Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

23.2.17

L'EAU C'EST LA VIE

"L'eau c'est la vie" est le slogan rassembleur des opposants au ravageur Dakota Access Pipe Line. Le temps est là pour l'insistance nécessaire. Les chevaux et la rivière aussi bien sûr. Ainsi l'image de ce jeune lakota de Standing Rock en lutte pour la vie photographié par Amber Bracken évoque celle de ce guerrier Piegan immortalisé par Edward Sheriff Curtis. Entre les deux, un siècle de silence, de courant et de résistance dont on ne peut détacher la vie. "L'eau c'est la vie".

Photos © Amber Bracken et Edward Sheriff Curtis

19.2.17

CLYDE STUBBLEFIELD


Clyde Stubblefield, batteur en profession depuis l'adolescence (avec Otis Redding ou Eddie Kirkland) devint (avec John "Jabo" Starks) en 1965 et pour six années fortes d'une affolante vibration, le funky drummer de James Brown. Sa marque fut si profonde qu'elle servit largement de fondation rythmique au hip hop. Le sample sur lequel repose "Fight the Power" de Public Enemy, c'est lui. Il jouera en direct avec Chuck D et Amir Thompson en 2011 ce "Fight the power" hymne des temps qui sont les nôtres. Clyde Stubblefield est parti hier, mais continuons à être funky and fight the power.


Photo : DR

18.2.17

MÉMOIRE SANS AMNÉSIE

L'air de Paris est si mauvais que je le fais toujours bouillir avant de respirer.” Erik Satie
 Photo : B. Zon

RIMONS

En 1973, Jean-Paul Sartre écrivait dans la revue Les temps modernes un article intitulé "Élections piège à cons". La rime était parfaite. Cette année les prétendants au poste d'homme providentiel ont aussi choisi la rime en "on" -"yonmonronchon" - (la prétendante - pour qui ils travaillent tous - a elle choisi d'emblée la rime en "haine"). Il se pourrait bien, pour sortir d'un cirque aux calculs chaque jour plus misérables et retrouver une liberté de pensée, de mouvement, d'organisation, face à un système qu'aucun pansement ne pourra rendre vivable, que la meilleure rime soit - pour commencer - "abstention".

17.2.17

SANS H

 
"Prenez garde au peuple qui pleure
Et qui montre un poing nu."
Herman Melville - auteur de Moby Dick

L'assurance vieillesse ? Pas une évidence au pays des déments capitaines. 
 
 

Photo : B. Zon

14.2.17

QUESTION DE DIX

Otto Dix fut, en 1933, un des premiers professeurs d'art renvoyés par le régime Nazi. Ses œuvres furent plus tard retirées des musées ou brûlées. Quel est de nos jours le prix à payer pour ceux qui tentent d'offrir un peu de vérité, un peu de beauté ? Quels progrès avons nous fait ? Ou plutôt quels progrès la société du capital a-t-elle fait pour plus calmement contenir, neutraliser ou anesthésier l'expression pleine et entière ? Et quels sont nos progrès de résistance ?

9.2.17

TRAQUE, MATRAQUE, DÉTRAQUE

Hier a été votée à l'Assemblée nationale la très inquiétante loi "Police et sécurité : sécurité publique" par 15 députés présents et unanimes (PS - LR - FN soit les partis en lice pour le prochain concours électoral) - manque d'assistants parlementaires sans doute. Pendant ce temps à Aulnay-sous-bois, 5 jeunes gens (18 à 23 ans) sont inculpés et condamnés sans attendre (en 48h) pour s'être insurgés contre une injustice monstre. 4 policiers violeurs à l'origine de cette violence sont alors chez eux en attendant... La dédémocratie en pleine forme !


Dessin : Henri Gustave Jossot

8.2.17

À L'HEURE D'AYLER









































Il y a 50 ans, en février 1967, la musique d'Albert Ayler pouvait être perçue comme celle d'un an 2000 rêvé. L'avons nous entendue lors du changement de millénaire (rêvions-nous alors) ? Lors du concert de Matt Wilson avec Catherine Delaunay, le 3 février (Sons d'Hiver 2017), Jeff Lederer y fit référence directe à l'intérieur d'unes des "Original Haitian Music" de Sidney Bechet. Que ce soit de siècle, de millénaire ou de frontières inventées par les hommes, la présence des poètes comme Bechet ou Ayler déborde toujours vers l'à venir.
 

1.2.17

JAMES BRANDON LEWIS TRIO
À SONS D'HIVER

De toutes les images de l'investiture de l'animateur de l'émission de téléréalité The Apprentice comme 45e président de The Big One le 20 janvier, celle d'une limousine en feu sur laquelle est graffité "We the people" est sans doute la plus éloquente. Marque des temps que nous vivons et interrogation du futur en direct. Image de sortie de somnambulisme, poésie de l'éveil face à la brutale ignominie à laquelle nous avons laissé la porte ouverte par tant d'absence, tant de reports coupables... Notre besoin de musique, le besoin de notre musique, parmi les mille nécessités auxquelles il nous faut aussi pourvoir par nous-mêmes, par nous autres, le besoin d'une musique hautement génératrice et heureusement rageuse. 

Ce son si désiré, c'est lui qui nous a de suite vivement embrassé lors du concert de James Brandon Lewis, Luke Stewart et Warren G. Crudup III à Cachan le 29 janvier. L'impressionnant bloc formé par les trois hommes est immédiatement rendu régénérateur par une sorte d'ivresse maitrisée où chacun manifeste tous les signes d'évolution nécessaires de façon permanente. Frisson jaillissant et vital : ça s'appelle "No filter". Pas de filtre effectivement mais l'éclat d'un chant ingouvernable, une ultra vigilance follement libre, une ébouriffante lucidité. En rappel, ils reprennent "Syeeda's song flute" de Coltrane qui quitte aussi rapidement sa bogue que "My favorite things" pouvait le faire avec le ténor révolutionnaire. Salut ! Le lien est fait, mais sans s'attarder, ce qui compte là encore, c'est dans un élan en grande forme, la hardiesse, l'idéal. De suite !

Photo : Leda Le Querrec