Enfants d'Espagne

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12.12.18

LANGUE SANS SENS = LANGUE SANS SWING

On aurait pu croire que la vacuité de la novlangue technocratique n'aurait pas de prise dans des domaines où l'imagination serait assez forte pour l'éviter. Elle s'immisce partout. On interchange les mots vidés de leur sens - mais qui "habillent" et "tuent" le temps de la représentation - et ça donne la même stagnation.

9.3.18

ESSAI DE DÉFINITION

Le Macronisme c'est le moment où les poulets se mettent à applaudir le Colonel Sanders

26.7.17

À EN PERDRE SON LATIN

C'est tout de même terrible à quelle point la confiscation (façon de gouverner par le vide) peut nous atteindre. Déjà, on ne pouvait plus mettre les initiales de Post Scriptum en bas des lettres sans avoir l'impression d'y ajouter le sceau des traîtres, mais maintenant on ne peut plus dire qu'on est simplement "en marche" sans avoir le cerveau qui peste. C'est très pénible lorsque l'on aime les promenades et la randonnée. On dira donc qu'on est "en route" ou "en chemin" tout en restant discret, des fois que quelque politicien tortionnaire du vocabulaire nous prive de ce qui nous reste pour exprimer nos mouvements.

29.4.08

FINSTACIO



Après guerre (la dernière d'avant la prochaine - disons la seconde guerre mondiale), un certain nombre de mots anglophones (nouveaux occupants, nouvelle culture) firent leur apparition dans la langue française (parlée en France, une partie de la Belgique, une partie de la Suisse, une partie du Luxembourg, en Andorre et dans l'impressionnante liste des anciennes colonies de la France). On disait volontiers que quelqu'un était "smart", voire "vachement smart" pour mêler ces américanismes de bande dessinée au style yéyé. De même que l'on pouvait être mis "K.O". sans savoir que c'était l'abréviation de "knock-out", la proximité de chaos le rendant possible. Les va-et-vient des langues et leurs transformations sont inévitables et souhaitables. On citera le fameux exemple de "pédigrée", francisé de l'anglais "pedigree", lui-même anglicisme du français "pied de grue". Le Franglais, tant qu'il produit du sens est plus ou moins critiquable éthiquement, mais continue à produire du sens. La musique "rocher" sonnera certainement moins bien que la musique "rock" et à quoi bon renommer le "foot-ball" inventé outre Manche. Mais un autre type de Franglais, sorte de langue informatique, a fait son apparition dans un langage ultra simplifié qui n'exprime plus grand chose (mais est-ce parce qu'on n'a plus rien à dire qu'on l'utilise ainsi?). Le monde de la musique, toujours à la pointe du progrès, s'en donne à coeur joie (mais sans rire). Dans les grandes maisons de disques où l'on est facilement "overbooké" sans avoir trop à faire même si on est "short", on n'autorise plus un projet, on le "greenlight" (rassurez-vous, il n'y a toujours pas d'embouteillage au carrefour), on ne fait plus suivre un dossier (car on a perdu son âme de détective - on dira de chercheur) on le "forward", on ne présente plus la couverture d'un disque, mais (par volonté de culture ouvrière sans doute) son "artwork", qu'on aura pris soin de "downloader" et tutti frutti quanti à l'avenant. Et puis les phrases s'éteignent et la musique se tait. My dog, est-ce qu'on n'est pas un peu fuckés ?