Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

11.10.21

MÉTÉO

Ce matin, la classe des brouillards matinaux était fort dissipée.

 

 

 

21.9.21

À TROIS-PALIS, UNE FEMME S’EST LEVÉE


 

C’était presque une habitude d’une époque où l’expression, le chahut, le mot complémentaire ou contradictoire et l’abolition de la séparation de la scène marquaient les accents vers le relief, fut-il outré. Et puis tout le monde est revenu dans son rôle assigné : concerts sous contrôle, musiciens sous contrôle, public sous contrôle - sous autocontrôle même. L’idée du rêve dans les nuits de l’amour et les jours fraternels s’était faite beaucoup plus discrète, démissionnaire peut-être. Ne jamais dire jamais!

Le 19 septembre 2021, à Trois Palis (Charente), à l’issue de trois journées d’un festival de village exactement organisé (le village est une forme) par le musicien Bruno Tocanne et ses camarades, une femme s’est levée pour dire le bien que lui faisait la musique, que nous faisait la musique, pour dire notre besoin d’ouverture au rêve, celui d’une autre vie que celle des figures imposées où le besoin matériel monnayé serait la seule règle. Cette femme, debout, s’adressant à ce qu’il est convenu d’appeler «public» parce que les statisticiens du goût l'ont catégorisé comme tel (en réalité un groupe de personnes librement assemblés par un désir voisin), déclara qu’elle n’avait pas l’habitude de parler en public, mais on sentit de suite comme elle était pressée par la beauté reçue et partagée pendant ces trois jours, comme elle souhaitait les vivre au-delà, comme elle souhaitait vivre.

Les trois jours de Trois-Palis furent d’une pénétrante lucidité, d’une beauté de lumière sèche traversée par l’ondée, lumière de vérité, clair obscur où se découvrent les visages intactes de leur humaine révolte. Solos diurnes de Robin Fincker, Vincent Courtois et nocturne de Denis Badault taquinant l’histoire du jazz en acrostiche, duo de Marc Ducret et Samuel Blaser à cheval sur l’horizon, trio de Robin Ficker, Bernard Santacruz et Samuel Silvant porteurs toniques d’une forme très au jazz [1] chantant si fort les capacités d’anticipation de son habitat fondamental, et quartet nommé à point Entre les terres avec François Corneloup, Jacky Molard, Catherine Delaunay et Vincent Courtois, s’adossant sur le panorama pour en livrer tous les secrets. Musiques de grandes énergies, d’étreintes douces, de villages assumés et de violences fraternelles. Musiques si belles qu’une femme s’est levée. Quelle belle nouvelle. Ne restons plus couchés !

 Photo : Bernard Santacruz par B. Zon


[1] Depuis 1957, d’abord Sonny Rollins avec Ray Brown et Shelly Manne, Wilbur Ware et Elvin Jones, Henry Grimes et Specs Wright , Oscar Petitford et Max Roach, Henry Grimes et Kenny Clarke, Henry Grimes et Pete La Roca, Jymie Merritt et Max Roach,, Niels Henning Orsted Pedersen et Alan Dawson, Gilbert Rovère et Art Taylor, Jimmy Garrison et Elvin Jones... Puis parmi tant d’autres: • Albert Ayler - Gary Peacock - Sunny Murray • Ornette Coleman - David Izenson - Charles Moffett • Lee Konitz - Sonny Dallas - Elvin Jones • Sam Rivers - David Holland - Barry Altschul • John Surman - Barre Phillips - Stu Martin • Evan Parker - Barry Guy - Paul Lytton • François Jeanneau - Jean-François Jenny-Clark - Jacques Thollot • Paul Motian - Jean-François Jenny-Clark - Charles Brackeen • Marion Brown - Beb Guérin - Eddie Gaumont • Dewey Redman - Malachi Favors - Ed Blackwell • Steve Lacy - Jean-Jacques Avenel - John Betsch • Bernard Santacruz - Frank Lowe - Denis Charles • Daunik Lazro - Jean Bolcato - Christian Rollet • François Corneloup - Claude Tchamitchian - Eric Echampard • Fat Kid Wednesdays • Catherine Delaunay - Guillaume Séguron - Davu Seru …

20.9.21

BARNEY BUSH

 


Barney Bush 

27 août 1945 - 18 septembre 2021

 

A sense of journey

You're just in my heart

a lot    crossing these

many worlds     looking

from behind many eyes

Sometimes it is like

humidity of Ohio River

summers     that clings

to limestone bluffs

my skin

Sometimes i wish i had

never quit drinking

to use that excuse to 

steal you

away

A cloudless mind revives

exquisite futility

but too untempered to 

fulfill illusory dreams

palpating at the tips of

fingers

Blood imbrues bodies

dream their presence

outside the world

Endless days    i walk

the distances     sensing

your footsteps    your

eyes taking in the

journey     but old worlds

are hard to live in    and

even dreaming them is

too much     and

too often we lose lives

never knowing that we

had them

 

Une sensation de voyage

Tu es juste dans mon coeur 

profondément    traversant ces 

mondes multiples    observant

à travers de nombreux regards

Quelquefois on dirait

la fraîcheur humide de l'Ohio

l'été    qui s'accroche

au calcaire escarpé

ma peau

D'autres fois je souhaite n'avoir

jamais cessé de boire

pour me servir de cette excuse et

t'emporter

loin

Un esprit désembrumé renaît

aux délices de la futilité

mais il est encore trop diminué pour

pouvoir réaliser des rêves illusoires

d'un seul frôlement du bout des

doigts

Des corps ensanglantés

rêvent de se retrouver

hors du monde

Jours interminables     j'arpente

ces distances    éprouvant

les empreintes de tes pas    ton

regard invitant au

voyage     mais il est difficile de vivre dans

les mondes du passé    et 

même y rêver est 

trop    et

trop souvent nous gâchons des vies

sans avoir jamais su que nous 

en disposions

Extrait de Tony Hymas-Barney Bush, Left for Dead (1994)



12.9.21

STREAMING,
LE GRAND CHAMBARDEMENT

 

Samedi 11 septembre 2021, présenté conjointement par Les Allumés du Jazz et Anis Gras, à Arcueil, le débat proposé par Yoram Rosilio Streaming, le grand chambardement, fut - on ne peut plus - riche d'enseignements parfaitement renseignés grâce aux interventions de Marianne Lumeau (économiste) et Romuald Jamet (sociologue). Réalité implacable contre laquelle la politique de l'autruche (même virtuelle) ne pourra rien : l'industrie musicale devient industrie des données où la musique n'est plus qu' "accessoire d'incidence". Après ce consistant débat que l'on espère constitutif, Nicolas Souchal, Karsten Hochapfel, Yoram Rosilio et Geoffroy Gesser, jouèrent une impression d'un demain apodictique demeurant nôtre. Hors des manipulations algorithmiques, la force de jouer est bien celle de la vie. Que les Allumés s'allument !

8.9.21

À DOUBLE TOUR

 

Passer de Pierrot le Fou au Guignolo, c'est tout de même assez vertigineux. 
Ça demande probablement une atypique forme de talent.

7.9.21

CONTRE LA VIE

Des rappeurs et rappeuses poursuivis par le ministre de la sûreté pour leurs mots dans un disque, des gens, qui veulent danser librement, assaillis par le GIGN et maintenant des jardins défoncés, rasés par la police (Aubervilliers le 2 septembre). Le message des destructeurs : "la vie n'a qu'à bien se tenir".

30.8.21

AU SUD DU NORD À CERNY

 

Dimanche matin à Cerny en Essonne Isabelle Atapie chante en solo (mais pas seule) dans la chapelle d'Orgemont. Timbre, architecture et questions d'instance. Un petit chien s'invite, c'est du regard qu'il interpelle l'auditoire et c'est du regard qu'il joue en duo avec la chanteuse. Elle invite les gens à la suivre et rejoindre l'orchestre qui l'attend (Damien Argentieri, Philippe Laccarrière, Benoît Raffin) pour sa définition de standards à venir. Un autre chien s'invite (celui-là chante - belle voix, il a l'air au courant, la chanteuse lui répond), une enfant danse, l'électricité fait des siennes, la musique reste là avec ses tournoiements, ses interrogations et ses forces de tous les possibles. La situation prévaut, moment réellement constituant. Philippe Laccarrière et ses amis d'Au Sud du Nord (dénomination impeccable en ces temps où les boussoles font défaut) ont offert (pour la 25e fois ce week-end des 27, 28 et 29 août) un festival aux ouvertures douces, une certaine idée de la conciliation prompte aux surgissements inattendus (Entre les terres, Valentine trio, Temps Réel, Phat Organ trio, Kevin Reveyrand Quartet, Evry Bamako Project, Gingko Biloka, Abula invite Didier Malherbe, Le bruit des glaces). Les dispositions amicales permettent l’alternance des questions et des réponses. Ce fut également le cas dans l'après midi du samedi avec le débat des Allumés du Jazz (à ce moment-là préférables sans aucun doute aux exhibitionnistes chevaliers du ciel, héritiers de Tanguy et Laverdure dans un barouf d'enfer) où, "à deux pas du soleil", l'on discutait, démêlait, chicanait, éclairait, fouillait la question des formes "naturelles" de la musique (avec Pierre Tenne, Bernard Lortat-Jacob‌, Jean Rochard, Michele Gurrieri, Nicolas Souchal, Ben Lagren). Un moment de nouvelles solidarités possibles aussi.

 

Photo : B. Zon

25.8.21

CHARLIE WATTS













 1992. La séance avait été organisée de façon très simple. Dès l'idée, grâce à la photographe Caroline Forbes, un coup de fil à Sherry Daly pour proposer à Charlie Watts de participer à Vol pour Sidney (aller) en indiquant notre souhait qu'Evan Parker soit de la séance. Deux heures plus tard, retour enthousiaste. Le batteur souhaitait que Lol Coxhill soit aussi de la partie. Joliment évident, chantante conjugaison, une histoire anglaise et notre histoire : quintet avec Dave Green et Brian Lemon une semaine plus tard aux studios Lansdowne. Cette simplicité spontanée fut de de toute cette séance où, d'un morceau, nous passions à deux à la demande de Charlie Watts, heureux, en une sorte de mini aventure improvisée. De la musique camarade et de l'attention joyeuse, de l'affection musicienne et beaucoup de rire. Le batteur fut si touché d'un compliment d'Evan Parker sur son jeu de cymbale dans "Laughin' in Rhythm". Il appréciait aussi visiblement l'idée d'être sur un disque où figurait également Elvin Jones pour lequel il eut des mots très beaux. De son départ inattendu hier 25 août, et de sa vie étonnamment discrète de pierre qui roule, tout sera dit auquel il n'y aura rien à ajouter. Sauf peut-être qu'en des moments plus ombrés, se jouait toujours une bien heureuse passion, libre.

Photographie : Guy Le Querrec (Magnum) - Charlie Watts et Evan Parker au festival de Bracknell en juillet 1986 (in Le Chronatoscaphe)

24.8.21

IVAN DENYS

 

Les histoires de résistance sont aussi des histoires d'amitiés et d'expériences de ce talent qu'aucune technologie ne pourra jamais contrefaire : l'humanité. C'est bien cette naturelle ingéniosité généreuse qui est à l'origine, en 2013, du livre d'Ivan Denys : Lycéen résistant, premier ouvrage publié par Signes et Balises, la maison d'édition d'Anne-Laure Brisac. Le respect, l'admiration et l'amitié de l'éditrice pour Ivan Denys, qui fut son professeur de latin, seront en grande partie le moteur de création de Signes et Balises qui publiera ensuite Rosine Crémieux et Pierre Sullivan, Pierre Brunet, Artur Klinau, Christos Chryssopoulos, Victor Serge, Nikos Kavvadias, Véronique Willmann Rulleau...

 Lycéen résistant est un pli*, une façon d'articuler l'histoire avec nos vies, de comprendre pour toute jeune personne comment entrer dans le monde et pour toute autre de saisir qu'il n'est jamais trop tard. Ivan Denys n'avait pas 14 ans lorsque, élève de 3e au au lycée Janson-de-Sailly, il distribue, avec un groupe de camarades, les tracts rédigés avec l'aide de leur professeur appelant à une manifestation le 11 novembre 1940 en pleine occupation allemande. Ils se retrouvent alors 2000 sur les Champs-Elysées. Cet événement décidera de son entrée en résistance,  de son engagement un temps communiste et de toutes les formes de luttes nécessaires jusqu'à la libération de Paris. 

Les différentes rencontres avec Ivan Denys étaient aussi amènes qu'intéressantes, une façon douce de mettre en lumière toutes sortes de relations, sans la ramener, sans crier gare, mais en offrant tant à penser. L'histoire se vit sans compression, sans échasses non plus. Lors d'une de ces rencontres dans une librairie parisienne où Ivan Denys présenta Lycéen résistant, le contrebassiste et chanteur Fantazio se trouvait jouer à l'extérieur. Cela étonna plaisamment et au fond, avait l'air logique. D'autant plus logique que l'auteur nous dit ce jour-là que Fantazio est son fils. Le hasard objectif est souvent merveilleux. Notre dernière rencontre avec Ivan Denys fut à Tarnac (merveilleuse objectivité du hasard), un soir d'août 2019, ce soir là, il parla beaucoup de son amitié avec Anne-Laure Brisac. La vie navigue, faite de signes et balises. Ivan Denys nous a quittés le 14 août 2021.

* petit livre important

 

 

23.8.21

EVERLY BROTHERS

 

Pas d'Everly Brothers, pas de Beatles. Ainsi vague la vie ...

(et pas de Chet Atkins, pas d'Everly Brothers etc. etc. etc. etc. etc.)

RAOUL CAUVIN ET MAZEL

Câline et Calebasse par Mazel et Cauvin (1969)


2.8.21

PASSE MONTAGE :
JEAN-FRANÇOIS STÉVENIN
MILFORD GRAVES - CHICK COREA

 La mort est fatigante, pour les vivants surtout. La vie aussi des fois. Vivre en vrai, mourir en vrai ? La chose n'est plus si simple dans l'infernale multiplication de bouts-rimés, épistolaires automatiques, enregistrés par les maîtres du monde virtuel collectionneurs de RIP algorithmiques d'une envahissante chrétienté qui s'ignore elle-même. Les équilibres s'effritent sur les versants des gouffres du temps, vies inconnues de pierres tombales retournées en poussières entre deux selfies. L'art du montage méticuleux se perd dans un flot d'images asséchées des cœurs et des corps. 

Les 9 et 12 février 2021, mourraient (disparaissaient, s'éteignaient, nous quittaient) Chick Corea et Milford Graves. La mécanique de RIP immédiatement en train, les commentaires jouaient au mieux les comparaisons jalouses de l'éclipse. L'un, pianiste, avait été l'incroyable ludion des états de passages d'un jazz posté au grand carrefour de directions, alors, sans évidence, d'abord plus en échafaudage que successivement avec moult luminescences, chez Herbie Mann, Blue Mitchell, Stan Getz (magique), Pete La Roca (incandescent), Bobby Hutcherson, Armando Peraza, Wayne Shorter, un idéal trio avec Miroslav Vitous et Roy Haynes, Circle avec Anthony Braxton, Dave Holland et Barry Altschul, ou le plus déluré des orchestres de Miles Davis, une idée très libre au fond avant que la dianétique ne prenne le dessus alarmant en cascades lustrées. L'autre, batteur, figurait une distincte idée de liberté en une direction précise sans détournement forever, une forme de tambour intérieur battant son plein et ses déliés avec Albert Ayler, Paul Bley, John Tchicai, Sonny Sharrock, Myriam Makeba, Andrew Cyrille, Don Pullen, Bill Laswell. Mais en ces quatre jours mortels, le plus important était peut-être, à ces moments-là, de se souvenir tout simplement, comme l'ont très bien fait, sans hasard, Daniel Richard (producteur, disquaire) et David Toop (musicien, écrivain), que tous les deux appartenaient un temps, ensemble, à l'orchestre de Joe Montego (¡Arriba! Con Montego Joe, Corea fit même partie du premier orchestre de Milford Graves, le Milford Graves Latino Quintet). À certains moments, on ne peut pas tout garder au montage au risque de ne rien indiquer du tout, ne rien voir, ne rien entendre dans une sorte de profusion de l'identique. 

Instant, discordance sans peur et devenir tiennent le haut du pavé dans l'œuvre si humaine de Jean-François Stévenin (qui est mort, disparu, éteint, nous a quittés le 21 juillet 2021), dans son fougueux montage débrouillard d'un cinéma tellement perceptible sans esquive de retour à l'infini. Liberté et battement intérieur de l'acteur (pour François Truffaut, Paul Vecchiali, Juliet Berto, Jean-Luc Godard, John Huston, Raoul Ruiz, Jean-Pierre Mocky, Jean-François Richet, Jean-Pierre Sinapi, Philippe Ramos, Jim Jarmusch...) et du réalisateur d'une impeccable trilogie : Passe montagne, Double messieurs et Mischka. Là, ce sont les mots de Yann Dedet (monteur des deux premiers) à propos de Jean-François Stévenin, que l'on retiendra, pour l'instant et pour demain : "Il y avait une envie commune de traverser ensemble tous les déserts, d'escalader tous les cols, de faire front dans la tempête."*

* Yann Dedet - Julien Suaudeau Le spectateur zéro (P.O.L. 2021)

Photographies : JR (Corea), Andy Newcombe (Graves), DR (Joe Montego), extrait du film Deux de Werner Schroeter - Gemini films

26.7.21

FRANÇOISE ARNOUL

C'était une époque où, dans les campings, les gens qui avaient des tentes regardaient ceux qui avaient des caravanes comme des bourgeois imposant leur confort dans l'inconnu sauvage, une période où les premiers ne supportaient pas les télévisions portatives des seconds qui ne pouvaient faire l'admiration que des benêts, une période où flic ne rimait pas encore automatiquement avec Netflix. Un entre-temps où le cinéma signifiait beaucoup dans les salles pas si obscures dont on rêvait sous la toile de tente. On parlait d'ailleurs de se faire une toile (à ce moment-là, on ne confondait pas encore toile - éclairer, réfléchir - et filet [net] - attraper, contenir -). Le cinéma, c'était aussi le monde qui avait trouvé une certaine façon de parler, une façon de camper. Ça peut encore l'être. À un moment où se multipliaient les signes de changement, où la lenteur s'emballait à toute vitesse, des acteurs incarnaient ça, des actrices plus encore. Une forme de minutie ponctuelle, de délice du contraste, du grain lové dans une effrontée souplesse, du renversement des apparences surtout, Françoise Arnoul par honorable exemple. Rapidement : dans les films de Henri Verneuil, Jean Renoir, Roger Vadim, Henri Decoin, Sacha Guitry, Pierre Chenal, Pierre Kast, Michel Deville, Jean Herman pour, disons, la première partie (très bien vue), puis Raoul Ruiz, Jacques Rouffio, Jean Marbœuf, Claude Faraldo, Paul Vecchiali pour, schématisons, la seconde (très bien sentie). La Nouvelle Vague, à qui elle avait tout pour plaire, distraite, l'a manquée. Françoise Arnoul ne figure peut-être pas toujours dans autant de films majeurs qu'une telle personnalité promettait. Peut-être parce que la vie lui semblait plus importante que le cinéma, a-t-elle aussi su amener cette insolente vie dans des films sans importance (traduire : sottement mésestimés) qui ne seront, grâce à elle aussi, inoubliable, jamais oubliés et certainement jamais mineurs. On reverra La Chatte, La bête à l'affût, Lucky Jo, Dimanche de la vie, Voir l'Éléphant comme autant de films principaux.  Françoise Arnoul est partie le 20 juillet à 90 ans.