Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne
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5.8.22

CONTE D'ÉTÉ


Le soleil tape sans faire de claquettes. En un cri superflu, une femme râle, gênée par un reflet pour lire l'écran de son téléphone (oui, croyez-le ou non, au XXIe siècle les téléphones ont des écrans). Il lui suffirait d'aller à l'ombre. Mais il n'y a plus d'ombre. Ou n'y a t-il pas d'application pour ce type de situation ? Ce qui, de nos jours, revient au même. Un peu plus bas dans la rue cuisante, des jeunes cyclistes employés par une de ces start-up (« Notre pays est celui qui produit le plus de start-up et elles croissent »*). Avec peine, ils pédalent avec acharnement ; il fait si chaud qu'il faut bien que quelqu'un sue pour apporter des bouteilles d'eau à de petits bourgeois dépourvus de la force d'aller à l'épicerie. La vie en un clic. 

En juillet, le seul jour où la pluie tente une pénible sortie avant que les nuages ne désespèrent, à la boulangerie en attendant son tour de baguette, la femme au téléphone geint  : "Quel temps pourri !" et l'homme juste devant elle dans son petit costard d'habitué de Roland Garros (il en a fait mention juste avant) d'acquiescer. Pour juillet, on enregistre un déficit de précipitations de 88 % **. Petit jeu des pourcentages : le corps humain est composé de 65 % d'eau. Tranquille, tranquille, on n'est pas dans la précipitation. Une goutte d'eau et le temps est pourri. Ce qui nous compose. Tant que le doigt glisse sur l'écran...

"Pourriture", depuis sa racine latine pas encore putréfiée, a deux significations : décomposition ou corruption. L'idée que le temps soit pourri vaut son lot de prétention faisandée. Aucun autre animal que le Bourgeois Humanum ne peut à ce point se prendre pour dieu. Dieu soit loué et par conséquent, tout est à louer : sa chambre d'ami, sa voiture, ses costumes, ses caresses et même sa piscine (18€ de l'heure nous apprend-on à la radio nationale toujours fière de nous donner des nouvelles des start-up). Les partis politiques ont même inventé une tarification pour leurs élections primaires. "Je paie donc je donne mon avis". Riche idée, comme au restaurant. Tiens, il n'y a pas encore d'application pour louer les enfants ! (À l'énoncé, une start-up se prépare). En un clic, je paie, je vote, je rote, je pète. En un crac, la forêt flambe. Contre la colère des populations parfois encline à croître plus que les start-up : blindés, grenades et autres armes de (selon la formule officielle) "gestion démocratique des foules" ; pour aider les arbres : si peu. Des appareils en panne, faute de maintien.

Pourtant les arbres se sont saignés aux quatre sèves pour nous donner de quoi être prévenus des risques d'incendies, nous donner à lire Elisée Reclus, Voltairine de Cleyre, Marguerite Duras, André Franquin ou David Graeber, entre dix mille autres. Pour savoir. Mais en un clic, le savoir part en fumée. 

Aux dernières nouvelles, un belouga nage dans la Seine à Vernon pendant qu'un kangourou s'est fait la malle en Mayenne. Pour fuir l'incendie, les écrans lumineux, trouver un peu d'ombre ? 

 

Photographie : Un kangourou s'éloigne d'une maison en feu près du Lac Conjola, en Australie. (MATTHEW ABBO/T/NYT-REDUX-REA)


* Emmanuel Macron, candidat au Casino Électoral, 20 avril 2022, débat télévisé avec sa consœur Marine Le Pen.

** Source Météo France.

27.5.22

AVOIR AFFICHE

 Préambule : il ne s'agit pas par la présente de discuter tel ou tel aspect de tel ou tel programme électoral (il y a bien assez de spécialistes pour ça), les lieux et temps de la politique seront ailleurs et pour plus tard. Cette affiche vient d'être collée à proximité, ça aurait pu en être une autre avec une autre tête. Il ne s'agit même pas d'ouvrir un débat, mais seulement de regarder, et peut-être par le simple regard, avoir un peu de réflexion sur les équivalences graphiques et celles de la vie.

22.7.20

LANGUE ET COLOS


On se demande quel est le bilan papier carbone de ces nouveaux "élus" écologistes, lorsqu'à leur écoute sur les ondes, leur langue semble tout aussi polluée des mots vides de la novlangue en cours, novlangue répondant sans doute "aux dispositifs moteurs des aspirations citoyennes dans les territoires."









(Dessin Honoré Daumier)



15.3.20

LE MIRBEAU DU 15 MARS

En ce jour de "tout le monde à la maison", l'excellent texte écrit par Octave Mirbeau en 1888, jamais daté et aujourd'hui, éclatant d'actualité.




11.3.20

JOE'S GARAGE

Téléachat ? Jeux vides sans haut ? Le "succès" fabriqué de Joe Biden est un autre indicateur de cette scène de chasse où les crapules imbéciles pensent encore avoir le champ libre face à la souffrance, le mal être et la recherche véritable du bonheur.

Photographie : Brendan McDermid. Reuters

27.5.19

GENTIL COCO ?

Si l'on se réfère à ce qu'on entend depuis hier soir sur les ondes, les élections ont avec les perroquets ce point commun qu'on peut leur faire dire ce qu'on veut. Mais les plumes sont nettement moins belles.

1.3.19

ELECTORAL CIRCUS

 Et bientôt dans votre ville : le retour du Grand Cirque Eléctoral avec ses clowns tristes, ses tricheurs du trappe-pèze, ses bonimenteurs harassants, ses plateaux télé en trompe l'œil, ses prestidigitateurs aux urnes à doubles fonds, ses voyants troubles, ses dompteurs fourbes, ses slogans vaseux, ses éléphants (du PS) empaillés...

Photo : B. Zon

1.5.17

ARAM PÉCHINE

Ce matin de 1er mai sur France Inter à 8h55, le sketch honteux (aussi inspiré qu'un numéro raciste de Pierre Péchin) de Sophia Aram (qui s'empresse bien sûre de dire à la fin que ses enfants à elle ne parlent pas comme ça) ridiculisant la jeunesse qui cherche avec ses moyens parce qu'elle étouffe, qui réfléchit autrement que ses ainés, qui se révolte comme elle peut, qui n'accepte plus, qui pourrait aussi nous amener à repenser notre propre enlisement, en dit long sur les raisons même de l'état de délabrement où nous sommes arrivés et de ses responsables.

Image : Semeur à la volée par Vincent Van Gogh, peintre de conviction

30.4.17

EN PASSANT

Il est sans doute inutile d'ajouter de commentaires à la très orchestrée, auto-orchestrable, frénésie pré-deuxième tour électoral, tant celle-ci ressemble à tout sauf à un débat ou à une réflexion constructive sur le monde que certains des plus jeunes d'entre nous rêvent vraiment hors des sinistres déjà-vu. Avant de s'interroger sur qui sera encore vraiment là le 8 mai pour faire face à la suite, on notera simplement les intolérables commentaires ultra sexistes (sur l'âge, le physique, le vocabulaire "cougar" "poufiasse"...) à l'encontre de Brigitte Macron ou Marine Le Pen (comme ce fut le cas pour Ségolène Royal aussi - il y a suffisamment de choses à dire sur les deux systèmes incarnés par les candidats finalistes sans aller sur ce terrain nauséeux) ou les indignes insultes déversées continuellement envers les abstentionnistes dont bon nombre n'ont certainement pas à recevoir de leçon sur l'action réelle à mener contre le fascisme et l'ultra capitalisme pour s'y opposer d'esprit et de corps tous les jours et non tous les cinq ans.

27.4.17

NAGUI RÉGULATEUR DÉMOCRATE
Sans rigoler

Ainsi l'animateur radio-télé Nagui, celui qui estimait en juin 2016 que travailler dans la radio publique c'était « du bénévolat – on ne peut pas parler de salaire, c’est du défraiement », a censuré un des humoristes de son émission quotidienne, Pierre-Emmanuel Barré, au motif qu'il faisait dans un sketch l'apologie de l'abstention se concluant par « Je sais pas qui va gagner le 7 mai, mais je peux vous dire qu'il y aura 65 millions de perdants ». L'animateur s'est défendu « Mais non, ce n’est pas de la censure, surtout par rapport à la vraie censure qui risque d’arriver si Le Pen passe. Je suis sidéré qu’on banalise le fait que le FN soit au premier tour, qu’il n’y ait pas eu de manif ». Nagui, animateur habitué des manifs antifascistes donc (on cherche les traces pénélopiennes de sa présence à Bastille dimanche soir après l'annonce des résultats du premier tour). C'est tout simple et déjà éprouvé : pour éviter la censure : une autre censure. L'abstention qui a largement dépassé en nombre tous les autres votes n'est certes pas une masse homogène, mais ni plus ni moins que les autres groupes. Ses représentants n'ont pas de droit de cité. Marion Maréchal Le Pen, qui s'y connaît en extrême droite, disait récemment : « L'abstention ne bénéficie pas au Front national ». Pas très sensé ces histoires de censure !

26.4.17

ATTALI ES-TU LÀ ?
(Sans surprise)

Le pire livre jamais publié sur la musique s'appelle Bruits paru en 1977 et est signé Jacques Attali, conseiller des présidents François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, François Hollande et du demi président Emmanuel Macron. Il fut le promoteur de la rigueur économique en 1983 (il présenta Hollande à Mitterrand), le chantre de la croissance libérée (époque Sarkozy), l'inspirateur des lois Macron passées au 49.3 (période hollandaise, rodage sous Sarkozy).
Dimanche soir, celui qui se vante aussi d'avoir été l'excitateur du MP3, dînait au chic restaurant parisien la Rotonde avec son copain le demi président Macron, alors que les fascistes affichaient un soutien de 7 658 990 personnes. Dîner bourgeois sur fond de chemises brunes : la pire musique !


Illustration : Ouin (Les Allumés du Jazz n°11- premier trimestre 2007)

24.4.17

PROBLÈMES DE CALCUL

Au moment de toutes sortes de calculs en tous sens des uns et des autres, calculs-amers, calculs-regrets, calculs-vengeurs, mieux que les pourcentages : le simple nombre des personnes, la relativité des chiffres.

(Et les enfants ne comptent pas pour rien)


LA CHIENLIT

Le Général De Gaulle ? Bien des candidats se sont d'une façon ou d'une autre réclamés de lui en le citant en exemple : Macron, Fillon, Mélenchon, Hamon, Le Pen, Dupont-Aignan ... La chienlit c'est le dénominateur commun !

23.4.17

PLACE VICTOR HUGO

Puisque Victor Hugo fut allègrement cité par les candidats à l'élection présidentielle, on le citera encore, quitte à se répéter, avec le très classique "Police partout, justice nulle part", hélas indépassé, ce soir encore tellement actuel à Paris (et sans doute ailleurs) ci-et-là à Bastille, Place de la République, La Chapelle, Place Stalingrad, là où les voix de la vie réelle et leur indispensable poésie - véritable sens pratique - ne sauraient laisser quelconque place à l'illusion catastrophique, aujourd'hui comme hier. Aujourd'hui comme demain.

DR HOLLANDENSTEIN

La créature Emmanuel Macron inventée par le Dr Hollandenstein a déclaré ce matin au Touquet : "Ce qui est important c'est de voter pour Kiksesoâ". La créature ne s'est pas trompée, à 20h Kiksesoâ est sélectionné pour la deuxième mi-temps d'un électoral-circus où Kiksesoâ se maintient en piste depuis des décennies (en piste sans t et avec deux s).

9.4.17

AU DRAP POT

L'overdose tricolore. Le fourbi où se retrouvent Hugues Capet, Jean le Bon, Saint Michel, Étienne Marcel, La Fête de la Fédération, celle de L'Être suprème, Le baron Jacques-Francois de Menou, Mirabeau, La Convention, Louis-Philippe, Adolphe Thiers etc. etc. jusqu'aux candidats à l'élection présidentielle 2017 (en tous cas tous ceux que les médias appellent d'un vocabulaire généralement accepté de tous : les gros candidats - tout un symbole), a sérieusement quitté la désuétude qui lui sied si bien pour devenir l'étendard partagé d'un patriotisme synallagmatique en une flagmania unificatrice d'image (pour qui n'aurait pas le son).

Dessin Tardi © Adèle Blanc-Sec

18.2.17

RIMONS

En 1973, Jean-Paul Sartre écrivait dans la revue Les temps modernes un article intitulé "Élections piège à cons". La rime était parfaite. Cette année les prétendants au poste d'homme providentiel ont aussi choisi la rime en "on" -"yonmonronchon" - (la prétendante - pour qui ils travaillent tous - a elle choisi d'emblée la rime en "haine").
Peignons mon ronchon. Il se pourrait bien, pour sortir d'un cirque aux calculs chaque jour plus misérables et retrouver une liberté de pensée, de mouvement, d'organisation, face à un système qu'aucun pansement ne pourra rendre vivable, que la meilleure rime soit - pour commencer - "abstention".

12.6.16

L'URNE CHANTE

Les élections de 2017 sont avancées et les urnes du trio Hollande-Valls-Cazeneuve sont pleines


Photo : B. Zon

14.12.15

L'ANNÉE DU PHOQUE



Bonne année à toutes et tous !

Et oui aujourd'hui débute l'année du phoque qui s'achèvera le 7 mai 2017 ! Une tradition relativement récente fixe le jour de l'an du phoque le lendemain de la fin du jeu électoral (aussi appelé "Référendum pour ou contre le FN" anciennement connu sous le titre de "Élections régionales"). Après cette période ludique, la vie va donc reprendre son cours normal avec son chômage grandissant, sa pauvreté montante, son exclusion, ses lois Macrons (et autres ramassis antisociaux de l'ère sarkozyste que seule la gauche a le secret de faire passer sans heurts), ses appels d'offres du fascisme religieux, ses boucs émissaires immigrés, sa chasse aux Roms, ses jeunes à la dérive, ses banlieues abandonnées, ses coupes budgétaires pour la santé ou la culture, ses ventes d'armes juteuses aux gouvernements d'états qui oppriment, torturent et tuent, ses alliances et mésalliances selon le vent, ses multinationales sans obligations, ses courbettes, son écologie simulée, son état d'urgence, ses interdictions de manifester, sa loi sur le renseignement, son vide (avec tissu d'aménagement), sa purée médiatique, ses clins d'œils aux idées fascistes, ses valses sans temps, ses menaces de guerre civiles, ses larmes de crocodiles, son racisme ordinaire, ses drapeaux, ses drapés, ses dérapages (contrôlés), ses estrosimes, ses petits chantages, son cynisme, ses jingles, ses stars qui prennent toute la place, ses forces de sécurité qui prennent toute la place, son éducation qui en prend de moins en moins, ses guerres (sauf contre la pauvreté), ses grands travaux inutiles, ses facteurs de pollution et d'injustice sociale, ses dérèglements climatiques, ses PPP, ses confiscations de la pensée, ses anaphores, ses refus de comprendre, ses simplifications de l'histoire, ses bavures, ses "on a évité le pire !", sa surdité, son mépris, ses injustices, ses jeux du cirque...

Et puis le 23 avril 2017 un nouveau jeu, un même enjeu... 

PS (toujours en bas de page) : le FN a perdu, mais il part avec un lot de consolation, l'assurance que ses avilissantes idées infusent encore et encore, lui garantissant une pôle position dès le 23 avril 2017 pour une nouvelle partie qui aura lieu jusqu'au 7 mai. À moins d'un Autrement réveil nous sortant d'un sommeil usé par les règles d'un jeu au sens perdu. On peut (activement) rêver !



Photo : Andreas Trepte