Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

19.7.16

ALAN VEGA

Le premier groupe d'Alan Vega (avec Martin Rev) s'appelait "Suicide"...
Un nom qui résonne terriblement et trop "communément" de nos jours aussi et encore.
Alan Vega s'est éteint le 16 juillet.

14.7.16

DANSONS AVEC LES RÉFUGIÉS


 En 1974 François Tusques et Le Collectif Le Temps des Cerises dansaient avec les travailleurs immigrés (Dansons avec les travailleurs immigrés - À bas la circulaire Fontanet ) *, hier soir Place Stalingrad à Paris, on dansait avec les réfugiés.

 * 1974, disque Le Temps des Cerises 03)


Photo : B. Zon

13.7.16

JEAN MARBŒUF ET URSUS MINOR
SUR LES TOILES CORREZIENNES

 Par Thierry Mazaud

Il y a des noms qu’on était certain d’entendre samedi dernier à Tulle. Et on les a entendus : Bernard Hermann, Georges Delerue, Nino Rota… Ces compositeurs ont été cités dans le cadre du 6ème Ciné d’été à Tulle, festival placé sous la houlette d’Agnès Gameiro et qui avait opté cette année pour une thématique axée autour des musiques de films et des chansons dans les films. Ont été projetés Le bal, Chantons sous la pluie, Une chambre en ville, On connaît la chanson, Aubervilliers, Sita chante le blues

Et puis, par le biais d’un partenariat avec Kind of Belou (plus le soutien logistique de l’I.P.N), le public a pu (re)découvrir Coup de sang, le film que Jean Marbœuf a réalisé en 2006 (1). La présence dans ce festival de ce film étrange et mélancolique, à la forme non conventionnelle est due à sa bande originale signée Ursus Minor. Un choix heureux pour tous ceux qui savent l’importance de cette formation. La voix et les mots de Stokley Williams impriment au récit un tempo mélancolique, lancinant et lumineux à la fois. Les pastilles vocales de Marie-Christine Barrault sur le thème principal font des nœuds dans la gorge. Comme les intonations de la guitare électrique de Jef Lee Johnson qui rappellent : 1. Combien les compositeurs (et les cinéastes) délaissent cet instrument lorsqu’ils imaginent une B.O ; 2. Combien ce musicien manque (le sujet de Coup de sang est la disparition : la douleur et le désarroi qu’elle porte en elle).

Puis, en compagnie de Jean Rochard, conseiller musical sur quelques uns de ses films, Jean Marbœuf s’est prêté à cet étrange exercice consistant à répondre aux questions d’un public engourdi par le noir et le confort de la salle, retourné par la force de l’œuvre.

Le réalisateur a gratifié les spectateurs tullistes d’un bonus avec la projection du court-métrage Help! (2), qu’il a réalisé avec le concours de Jacques Tardi.

Dans l’après-midi, une discussion s’est installée dans le hall du cinéma Véo de Tulle. Les deux Jean, Marbœuf et Rochard, ont comparé leurs visions sur le sujet du jour avec celles du réalisateur Carlos Saboga et du compositeur Alain Jomy.

Profitant de sa présence en Corrèze, Jean Marbœuf était convié quelques heures plus tard à Treignac pour une seconde projection dans les salons de la galerie Treignac Projet. Le choix de ce lieu délicieusement impropre à la projection d’une œuvre de cinéma n’avait rien d’anodin puisque l’endroit fût le théâtre il y a près d’un an de l’enregistrement du quatrième album d’Ursus Minor.

* Un grand merci à Agnès, Christiane, Sam et Lise pour leur accueil. 


Photo : Agnès Gameiro-Delteil


(1) Avec Pierre Arditti, Marie-Christine Barrault, Fadila Belkebla, Bernard Haller, Michèle Simmonet, Anne Deleuze, Sandrine Leberre, Patrick Laval, Violeta Ferrer, Julie Marbœuf ... Les films du Chantier (2006)

(2) Film inspiré de "Quand ils sont venus chercher..." de Martin Niemöller. Avec Eric Mariotto, Julie Marbœuf, Pierre Cognon, Paul Borne. Décors dessinés par Jacques Tardi. Grand Prix du court métrage au Festival des films du Monde de Montréal. (2013)

5.7.16

LA VIE 49.3

Et hop encore un petit coup de 49.3 à l'Assemblée Nationale !
Le 5 juillet passage de la Loi Travail par le 49.3 (à suivre ...)

Photo B. Zon 

4.7.16

ALTERATIONS FESTIVAL

Alterations Festival
Café Oto Londres, 15-19 juin 2016.

Texte et photographies : Gérard Rouy

  Alterations en 2016 et en 1984
 
Alterations (Steve Beresford, Peter Cusack, Terry Day, David Toop) est un quatuor d’improvisateurs basé à Londres, qui a donné de nombreux concerts entre 1977 et 1986. Provenant de sphères musicales assez distinctes, les quatre musiciens partageaient une prédilection pour un polyinstrumentisme sauvage. D’abord totalement acoustique, le groupe fut amené à utiliser de plus en plus d’instruments électriques au cours de ses concerts, avec une volonté de briser au passage quelques règles non-dites, théories et bienséances associées à la scène parfois très puritaine de la « free music » des années 70-80. Leur particularité résidait dans un réjouissant et bouillonnant patchwork permanent d’instruments et d’objets sonores hétéroclites, de styles musicaux et de figures rythmiques exaspérées (éléments de pop, de free jazz, de punk, de musiques traditionnelles, de hip hop, de chansons croonées…), sans aucun tabou.

Le groupe a sorti trois vinyles à cette époque : Alterations (Bead, 1978), Up Your Sleeve (Quartz, 1980) et My favourite animals (nato, 1984), suivis de CDs de divers extraits de concerts : Alterations Live (Intuitive Records, 2000) et Voila Enough! (Atavistic, 2002). Il semblerait (dixit Jean Rochard) qu’une ressortie de My favourite animals se profile…

Après une nouvelle réunion du groupe le temps d’un concert dans la capitale britannique en 2015, un Alterations Festival était organisé en juin dernier proposant des concerts au Cafe Oto et des expositions, films, conversations et ateliers à l’espace Oto Project, sous la houlette des Unpredictable Series (Blanca Regina et Steve Beresford). Des expositions de photographies, tracts et affiches d’époque ; la projection du film Unpredictable : The art of Terry Day’ ; deux ateliers : ‘Field Recording’ avec Peter Cusack, ‘Making bamboo flutes’ avec Terry Day ; présentation de la prochaine réimpression du magazine Musics (sous forme de gros livre) publié par Ecstatic Peace Library (Thurston Moore et Eva Prinz). Les concerts se déroulaient au Cafe Oto les 18 et 19 juin, en groupes composés de membres d’Alterations et d’invités (tels que John Butcher, Rhodri Davies, la violoncelliste Hannah Marshall, Evan Parker, la vocaliste Elaine Mitchener, Thurston Moore, l’exploratrice d’objets Rie Nakajima, Max Eastley, Lee Patterson, la violoniste Satoko Fukuda, l’artiste peintre Gina Southgate), chaque soirée se concluant par un concert d’Alterations au grand complet.

Je me souviens, par exemple, de deux quartets remarquables, gorgés de retenue et d’émotion, l’un avec Evan Parker, Hannah Marshall, Rhodri Davies et Peter Cusack, l’autre avec John Butcher, Elaine Mitchener, David Toop et Terry Day, où triomphait la libre improvisation « classique ». En revanche, rien de « classique » dans les concerts d’Alterations où se bousculent la subversion, la confrontation et la gourmandise. Le festival 2016 connut un grand succès. Qui sait ? Peut-être sera-t-il renouvelé dans l’avenir…

Gérard Rouy


30.6.16

ZARBOTH EN LIMOUSIN

Le diable et ses systèmes
par Thierry Mazaud 

En ce début du mois de juin, les crues (providentielles pour le gouvernement envasé dans les joyeuses contestations de son État) ne font qu’une bouchée des autoroutes qui partent de la capitale vers l’essentielle Corrèze. 
Dans le camion qui les mènent vers les vertes prairies où sont élevés de manière intensive les présidents de la République, Etienne Gaillochet, Phil Reptil et Macdara Smith, les trois intrépides membres de Zarboth, bravent les éléments déchainés, jouent contre la montre (étanche) pour livrer une première tranche de leur rock instable et diluvien tard dans la nuit de Tulle. Fin du premier épisode.
Le lendemain, c’est le Magasin Général de Tarnac qui offre un coin de sa salle de bar au trio. Quelques mètres carrés significatifs quand le titre de l'album de Zarboth annonce : There’s no devils at all, it’s just the system. Epargné par les inondations, le Plateau de Millevaches va se laisser rincer par le déluge zarbothien. Comme une averse de gouttes grasses et chaudes, les riffs pleuvent drus sur nos oreilles. Etienne Gaillochet est énergique, c’est indubitable, mais il est aussi le gardien azimuté d’une certaine histoire de son instrument. La palette est vaste chez Gaillochet et sans céder un iota de sa nécessaire puissance, il montre une appétence amoureuse pour toutes les possibilités et enseignements de la batterie.

A ses côtés, Phil Reptil taille le son de Zarboth avec une intrigante économie d’effets. C’est précis, énorme et, là encore, enrichi de la culture sans frontières que le guitariste a stocké dans ses doigts depuis sa première folk.

Macdara Smith les rejoint à mi-parcours et porte d’autor Zarboth au climax, avec sa fougue et son espièglerie. La fin du set offre le caleçon de Smith (chantant « I want to be naked », il opte pour l’incarnation) à la vue de tous et une reprise d’Arno (« Putain putain ») avec juste ce qu’il faut de bordel.

Après un crochet par Vassivière (en Creuse) le vendredi, la tournée limousine de Zarboth s’achève au Café du Commerce de Treignac, endroit qui, au fil des saisons (bonnes comme basses), accueille une bonne partie des tournées montées avec l’énergie du dénuement par Kind of Belou.

Ce soir-là, le tranquille estaminet treignacois a vécu d’assauts et de générosité. Macdara Smith a fait offrande d’un court texte in french écrit dans les interstices temporels de la tournée et célébrant les charmes, absolument tous les charmes, du crû. Puis, le rappeur et trompettiste irlandais a dévoilé un slibard très roots (aucune cohérence dans le port des sous-vêtements… N’en sommes-nous pas tous un peu à ce stade ?), ce qui a fait fleurir séance tenante les téléphones mobiles en mode caméra au bout des bras.

Marqué par un pic des activités de belote nocturne, le séjour de Zarboth en Limousin a marqué durablement celles et ceux qui ont croisé sa route. 

Photos : B. Zon 

Prochains concerts :
1 juillet : Zarboth
Melrand(56), Festival La Ferme à Melrand,
2 juillet : Zarboth
Larré(56), Chez Lulu, 

22.6.16

NE LAISSE PAS ALLER, C'EST UN VALLS :
LA DRÔLE DE DANSE DE SAINT GUY

Après la manifestation interdite, la manifestation riquiquisée en forme de piège. Soyons vigilants, créatifs et solidaires de TOUTES et TOUS les manifestants. Demain 23 juin, 14h, place de la Bastille.