Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

22.11.07

FRANCOIS CORNELOUP NEXT
À ARGENTEUIL


par Olivier Gasnier


Cave Dimière le 16 novembre 2007

Saluant un certain « marcheur français de Wounded Knee » en conclusion du programme distillé le 16 novembre dernier en la Cave Dimière du côté d’Argenteuil, François Corneloup, saxophones en bandoulière à tour de rôle, a pu donner pleine mesure de son sens de la danse et de la marche solidaire à la tête de son nouveau et cosmopolite orchestre. Manifestement, il est bon de se promener sur les bords du Mississippi et alentours, quand la Seine vient dérouter sa course au milieu des villes jumelles du Minnesota initiant ainsi d’inédites rencontres musicales entre Europe, Amérique et Afrique. Par chance pour nous, Corneloup a l’envie de la découverte et l’âme d’un voyageur - qui ne serait pas solitaire, possédant un vrai sens de la camaraderie – et a donc suivi ces inhabituels méandres fluviaux outre-atlantique, lui permettant de réunir là-bas une petite bande de musiciens-compagnons dont il pressentait la possibilité de faire un bout de chemin avec. En témoigne ici la présence de Dominique Pifarély, fidèle complicité et camaraderie donc, mais sans doute aussi présence (r)assurante, aux côtés de JT Bates, connu comme batteur illimité dans la natosphère, et du guitariste Dean Magraw, tous deux originaires de Minneapolis, soutenus par Chico Huff, discret bassiste philadelphien à l’expérience redoutable dont Jef Lee Johnson peut difficilement se passer. Et c’est un peu comme une parfaite alchimie qui opère entre ces cinq là, où les qualités des mélodies caractéristiques du saxophoniste peuvent s’appuyer sur une rythmique – basse/batterie/guitare – à la cohésion déjà bien assurée et au groove, c’est-à-dire sens de la danse, irrésistible (vertus hexagonales peu courantes) et sur l’intense exigence musicale personnelle de Pifarély, engagement exemplaire pour le groupe, qui en fait, est-il besoin de rappeler, un violoniste décidemment hors pair sur la scène jazz internationale.
Du coup, Corneloup, mettant à profit son expérience au sein du diabolique quartet Ursus Minor, parvient à combiner des dessins rythmiques qui plongeraient leurs racines dans la « Great Black Music » et son énergie fédératrice, pour mieux laisser place à la circulation aérée des idées de ses compagnons de route, qui ne s’en privent guère mais qui tiennent tout autant à maintenir le niveau d’échanges collectifs permanent. En découle une sensation festive aux effluves qui pourraient évoquer, hasard du calendrier des rééditions, les sessions milesdavisiennes d’«On the Corner» mais aux couleurs autrement métissées encore.

1 commentaire:

Bernie a dit…

Ouf ! des bonnes nouvelles musicales. Et Ursus Minor quand est-ce qu'on les revoir ?