Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

10.11.08

MIRIAM MAKEBA




Dans les années 60, les artistes yéyés français reprenaient les chansons anglo-saxonnes en les adaptant souvent phonétiquement, le sens linguistique ne primait pas. La tradition continua. "Pata-Pata" écrite par Miriam Makeba en 1956, décrivant une danse de Johannesburg qu'elle quittera en 1959 après son apparition dans un film anti apartheid (Come Back Africa de Lionel Rogosin) devint "Tape-tape" dans la bouche de Sylvie Vartan (une histoire de doigts énervés) en 1980. Pour Miriam Makeba, la langue primait. La chanteuse sud-africaine a agi (musiques, textes et gestes) contre le racisme toute sa vie. Être l'épouse de Stokley Carmichael (membre important du Black Panther Party que l'on aperçoit dans One + One de Jean-Luc Godard), l'obligera à quitter les USA pour la Guinée. En 1990 devenue française, Nelson Mendela lui demandera de rentrer en Afrique du Sud. Hier soir, elle chantait à Naples pour un concert de soutien à l'auteur de Gomorra Roberto Saviano. Prise d'un malaise à l'issue du concert, elle ne pourra offrir de rappel, la mort l'emportant. Jusqu'au dernier moment, le possible de l'espérance, la langue, a primé... pour le plus longtemps possible.

1 commentaire:

Jean-Jacques Birgé a dit…

Dans l'excellent coffret Discorama (3dvd, INA) permettant de retrouver une des meilleures émissions de la télévision des années 60, figure Miriam Makeba ! Formidable !
Demain sur mon blog ;-)