Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

12.6.10

TOUT CE QUE VOUS AVEZ TOUJOURS VOULU SAVOIR SUR LES LAPINS DE LA PLEINE LUNE SANS AVOIR JAMAIS OSÉ LE DEMANDER



Alors qu'au nord-est, de l'autre côté des lacs, à Toronto (Canada), Jean-Jacques Birgé et Antoine Schmitt présentent leurs 100 lapins importés de France au festival Luminato, ce 11 juin, les Fantastic Friday Music Series du Black Dog de St Paul (Minnesota) sont l'occasion de rencontrer le Full Moon Rabbit Orchestra de Todd Harper dans une soirée intitulée Rootabaga Stories d'après les nouvelles pour enfants du poète, chroniqueur et historien Carl Sandburg. Les anches de Nathan Hanson (de Fantastic Merlins et curateur de ces vendredis d'où d'où dis donc) et Donald Washington (vétéran de la scène bop de Detroit qui fut le professeur de James Carter), le trombone (parfois l'euphonium) de Steve Sandberg (entendu avec les Brass Messengers) et les percussions de Will Kemperman (membre du Rochester Symphony Orchestra) complètent, sur cette lande panachée au milieu des toiles de Jorge Luis Silva Santana, les lucides élucubrations (voilà qui est sain même quand Jojo se casse le doigt le pied en chemin vers Mexico et puis le dos au retour sur les rails du chemin de fer) de Todd Harper (piano, baguette, chant, percussions, euphonium, flûte médiévale). La mémoire n'est pas affaire de souvenirs, mais bien de transport. Les lapins de la pleine lune se posent là. En fête !


Les lapins de la pleine lune sont des enfants, c'est la vérité !
(La preuve par le coup)


Les lapins de la pleine lune ne manquent pas de becs

Sur la route à baguer,
les lapins de la pleine lune sont moins éconognomes que les écureuils
mais plus générheureux.


Du champ, les lapins de la pleine lune font chauffer Marcel

5.6.10

JEUX D'EQUILIBRES



Qu'est-ce qu'un équilibriste ? Quelqu'un qui cherche l'équilibre ou bien quelqu'un qui joue avec l'équilibre ? Qu'est-ce que l'équilibre, une ligne qui traverse toutes les choses et les êtres pour indiquer leur point de justesse (de justice) ou bien la projection d'une surface de bonne entente ? la musique du trio Nathan Hanson (saxophones), Brian Roessler (contrebasse) et Rahjta Ren (piano) déambule dans l'espace même de ces questions, questions vives entendues si fort lors de grands moments intérieurs de l'histoire du jazz. Les trios Jimmy Giuffre - Paul Bley - Steve Swallow, Jimmy Giuffre - Paul Bley - Barre Phillips, Jimmy Giuffre - Paul Bley - Bill Connors, les duos Paul Bley - Gary Peacock, Gato Barbieri - Dollar Brand sont autant d'exemples flagrants de ces sentiments. La musique des trois hommes des Twin Cities joue entre une sorte de fureur du silence et l'assemblage d'autant de phrases en une demeure véritable. La pesanteur arbitre les passes et jets de ces bâtisseurs à la tendresse éprouvée. Et puis tout disparaît et tout apparaît parfois dans le même temps. La fragilité trouve, à force de péripéties bien vécues, des épaules pour soutenir une parole d'espoir, pour la plaider aussi. Nathan Hanson, Brian Roessler et Rahjta Ren donnent une belle définition de l'équilibrisme : le rêve immédiat.




Images prises lors du concert de Nathan Hanson, Brian Roessler et Rahjta Ren au Black Dog le 4 juin 2010 : B. Zon


0 CÃO PRETO



Les tee-shirts des batteurs de la Batucada do Norte (parmi lesquels on reconnait les frères O'Keefe, Pat le clarinettiste de l'ensemble Zeitgeist et Tim le percussionniste familier des habitués de la Mayday parade, aussi entendu comme invité de Fantastic Merlins lors des fameux Fantastic friday music series) affichent une carte verte (green card) du Minnesota avec le globe brésilien. La véritable géographie a les frontières non étanches de l'étrange pas étranger pour un sou et se joue des dessins des hommes sang-d'où-ich. Les tambours fertiles rejoignent le crépitement de la pluie pendant que les amis du chien noir se régalent avec l'agua da piña offerte par la maison. Plongée sans âge et pleine de corps, la danse ne s'adresse pas aux prudents, mais aux vivants. Un enfant s'agite dans le temps, du côté de la vie, forcément !


Mayday Parade en mai

Images : B. Zon


23.5.10

POUR UNE VIE SAINE


Photo : B. Zon

LE TEMPS ATTIRE D'AILES




«Des ailes d'évasion, des présages d'oiseaux en plein vol effleurant nos yeux en contemplation de leur fuite, de leur exode, comme des langues de feu dans l'infini anxieux.» Wilfredo Lam

Images B. Zon


9.5.10

LA CAGE AUX PHONES



Hélène C. nous signale avec justesse que l'écho du métro d'avant-hier est en fait non pas un dialogue original (avec son lot d'inquiétude), mais la mise en scène d'un texte publié sur une affiche publicitaire diffusée dans le métropolitain parisien pour vendre plus d'écrans (autre lot d'inquiétude). Le texte sort du contexte et l'écran, nouvel occupant, est partout. La pub fournit le texte des conversations jusqu'à s'y faire berner : ne plus rien écouter des gens, se replier sur ses Ipod, Ipad, Ipub ; perdre contact et puis se faire jeter bien naturellement. Le poison spectaculaire est permanent. Les perroquets ont pourtant de belles plumes.

Photo : B. Zon

7.5.10

TÉLÉ RÉALITÉ



Entendu dans le métro parisien aujourd'hui 7 mai : "Quand ma copine m'a quitté, je n'espérais qu'une chose, c'est qu'elle prenne la télé."


Photo : B. Zon


4.5.10

HISTOIRE (VRAIE) TIMBRÉE



Lundi 3 mai, Paris... un bureau de Poste

L'homme pénètre dans cet ex comptoir des PTT avec une carte postale à la main et fait la queue au guichet concerné. L'attente est longue car la personne le précédent est dans une transaction complexe de changement d'adresses multiples.
Elle s'adresse à lui :

- "Je vous préviens, j'en ai pour un bout de temps, qu'est-ce que vous voulez ?"
- "Un timbre."
- "Allez plutôt aux machines à affranchir."
- "Non, je souhaite acheter un timbre".
- "Ben alors, allez à la machine à affranchir."
- "Non, je veux un timbre, vous savez, ces petits morceaux de papier de forme rectangulaire avec des petites dents que l'on colle avec la langue."
- "Je sais ce qu'est un timbre, merci. Pourquoi n'allez vous pas à la machine à affranchir ?"
- "Parce que je veux un timbre."
Le préposé intervient :
- "Vous voulez combien de timbres ?"
- "Un."
La cliente se rebiffe :
- "Non ! J'étais là avant, il attendra"
Le préposé (à l'homme) : "Vous pouvez aller à l'autre guichet"
- "Mais il n'y a personne !"
- "Quelqu'un va venir."

L'homme va donc au guichet indiqué, attend quelques temps puis une jeune employée des Postes arrive.

- "Qu'est ce que ce sera ?"
- "Un timbre pour cette carte postale."
- "Vous pouvez aller à la machine à affranchir."
- "Non je souhaite un timbre."
- "Il faut que j'aille en chercher."

La jeune fille s'absente puis revient en montrant des timbres ordinaires.

- "Mais je souhaite un beau timbre, un timbre de collection !" s'insurge l'homme
- "Ha ! pour les timbres de collection, il faut aller dans des agences spécialisées. Pourquoi donc voulez-vous un timbre ?"
- "Mais enfin, il faut se justifier maintenant. Je veux un timbre pour mon fils voilà ! On n'est pas dans un bureau de poste ici ? Il y a toutes sortes de saloperies à vendre, mais pas de timbre ? Je sais que vous n'êtes pour rien dans le fait qu'un bureau poste ressemble désormais à une supérette de l'inutile, mais je veux un timbre."

Devant l'homme semblant perdre patience, la jeune préposée lui montre un timbre à l'effigie d'Astérix le Gaulois.

- "Voilà tout ce qu'on a , mais ça ne correspond pas au prix nécessaire."
- "On fera avec si c'est tout ce qu'il y a. Ne peut-on pas rajouter l'appoint avec un autre timbre ? "
- "Il en faudra trois"
- "Ce n'est pas possible d'en mettre trois ?"
- "Oui c'est possible si c'est ce que vous voulez !"
- "Ah la bonne heure !"

Une heure après être entré dans l'agence de ce qui fut un service public, l'homme sortait enfin, épuisé, mais heureux d'avoir pu déposer sa carte postale dans la boîte prévue à cet effet (désormais à l'extérieur de l'établissement) et d'avoir mené à bien cette mission surnaturelle : "acheter un timbre dans un bureau de poste !"


2.5.10

MAI OUI



Beaucoup de gens très sympathiques, de vrais enfants, et de mots forts en ce premier mai parisien, beaucoup (trop) d'absents aussi. "La rue est le cordon ombilical qui relie l'individu à la société". (Victor Hugo)










































































































































































































































Photos : B. Zon


1.5.10

AUGUST SPIES


"Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui"

August Spies : dernières paroles
(Stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago)