nouvel album en septembre.

(* : les deux précédents albums de The Coup)

7.4.12

TWO BY TWO, PROMENADE
DERIC DICKENS, KIRK KNUFFKE ,
BRIAN ROESSLER, PETE HENNIG

Vendredi soir, soirée Community Pool au Black Dog, le duo Brian Roessler (contrebasse), Pete Hennig (batterie) a invité une autre paire venue de New-York : Deric Dickens (batterie), Kirk Knuffke (cornet) aussi nommée Speed Date. Les Minnesotans ouvrent. Trois pièces basse batterie de haute fratrie. Tout avance avec sobriété dans un découpage sûr, très souplement dans la recherche du trait essentiel alors que les enjeux de multiplient, comme dans un film de Jean-Pierre Melville. Puis c’est au tour des New-yorkais de l’autre duo qui pourrait tout autant que le précédent vraiment s’appeler l’Autre duo. La connaissance de l’autre, c’est le début de l’amour infini. Quelques images brèves, comme des flashbacks, non de références, mais des marques de l’histoire qui scelle et qui descelle, l’histoire de l’autre. Mu, le continent englouti chanté par Don Cherry et Ed Blackwell, Bobby Bradford et John Stevens, Leo Smith et Jack Dejohnette, Roy Eldridge et Cozy Cole, Cat Anderson et Max Roach, Bill Dixon et Tony Oxley, Lester Bowie et Don Moye.

Les duos cornet ou trompette – batterie assez sont rares, même si trompes et tambours portent ensembles bien des traditions, des traditions très physiques. Cette dimension embraquée dans le duo Dickens-Knuffke s’incarne par des petits mouvements en plans rapprochés, en murmures consolidés, en petits chants de vie et d’abondance qui cherchent la lumière juste. La ligne est claire et la piste dense et légère.

Deuxième set, les duos se mélangent. Quatre ! Chiffre magique de musique bien sûr. La basse indique et les batteurs choisissent de suite l’harmonieuse complémentarité de toutes sortes de variétés entraînant l’ensemble en assonances transgressées d’un très doux sacrifice des âmes. La logique du quartet frappe ! Suite exacte des deux précédents. Bribes de bop. Les affinités s’affirment, là est l’urgence pour tout homme qui ne nie pas l’humanité. L’intuition intime peut être collective.

Photos : B. Zon

4.4.12

SUICIDE D'UN RETRAITÉ GREC

Dimitris Christoulas, pharmacien retraité s'est donné la mort à 77 ans ce matin, place de la Constitution, à Athènes en criant "je ne veux pas laisser de dettes à mes enfants !" avant d'appuyer sur la gâchette.


Il a laissé cette terrible lettre :


"Le gouvernement d'occupation a littéralement anéanti la possibilité de ma survie, basée sur une pension décente pour laquelle j'ai cotisé, depuis 35 ans (sans l'aide de l'Etat).

Je suis à un âge qui ne me permet plus de répondre individuellement (et pourtant si un grec avait pris une Kalaschnikof, j'aurais été le second).

Je n'ai pas trouvé d'autre solution pour avoir une fin décente avant d'avoir à faire les poubelles pour me nourrir.

J'espère que les jeunes sans futur, prendront un jour les armes et pendront par les pieds comme traitres les politiciens sur la place de la Constitution comme les italiens l'ont fait en 1945 à Mussolini."