Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

18.2.20

MARIANA OTERO
"HISTOIRE D'UN REGARD"

Le film de Mariana Otero Histoire d'un regard est encore à l'affiche dans pas mal de salles. Ce regard c'est celui du photographe Gilles Caron pour trois intenses années (Vietnam, Guerre des six jours, Mai 68, Biafra, Prague, Irlande du Nord, Tchad, Cambodge, soit une part hautement constitutive de l'histoire "moderne"), c'est aussi celui de la cinéaste, remarquable de distance juste, et c'est encore le nôtre et les interrogations qu'il suscite (depuis l'enfance même). Un très grand film, bouleversant, où chaque angle de vue, mais aussi d'écoute, est une question vitale.

16.2.20

GRAEME ALLWRIGHT

Graeme Allwright a joué à Bobino le 30 novembre 1980 pour la soirée d'hommage à Beb Guérin disparu deux semaines plus tôt. Beb jouait sur Jeanne d'Arc de Graeme Allwright, enregistré en 1972 et le dernier morceau de cet album s'intitule "Le Monde se prépare à un grand changement". Le chanteur néo-zélandais (fameux pour avoir adapté en Français tant de folk singers américains) vient de partir avant de voir le résultat. On le comprend.

13.2.20

LONGUEURS D'AVANCE

Charles Reeve a récemment, lors d'un débat public, cité "ces anarchistes qui avaient une longueur d'avance : Emma Goldmann, Elisée Reclus...". Lorsque, au détour d'un affuté programme de "spectacles" concocté par Jigfree Jigfree, on lit : "Là où le sol s'est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s'éteignent, les esprits s'appauvrissent, la routine et la servilité s'emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort", citation empruntée à Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes, ouvrage de Reclus écrit en 1866, et qu'on regarde (ressent) le monde 154 ans plus tard, on se dit qu'on a un sérieux besoin de "longueurs d'avance".

11.2.20

CLAIRE BRETÉCHER

Le parcours (journaux de) Tintin puis Spirou puis Pilote (ajoutons un aîné qui avait été abonné à Record auparavant) avec un détour par Le fameux Trombone Illustré d'Yvan Delporte, a été, pour une certaine génération, parfaitement marqué par la participation très affirmée de la dessinatrice Claire Bretécher à ces hebdomadaires (sans omettre ses diverses et savoureuses participations au Tac au Tac avec Gotlib, Giraud, Fred, Franquin...). "Hector", "Des navets dans le cosmos", "Les Gnangnan", "Les Naufragés" (scénario Cauvin à son meilleur), "Robin les foies", "Baratine et Molgaga", "Cellulite"... autant de noms qui ont solidement (dé)formé notre irrévérence. Et bien sûr la suite adulte avec, entre autres, le très sauvage, hilarant et prophétique "Bolot Occidental".

8.2.20

ENFANTS, HÉROS DE CONDUITE

Images d'enfants allant passer leur bac entourés de cordons de CRS, enfants frappés par ces mêmes policiers lorsqu'ils exercent leur esprit critique, enfants durement sanctionnés, humiliés, par l'institution pour les mêmes raisons.

La levée des enfants est d'une grande beauté, sa répression féroce est une horreur.
Être muets, laisser faire = devenir complices.


Photo © L'Humanité



6.2.20

SPARTACUS

Spartacus mena en 73 avant JC, contre l'État Romain, une révolte massive d'esclaves inspirés. Ce n'était pas la première révolte servile à Rome, il y en eu d'autres de moindre ampleur plus de 4 siècles auparavant. Les noms de Salvius Tryphon, Eunus, Athénion n'ont pas été retenus, mais celui de Spartacus est devenu synonyme d'une permanente aspiration. Les ouvrages d'Arthur Koestler et Howard Fast, le mouvement fondé par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, ont beaucoup œuvré pour cette pérennité, mais, plus encore peut-être, un film réalisé en 1960 par Stanley Kubrick et interprété et produit par Kirk Douglas (également producteur des Sentiers de la Gloire du même Kubrick à propos de la vaniteuse absurdité meurtrière de l'obsession militaire). Kirk Douglas a quitté l'arène à 103 ans. Que viva Spartacus !

4.2.20

L'ESSENTIEL AVEC PHILIPPE QUICHON

Philippe Quichon est un des grands philosophes de notre époque, il mêle ses réflexions, constats et désirs à une mise en pratique immédiate. Philippe Quichon appartient à la famille Quichon dont les péripéties nous sont contées et dessinées par Anaïs Vaugelade. Un livre essentiel.

• Anaïs Vaugelade : Philippe Quichon veut voler (L'école des loisirs)
- conseillé par Julia à la Librairie Texture (94 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris) où l'on sait que les lettres l i r e sont dans liberté.


22.1.20

TAXES ET SUSPENSION

Gageons que la "suspension" des taxes pour les GAFA n'aura pas le même sens que la "suspension" de l'âge (de Bernard) pivot. La vie est si simple quand on est milliardaire !

17.1.20

MUR MUR

Hier dans l'autobus, une femme et deux hommes discutaient de la situation actuelle : "Nous sommes face à un mur" et l'autre de préciser l'air inquiet "Oui mais un mur qui avance".
Aujourd'hui 16 janvier, marchons qu'un "sans les murs" abreuve nos sillons.

14.1.20

LA DÉMO LUXE DES MOTS DES MOLLUSQUES

Un peu de zoologie : il existe plusieurs mollusques gastéropodes de la famille des buccinidés comme le bulot, le lambi, l’ormeau, le bigorneau ou le macron. Ce dernier a un sous genre : le macron livide (macron lividus).

12.1.20

INDIFFÉRENCE

Le chanteur Gilbert Bécaud avait à son répertoire une chanson nommée "Indifférence" dans laquelle il chantait “L'indifférence, elle te tue à petits coups.” Cette "paralysie de l'âme" (Tchekhov) finira par tous nous faire disparaître si nous ne prenons pas garde (et la situation présente est "idéale" pour se ressaisir) comme elle fait disparaître nombre d'espèces animales (ici le Galemys pyrenaicus).

11.1.20

PLAYLIST

Puisque la mode est aux playlists, voici celle du jour : des classiques hélas toujours de forte actualité :
• "Hécatombe" par Georges Brassens (1954)
• "Fuck tha police" par N.W.A. (1988)
• "Police" par Suprême NTM (1993)
• "Sacrifice de poulets" par Ministère Amer (1995)
• "L'état assassine" par Assassin (1995)
• "Fuck police brutality" par Anti-Flag (1996)
• "Pork and beef" par The Coup (2001)
• "La Meilleure des polices" par La Rumeur (2007)

10.1.20

QUESTION DE (H)AUTEUR

Hier dans les "beaux quartiers" parisiens, de sa fenêtre, de son balcon, la bourgeoisie photographiait d'en haut le petit peuple en colère. La même hauteur bourgeoise qui fut celle d'Émile Zola lorsqu'il écrivit, en 1871, ses textes orduriers contre les communards de la Commune de Paris publiés dans son ouvrage "La république en marche".
Au sol, contre le peuple, la violence de drôles de clowns de Paris... pas drôles.

Photo : B. Zon

4.1.20

LÉGION D'HORREUR

À propos de Jean-François Cirelli (nous avons une toute autre idée du black rock), souvenir d'un aphorisme congruent de Jean Yanne : « La Légion d'honneur, c'est comme les hémorroïdes, aujourd'hui n'importe quel trou du cul peut l'avoir »