Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne
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5.7.22

ONE ANOTHER ORCHESTRA
ET BILLIE BRELOK AU VAUBAN LE 30 JUIN
vus par Éric Legret

Eric Legret est un photographe de la vie, il aime la musique qu'il photographie comme la vie. Heureux de la retrouver au Vauban de Brest pour le premier concert de One Another Orchestra, avec invitation à Billie Brelok, le 30 juin, organisé par Cécile Even et ses camarades. La préparation a été fortement aidée par Perrine Lagrue et son équipe avec la complicité de Jacky Molard. Heureux de voir comment Eric Legret a vu ce qu'il a entendu. Le poète William Blake, mentionné plusieurs fois les jours précédents le concert, a écrit "La vie se délecte de la vie" et a commenté les émeutes londoniennes de 1780 avec ce très complémentaire : "la route des excès mène au palais de la sagesse". Alors hey ! comme dirait le bel Albert (aussi évoqué souvent) : "Music is the healing force of the universe". Au Vauban, le 30 juin, un bout de chemin.

Site Eric Legret 

La soirée vue par Eric Legret

One Another Orchestra : Catherine Delaunay, Nathan Hanson, François Corneloup, Tony Hymas, Hélène Labarrière, Davu Seru - invitée : Billie Brelok (dans le souffle de Lorca)

 

27.3.19

TREIGNAC 2018
Photographies de Gérard Rouy

Pour sa XIXe (ça peut s'écrire comme un siècle) édition les 2, 3, 4 et 5 août 2018, le festival Kind of Belou à Treignac avait réglé ses invitations dans la cosmogonie de son ciel intérieur avec, en arrière plan, les significations confirmées de son poème invaincu. C'est très doux, c'est d'ici. Le blues des belous a sa sorte de bleu qui tire vers le rouge, qui tire vers le noir et n'en est que plus lumineux.
Pour l'ouverture au Café du Commerce, Jacky Molard (violon) et Hélène Labarrière (contrebasse) remplacèrent au pied levé La Guinguette à Pépée (Catherine Delaunay ayant été hospitalisée - elle va bien) et le chemin se mit de suite à trottiner au moment même où il était arpenté. Le lendemain, dans un temple aux ahurissantes écritures murales, in Busking, Hasse Poulsen (guitare) et la contrebassiste faisaient rouler la fortune des chansons dans les bouleversements du monde ordinaire. Le samedi, aux Rochers des Folles, Nathan Hanson - en solo absolu comme aurait dit André Francis, en solo magistral auraient ajouté quelques critiques éveillés - interrogeait la nature et le temps. Le soir, dans la rénovée Salle des Fêtes, Pacific 345, locomotive entraînée par Tony Hymas, pianiste familier des lieux, avec Nathan Hanson, Jacky Molard, Hélène Labarrière et le batteur Simon Goubert, ouvrait la ligne de l'harmonie débarrée et des proximités souhaitées. En des temps mixtes : de la forêt de la Berbeyrolle à Standing Rock, de Barcelone au Burkina Faso. Nuit du 4 août indeed. Le dimanche midi, la Fanfare des Belous, trop triste de l'absence de son excitatrice (Catherine Delaunay), donna un bel exemple d'autogestion, bravant l'annulation, en jouant sous la halle deux thèmes de la clarinettistes : "Clair de Lune", "Salomé" ainsi que la toujours très à propos "Bella Ciao". Soirée minnesotanne. Riverdog, jeune duo des Twin Cities constitué de Léo Remke-Rochard (électronique, voix) et Jack Dzik (batterie) faisait tinter les clés d'un présent d'antipodes, d'anti-castes : "Take the sidewalks, take the streets". Puis, le très bien nommé No Territory Band réunissant auteur du batteur Davu Seru, le clarinettiste Pat O’Keefe, les saxophonistes Nathan Hanson et Scott Fultz, le trompettiste Jake Baldwin et le vibraphoniste Levi Schwartzberg. Là encore, le désir d'être là -"là" - dans la nuit inespérée, celle des volontés énoncées et de la réunion des fragments de toutes les distances. Kind of Belou 2018, XIXe du nom, avait un ton, était un ton, un souffle parfumé, un amour naturel. Ce sont là quelques impressions remontantes - comme si elles émergeaient, pleines de vie, des ruines des siècles - en regardant, quelques mois plus tard, les photographies de Gérard Rouy, témoin de cette histoire-là comme il le fut de tant d'autres qui nous sont si chères.




1.6.18

KIND OF BELOU
2 au 5 août 2018

Que sera Kind of Belou cette année pour sa 19ème édition ? 
Le programme du festival de Treignac vient d'être annoncé : 

2 août 19h
Kind of Belou aime la propice convivialité et l'invitation de la Guinguette à Pépée au classique Café du Commerce de Treignac en est la plus douce des attestations. Le 2 août à 19h... première manifestation de la 19e édition de l'annuelle et chaleureuse rencontre des belous avec Catherine Delaunay, Pascal Van den Heuvel, Sébastien Gariniaux
• Chronique de leur étonnant disque 



3 août 21h15 
 Busking ! Mais oui Busking ! Tant de musique a été ainsi transmise, humée, touchée même. C'est ce qu'évoquent Hélène Labarrière et Hasse Poulsen dans leur duo ainsi sobrement et précisément nommé. Quelle histoire ! Une démarche, une façon d'être au monde... et à Treignac au festival Kind of Belou le 3 août prochain.  
• Chronique in disques amis

4 août 12h
André Francis avait inventé l'expression "solo absolu". Et l'on se délectait de "solos absolus" de Lol Coxhill, Sam Rivers, Evan Parker, Steve Lacy ou Anthony Braxton. À Kind of Belou (Treignac - Corrèze) cette année le 4 août, il y aura bien, avec Nathan Hanson, saxophoniste qui vient d'effectuer une tournée seul dans le Minnesota, un solo dont l'absolutisme aura pour frontière un ravissant déjeuner sur l'herbe. L'absolutisme champêtre et sans privilèges du 4 août.

4 août 21h30
Kind of Belou à Treignac est un lieu d'expériences heureuses, alors on ne s'étonnera pas, le soir du 4 août (mais oui !), d'y voir une formation qui est le fruit de diverses expériences heureuses : le trio Tony Hymas, Hélène Labarrière, Simon Goubert devenu quartet avec Jacky Molard au festival de la CNT à la Parole Errante l'an passé, l'autre trio avec Tony Hymas, Catherine Delaunay, Simon Goubert au Magasin Général de Tarnac ou au Café du Commerce de Treignac toujours l'an passé ou récemment le duo Hymas/Goubert jouant pour les Réfugiés à Campus. Tout ce petit monde de beaux nous-autres se réunira dans la Pacific 345, locomotive imaginaire qui tombe à pic .

5 août 12h
"Une sorte de belou" ... quoi de mieux qu'une fanfare pour exhaler ce terme (exploré dans la quatrième partie du texte "La révolution de belous") ? Après leur première apparition il y a deux ans, la joyeuse Fanfare des Belous sous la houlette généreuse de Catherine Delaunay, revient à Treignac le 5 août prochain. Cet ensemble est ouvert à toutes et même à tous quelque soit le niveau musical (avec répétition les jours précédents : contact Kind of Belou)

5 août 21h15
1ère partie
Depuis le 8 mai, sont dévoilés ici les concerts de la 19e édition de Kind of Belou. Le 5 août en première partie du No Territory Band de Davu Seru, on pourra entendre sur la scène de la nouvelle salle des fêtes de Treignac - première française - Riverdog, jeune groupe des Twin Cities (avec Léo Remke-Rochard et Jack Dzik). Le chien aboie et la rivière coule où se reflètent conjointement bien des attraits musicaux.
2ème partie 
There’s a Hole in the Wall in the Bucket est l'éloquent titre de l'album de l'étonnant groupe de Davu Seru, No Territory Band, au nom non moins éloquent (et combien substantiel) dont la sortie digitale a été fêtée hier soir au Black Dog (Saint-Paul - Minnesota). La première française aura lieu le 5 août à Kind of Belou (Treignac - Corrèze) où sera cette fois fêtée la sortie dite physique de l'album. Éloquence hors frontières ! Bien sûr !
• Avec Pat O’Keefe, Nathan Hanson, Scott Fultz, Jake Baldwin, Levi Schwartzberg 



 

23.11.17

RED NIGHTS AT THE BLACK DOG

"Nous aimons le rouge comme nous aimons le noir"
Anonyme du XIXe siècle (toujours vivant)

Le jazz on peut l'aimer rouge, rouge une valeur de blues aussi simple que le “Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge” du peintre andalou Pablo Picasso, une valeur d'entrailles et de clairvoyance aussi : le jazz comme musique d'intérieur, de nos intérieurs inquiets, ravagés, révoltés, méditatifs, amusés, pleins de rythmes, d'amour où l'émotion n'est jamais paralysie.

En trois jours devant le red curtain du Black Dog, samedi 18 novembre et lundi 20, se sont succédés deux orchestres en une suite au hasard très objectif : le Red 5 du bassiste Chris Bates (ce soir contrebasse et basse électrique) avec Pete Whitman (saxophones ténor et alto), Chris Thomson (saxophones ténor et soprano), Steve Kenny (trompette), JC Sanford (trombone), Thomas Nordland (guitare) et Red Planet avec Dean Magraw (guitare), Chris Bates (contrebasse), Jay Epstein (batterie). Le bassiste ne sera pas la seule figure commune de ce coup double écarlate.

Les sciences fiction quotidiennes, la température, les amitiés, la conscience, l'éveil, les relations des galbes visibles et dansées, l'autre, une certaine fibre, sont quelques estampilles de la musique de Red 5 composée, impulsée, par Chris Bates. Red 5 ce soir sont 7, ce n'est pas toujours le cas, ce ne sont pas forcément les mêmes non plus. Chris Bates est un bassiste qui aime l'unité, pas l'unité de parade, mais celle des petites hauteurs de dignité qui se dessinent, des encouragements en profondeur, des mains sans cesse tendues, et de la diversité des voix. Avec Davu Seru, batteur nitescent, il fait la paire, celle-ci matérialise les traits constitutifs, les énoncés sensoriels. La confiance règne et ça se voit, se respire dans tout l'espace. À l'avant-centre les deux saxophonistes, Pete Whitman, le vétéran qui a un bon bout d'histoire dans l'anche (une histoire qui passe par Woody Herman ou Rosemary Clooney, Curtis Fuller ou Jack McDuff), Chris Thomson, l'un de ces jeunes loups qui ont chaviré le jazz des Twin Cities à l'arrivée du nouveau siècle (avec ceux de Fat Kid Wednesdays, Happy Apple...) ; de part et d'autre les trompette de Steve Kenny (cet intense musicien et metteur en scène de ces "Saturday night Jazz dirait "flumpette" : le vécu, le vécu) et trombone de  JC Sanford, protégé de Bob Brookmeyer, compositeur, partie prenante de projets prenants (John Hollenbeck, Alice Coltrane...) ; de l'autre côté du batteur, la guitare incisive de Thomas Nordland. Tout prend le temps, roule le bon temps, tout suggère, tout sollicite, tout bout. Abondamment en toutes formes de trajets. Les titres indiquent, simplement. "Dark Matters" aux accents ibériques, "Maliopolis" dédié  à la fois à Ali Farka Touré et aux amis de Minneapolis, une évocation afghane ou l'incontestable "I think we all feel". La musique contre l'engourdissement.

Deux jours plus tard, on retrouve Chris Bates avec un autre habitué des lieux - un habitant devrait-on dire - Dean Magraw. Jay Epstein complète le trio. Davis Wilson, le monsieur loyal du défunt club Artists Quarter est dans la salle. L'Artists Quarter, un club géré par des musiciens pour des musiciens, avait en Davis Wilson une présence, une voix dont tous les amateurs de musique des Twin Cities se remémorent pour son érudition, sa gentillesse et cette façon tellement signée de présenter les groupes. Dean le fait applaudir. L'histoire du jazz se fait aussi par des gens comme Davis Wilson. En deux parties de concert, dans un mouvement où jouxtent recueillement et révolte attentive, provenance et destination, les détails occupent une place immense. Chaque geste, regard, a le pouvoir de construire. Les trois hommes forment un trio d'une cohésion éprouvée, ultrasensible et munificente. D'entrée, "Let's cool one" de Thelonius Monk suivi de "Little Wing" de Jimi Hendrix ne portent aucune nostalgie, elles sont les choix fondateurs pour un récit bien présent d'un tranquille passage des lignes de partage. Tout alors rougeoie. La batterie de Jay Epstein joue les imperceptibles changements de ton, les jeux de sonorité dans le rythme. Elle motive. La basse de Chris Bates préfigure, détermine, pointe l'horizon, réactive et lors d'un solo qui est tout sauf un passage attendu, elle se prend d'un vertige doté d'une force morale époustouflante. Elle pénètre. La guitare de Dean Magraw a bien d'autres choses à apporter que de l'espoir, elle joue l'aurore, sans cesse, distincte et lorsqu'elle cite, il ne s'agit pas de clins d'œil, mais de minis havres de respiration qui mèneront jusqu'au vent. Elle souffle. Le dernier morceau est le plus long. Dean Magraw l'annonce en se mettant le doigt derrière l'oreille pour en augmenter le pavillon : "Vous vous souvenez où c'est l'Afghanistan ?" et dévoile le titre : "Mazâr-e Charîf", lieu de grande souffrance et lieu de vent, de vent incessant. Tous les voyants de Red Planet et sa musique de vent garde sont alors au beau rouge, tout interroge, tout témoigne, tout voyage, se perd, se suspend,  tout s'envole, se retrouve délice, s'embrasse, l'autre est là, chéri, aimé pour être entendu. Red Planet, trio rêvé, est un exemple de résistance constante et, humainement, intégralement complémentaire, jamais clamée, toujours présente, toujours vivante contre ce qui nous menace.

Oui c'est vrai : "Nous aimons le rouge comme nous aimons le noir". Merci à Red 5 et Red Planet de cette bienvenue mise à jour. Nous aimons la musique, c'est vrai.

Nota bene : et comment ne pas célébrer un trio qui se présente en jouant "Shopping for Clothes" des Coasters ?

Red Planet avec Davis Wilson

Photos : B. Zon

8.11.17

DEAN MAGRAW ERIC KAMAU GRAVATT
7 NOVEMBRE 2017 AU BLACK DOG

Salut à Sonny Sharrock, à Coltrane, à Johnny Hodges, à Billy Strayhorn, à Monk, aux travailleuses et travailleurs de l'endroit, rappel aussi, "Power to the people", que le pouvoir est au peuple... c'était hier soir au Black Dog avec le duo Dean Magraw - Eric Kamau Grávátt, un moment de défis doux pour que tout se fasse : perles de réalité et tendre hardiesse.

Photo : B. Zon


23.9.16

SDS ET SES AMIS AU MAGASIN GÉNÉRAL DE TARNAC

Mercredi 10 août 2016, Magasin Général de Tarnac : SDS et ses amis
avec Guillaume Séguron : contrebasse, Catherine Delaunay : clarinette, Davu Seru : drums invités : Donald Washington : saxophones ténor et baryton, Nathan Hanson, saxophones ténor et soprano, Doan Brian Roessler : contrebasse et Pascal Van den Heuvel : saxophones alto et baryton

Le soir du 7 août, l'énergie et l'harmonie de Kind of Belou à Treignac (Corrèze) ne pouvaient en rester là.  Alors le Magasin Général à Tarnac (Corrèze aussi) offrit le 10 août un nouvel accueil, une suite inattendue. Nathan Hanson et Doan Brian Roessler avaient rejoint ce petit monde avec une bouillonnante envie de jouer. La bonne entente entre Kind of Belou et le Magasin Général folâtre hors des bermes frivoles. Elle puise son inspiration dans les maturités de l'indépendance attentive et des solides préludes.

Le 10 août, la petite troupe arrive à Tarnac avec joie, instruments et enfants : Minnesotans, Bretons, Volque Arécomique, Treignacois et Parigots. Le choix sera vite fait de jouer à l'extérieur et à l'aise, juste derrière le mastroquet "tapi dans l'ombre" (1). L'endroit a son rythme, propice, aéré, lumineux. Les instruments se déploient, se logent pendant qu'on installe les bancs, les chaises, la lumière et la buvette. On s'accorde. Préférence acoustique (amplis pour les contrebasses seulement). Les conversations vont bon train ; s'élabore doucement un programme pendant une courte répétition : pourquoi pas "India" de Coltrane ? Le repas collectif -
toujours succulent ici - est servi sur de belles tables en chêne : sympathies sensibles et thèmes communs.

Les chiens font place aux loups et la nuit s'avance. Belle et heureuse affluence aux âges mêlés. Au fond du jardin, un feu pour ceux qui auraient froid. C'est naturel. Tout le monde a l'air bien et le concert peut commencer ; première ligne : les souffleurs Catherine Delaunay, Nathan Hanson et Donald Washington, rejoints par Pascal Van den Heuvel sur la moitié des titres, deuxième ligne : le batteur Davu Seru entouré des deux contrebassistes Doan Brian Roessler et Guillaume Séguron.

Très vite on sait que l'on est dans un des ces moments rares, une sorte de célébration première où tout s'accorde le plus simplement du monde. "India" qui ouvre le deuxième set, par exemple, porte la dimension vertigineuse du souvenir, reconsidère ce qui a été atteint, que l'on respecte et que l'on sait, pour reprendre le bâton, donner naissance à des ondulations neuves surgies d'images du passé. Pendant un long chorus, Donald Washington, dans une prestesse élégante, s'avance et s'adresse aux premiers rangs, aux enfants particulièrement. Ce soir le saxophoniste offre un précieux legs : la musique joue la mise à jour, le registre de la langue, le refus du néant, l'ailleurs extraordinaire et intimement proche. Les musiciens semblent reliés par les innombrables réseaux de la vie, retentissants de levers. Pas de hasard, ça se passe ici !

On évoque aussi Sidney Bechet, Ornette Coleman, Nina Simone, Guy Warren - Black lives matter ! Mais aussi Beb Guérin au travers de son morceau "Kronenche" (2). Beb Guérin qui fut avec Jean-François Jenny-Clark, l'un des contrebassistes les plus signifiants du nouveau jazz en France dans les années 60 et 70. Il mit fin à ses jours en novembre 1980 à 39 ans. Beb Guérin, musicien libre et fraternel, rêvait d'égalité, il revendiquait une attitude nouvelle non seulement dans la musique, mais aussi et surtout par rapport aux autres. Pour ce musicien engagé et lucide, le jazz participait à l'avènement d'un autre futur. Cette nuit pas d'oubli, l'ensemble ne joue pas autre chose.

Guillaume Séguron et Doan Brian Roessler forment la plus épastrouillante paire de contrebassistes (comme Beb avec Léon Francioli). Leurs lignes de basses façonnent sûrement, parfois serrées, épaisses et solides ou au contraire virevoltantes d'éclats, toujours solidaires, patientes jusqu'à la fulgurance. Catherine Delaunay et Nathan Hanson prononcent les notes justement habitées, formulent l'initiative d'esprit, chantent l'ampleur des réponses. À partir de traits subtilement ébauchés, ils se rejoignent par essence d'invention et d'expressivité pour ensuite partager leurs trouvailles avec Donald Washington, en vol, et tous de s'en donner à cœur joie. Sur quelques titres, avec un son précis d'intention, Pascal Van den Heuvel arrive en renfort scellant finement les riches perspectives en cours. Les tambours de Davu Seru sont au cœur de cette parole, de cette danse et ses volontés de rencontre, ils provoquent, défient jusqu'au partage collectif : la beauté puissante.

Comme à Treignac, le groupe joue "Roi mère mort", composition toute fraîche du batteur. Cette fois-ci en un septet un tantinet mingusien. À Treignac, Catherine Delaunay avait présenté le titre, mais ici Davu Seru le fait lui-même. Il vient au devant des gens et raconte en anglais et par gestes l'histoire de son oncle. Le 4 avril 1968, ce parent apprend par la télévision l'assassinat de Martin Luther King. Il se lève et dit : "Je vais tuer le premier Blanc que je rencontre". Il quitte son appartement et tire sur un type qui descend du bus. Puis se rend à la police en disant : "Vous pouvez me tuer, ils ont tué mon King". Après son temps de prison, aux obsèques de sa femme, l'oncle prononce ces mots : "Mes enfants n'auraient jamais pu avoir meilleure mère. J'ai du m'absenter pendant tout ce temps. C'était une période très difficile pour notre peuple". Dès les premières notes, l'image se métamorphose et s'approfondit. Le silence frappe au milieu des choses sombres. Lors de la répétition, Davu avait demandé à Nathan Hanson et Donald Washington d'improviser dans ce titre en duo : "et pas seulement parce que tu es blanc et que tu es noir". L'évocation est puissante, incisive, jusqu'à l'éclatement : le jaillissement inattendu de l'emprise brutale.   


L'esprit est nomade et l'insolite généreux dans ses différents fils insurgés. Une fantaisie polonaise (écrite par un suédois) au lyrisme doux rappelle la fidélité des itinéraires, sa sédition des registres obligés. "Four women" de Nina Simone, blues dévorant sujet à la transe contenue, à son immanence, s'affirme, se cache, se dépasse. La clarinettiste par une sorte de puissance d'aspiration offre le relais au vieux titulaire. Le temps s'inverse, déterminé, insaisissable. Et puis Catherine Delaunay troque sa clarinette pour l'accordéon et annonce "A la huelga" (de Chicho Sánchez Ferlosio). "Tout le monde doit en être !" Rappel approprié. Le concert se termine, le feu continue, quelques insectes y risquent leur chance en une taille invraisemblable. On ne part pas facilement, on échange, rêve, rit, devise, regarde les étoiles. Expression libre. Expression libre. Expression libre. 

C'était un 10 août 2016 (par hasard anniversaire de Commune Insurrectionnelle de 1792), un soir où la musique taquinait le cours du temps, où cette musique appelée du terme contesté de jazz rendait compte de sa propre profondeur, émergeait sans gêne, sans crainte de son exposition par effractions, sans crainte de dire ses amours, ses luttes, sa relation au monde, sans pose, loin des sources taries et des salons "autorisés". Un jazz capable de panser ses estafilades. C'était au magasin Général de Tarnac, un moment de musique, un moment de vie, unique, inoubliable. 


(1) Référence à l'hilarant commentaire du journal télévisé de 20h sur France 2 le 11 novembre 2008
(2) Guillaume Séguron, Catherine Delaunay et Davu Seru ont repris "Kronenche" dans La double vie de Pétrichor (2015, nato 4954). Beb Guérin avait enregistré en septembre 1980 Conversations en duo avec François Méchali (nato 5), le premier titre du catalogue nato


Épisode précédent sur le Glob : La révolution des Belous

Photo : B. Zon  

11.9.16

LA RÉVOLUTION DES BELOUS
Photographies de François Corneloup
et autres impressions



D’abord. Tout d’abord. Tout débord. Qu’est-ce qu’un Belou ? Les explications divergent doucement au gré des interlocuteurs (on le verra plus tard), mais se retrouvent toutes sur la contraction essentielle et limousine, le sens du blues comme prévention de l’abîme. Mot profond d’une région de résistance qui l’est tout autant. Ouverture sur l’heureux. Kind of Belou a été fondé en l’an 2000 à Treignac. Dernier festival des années 1900 ou premier en vue de l’an 3000, cette île de Belous s’est découverte tant de rivages. L’accueil. L’an 2016 y vit surgir à la taille précise de l’être, la curieuse présence ouverte au sens, celle où se glisse la continuité de l’amour. Les logiques fondamentales sont celles issues des rêves. 

Le vieil Héraclite nous a donné parfois bien du souci, mais il a écrit (il y a quelques vingt-sept siècles) quelque chose comme "même lorsque l'on descend encore et encore dans le même fleuve, on se baigne toujours dans une eau nouvelle". "Qu'il se fasse un village où c'est nous qui s'en allons" titrait Jacques Thollot dans sa fameuse Girafe. À Treignac (et environs), le village fut le fleuve des suggestions infinies, dites et bien dites, jouées et bien jouées. 

Mercredi 3 août, 18 h, Halle de Treignac, vernissage de l'exposition «Hors scène, hors champ» de François Corneloup en présence de Guy Le Querrec 

On l'a vu dans notre article du 4 août sur le Glob "Les instants photographiques de François Corneloup" (1), le saxophoniste avait semé les vitrines de Treignac de ses photographies, invitant les regards actifs. Jeux de miroirs et de souvenirs en 25 photographies de ses camarades "Hors scène, hors champ" ainsi qu'il les présente : "Une boucle se forme alors, entre le festival et mes images, qui s’inscrit dans la topographie du village, ses rues, sa vie, sa transformation, ses nouveaux arrivants, ceux qui passent et ceux qui en partent, ses vitrines habitées ou celles désertées par l’exode rural, qu’on a voulu réinvestir et réveiller le temps de cette accroche. Comme la musique vivante dont ces images sont la résonance et qui le temps d’un festival d’été, investit la cité un peu plus qu’au quotidien, ce parcours photographique invite à s’inscrire dans sa boucle, offre ce que le spectacle pourtant si indispensable à la vie citoyenne ne montre pas si souvent : quelques instants de la vie intime du peuple qui l’invente." (2) . La présence de Guy Le Querrec, rappel doux de son histoire, souligne l'insistance de l'œil à sortir de la duplication de l'abandon pour la joie de tous les aiguillons. 

Jeudi 4 août, 21h15, Église de Veix : Duo Franck Tortiller - François Corneloup 
Franck Tortiller : vibraphone, marimba - François Corneloup : saxophone baryton 

À 5 km de Treignac, le petit village de Veix vit au rythme des ruisseaux. Les chats y sont à l'aise et la cabine téléphonique défie le temps. L'église, construite au XIIe siècle, incendiée en 1581, restaurée au XVIIe siècle, bricolée au XIXe accueille ce soir le duo du vibraphoniste Franck Tortiller et du saxophoniste François Corneloup. Ce dernier familier du pays, treignacien (3) de dix ans, présent en 2006 et 2015 avec Ursus Minor, en 2013 avec les Chroniques de résistance (4) de Tony Hymas, a fait la joie du Café du Commerce avec Le peuple étincelle le 22 avril dernier. Cette fois, c'est avec son ami le vibraphoniste Franck Tortiller qu'il va jouer à Veix un concert au fond très complémentaire du jeu d'images des vitrines de Treignac. Par sa musique souple à la mélancolie resserrée, le duo de Singing Fellows (5) offre une suite aux relations perceptibles, celles d'un paysage unique aux contours précis et assortis sans cesse : le bourdonnement dansant d'un village d'heureuse condition. 

Vendredi 5 août 18 h, Marché de producteurs de pays, place de la République : Trio Pépée 
Sébastien Gariniaux : guitare, banjo, ukulélé, voix et piano à orteils - Catherine Delaunay : clarinette, accordéon diatonique, chant, percussions et piano à orteils - Pascal Van den Heuvel : saxophones, chant, ukulélé et piano à orteils 

Le répertoire musical est aussi mouvant que trimardeur, inaltérable que fugace, susceptible d'être interprété et réinterprété. Le sens, l'origine et la lumière nouvelle. Catherine Delaunay, Pascal Van den Heuvel et Sébastien Gariniaux ne cultivent pas le second degré, l'équivoque, pas même l'analogie, mais au contraire le répondant qu'inspire ce répertoire au vocabulaire familier. Le répondant, c'est l'idée même du prolongement incessant, de la connaissance, de ce qui va, c'est le geste, l'impérissable danse, le porte-voix. Sur la place de Treignac, Pépée joue devant un jet : valse, mambo, cha-cha-cha, musette, autant de clés pour les portes de Pépée ouvrant sur une forme de figure parlante autorisée au fond des âges : la douce extase tranquillement saillante. Aujourd'hui c'est demain. 

Samedi 6 août, à 11 h 30, Cour de l’office de tourisme de Treignac : La Fanfare des Belous 
Catherine Delaunay : clarinette, direction, Sarah Van den Heuvel : flûte, Anna Mazaud : mélodica, chant, Christelle Raffaëlli : clarinette, Rachel Annand : clarinette, Philippe d' Hauteville : clarinette, Sylvia Cornet : saxophone ténor, Pascal Van den Heuvel : saxophone baryton, Marc Giraud : saxophone baryton, Marie Cathala : trombone, Pascal Chaumette : trompette, Sébastien Gariniaux : banjo, chant, Daniel Chomette : cajón + Véronique Dao et Isabelle Vedrenne : percussions 

"Qu'il se fasse un orchestre ou s'est nous qui s'en allons !". Là les Belous se déclarent, ils revendiquent leur kind. Un belou selon les sources variées c'est au choix : le cri d'appel des bergers pour rassembler les moutons «belou, belou, belou !», un paysan, un individu solitaire qui fuit la société, quelque chose de mignon, de joli ("un bébé tellement belou"), un petit belin (nom ancien du mouton - Le roman de Renart), un agneau, une bête sauvage (belua en latin), un individu inquiétant, un myope, un boudeur, un amateur de bière, une chérie ou un chéri, une hyène, un pleurnichard, un niais, un voyou ou même une autre dénomination du dieu Baal (le chevaucheur des nuées). On y ajoutera le belouze, pas loin du blues, qui nous rapprochera de notre sens, du sens du nous autres. Our kind ! Ce samedi, entre l’Office du Tourisme et les toilettes publiques (ornées d’un graffiti délicat et informé « Fuck the police »), la Fanfare des Belous offre sa première aubade (à 11h30) devant un auditoire complice. Kind of Belou a lancé un appel au printemps pour la création de cet ensemble sans restriction de niveau musical ni obligation académique et a confié à Catherine Delaunay la charge heureuse de mener cette petite troupe pour laquelle elle a apporté "Clair de Lune", "Suzanne" et "Salomé". La clarinettiste a dirigé les quatre répétitions préalables complétant ce premier récital avec deux tubes de révolution "Le temps des cerises" (Catherine Delaunay rappelle que ce temps est le nôtre) et "Bella Ciao" (tous deux chantés par la jeune et gracile Anna Mazaud), ainsi que le thème d'opérette "Mexico" fougueusement entonné par le pétulant bouffe Sébastien Gariniaux (à noter que dans l'opérette de Francis Lopez, l'ami du héros se nomme Bilou). Introduction à cette dernière, le thème des "Vikings" de Mario Nascimbene pour le film de Richard Fleischer, prestation perturbée par le rire de deux viking-belous dans la foule. D'aucuns croient avoir reconnu les fantômes subreptices de Kirk Douglas et Ernest Borgnine. Sous les vigoureux et élégants pas de danse de Catherine Delaunay et l'évident plaisir des participants, s'applique l'évidence de cette enceinte où tous, musiciens et spectateurs ont joyeusement trouvé leur filiation de Belous. Un orchestre, c'est une autre sorte de village : danse avec les Belous ! 

Samedi 6 août, 21h15, Salle des fêtes de Treignac : Aquaserge Orchestra 
Benjamin Glibert : guitare, voix - Julien Gasc : clavier, voix - Audrey Ginestet : basse - Julien Chamla : batterie - Manon Glibert : clarinette - Robin Fincker : saxophone ténor - Sébastien Cirotteau : trompette - Olivier Kelchtermans : saxophone baryton 

 La salle des fêtes de Treignac est un monument d'histoire. La municipalité de Treignac va la rénover. Souhaitons seulement qu'elle prenne garde à y laisser les traces de toute la musique qui s'y est plu. Celle d'Aquaserge Orchestra, cette soirée de samedi également. "Orchestra" parce que le quintet signataire d'À l'amitié (6), excellente nouvelle de la pop made in France, est renforcé par trois souffleurs qui brassent d'autres perles que du vent. Le groupe commence avec "La ligue anti jazz rock", thème générique où se mettent en lice différentes conceptions internes. Au fil des plages, la musique se développe en une sorte d'onctuosité acide au sens neuf et éclaté, recherche d'une destination imprévue modelée par une somme d'informations foisonnantes corrosives et dénudées. Les chansons, éraflures méditatives, s'intègrent dans cet univers aux figures imbriquées, au sentiment tourné vers ses réserves d'intuition. Les vents s'emportent, la transe délaisse ses coquetteries de crépuscule. Le vieux spectateur a pu parfois penser à quelque Machine Molle, mais l'essentiel ne réside pas dans nos catalogues de souvenirs et leurs bons déclencheurs. Aquaserge, que l'on dit né d'un déluge, est une aventure singulière s'inscrivant dans l'essentiel syllabaire des lendemains qui chantent. 

Samedi 6 août, 23h, Café du Commerce : Lord Rectangle 
Charles X : chant - M. Gadou : guitare - Johann Loiseau : steel drum, claviers et percussions - François Chommaux : guitare et percussions - Eric Camara : basse - Johann Mazé : batterie 
+ François Corneloup : saxophone soprano, Robin Fincker : saxophone ténor, Sébastien Cirotteau : trompette

Le Café du Commerce à Treignac est le lieu des rencontres, des complots sympathiques, des franches rigolades, du Pago et du whisky et aussi souvent que possible de la liberté de danser. Le Café du Commerce est l'allié de Kind of Belou qui y présente régulièrement quelques surprenantes soirées telles Tony Hymas-Pete Hennig-Desdamona, Hymn for Her, Le peuple étincelle, Zarboth et pas mal d'autres... Lord Rectangle, groupe calypsoul survolté, y trouve parfaitement sa place. Avant d'être une danse des Antilles, Calypso était une nymphe océanide et amoureuse. Les musiciens vifs incarnent tout ça en une rêvée harmonie un peu punky. Le chanteur de Lord Rectangle se nomme Charles X. X est la 24e lettre de l'alphabet latin. À une lettre par heure, elle pointe le jour complet, X est le nom de Malcolm, un symbole de lumière aussi. La belle forme surgit d'autant plus, énergise, dynamise encore, libère. La danse emporte. Tout le monde bondit, tout le monde se retrouve. Sur un clin d'œil de l'ingénieux guitariste M. Gadou, François Corneloup court chercher son soprano. Répondant aux défis guinchants de Lord Rectangle, il livre un flamboyant chorus emporté par la bouillonnante rythmique. Robin Fincker et Sébastien Cirotteau, saxophoniste et trompettiste d'Aquaserge, rejoignent l'ensemble un peu plus tard. Un peu plus tôt même, car personne n'est disposé à ce que la foudre rectangulaire quitte la place des Farges. L'éphémère est perpétuel.

Dimanche 7 août, 21h15, Salle des fêtes de Treignac : SDS invite Donald Washington 
Guillaume Séguron : contrebasse - Catherine Delaunay : clarinette, accordéon - Davu Seru : batterie - Donald Washington : saxophones ténor et baryton 
+ Pascal Van den Heuvel : saxophones baryton et alto 
et Nathan Hanson et François Corneloup : saxophones soprano

Musicien de l'histoire essentiellement discrète, Donald Washington n'avait jamais joué en France avant ce 7 août, il aura donc fallu cette proposition de SDS (Guillaume Séguron, Catherine Delaunay, Davu Seru) et l'invitation généreuse de Kind of Belou pour enfin entendre ce musicien atypique avec ce trop rare trio. À cet endroit, on mesure la distance qui sépare l'association corrézienne des officines qui, se défendant pourtant d'être formatées, n'en détournent pas moins les propositions "risquées" au nom d'un mystérieux public dont elles prétendent être les tutrices. Il faudra bien - à un moment - rompre avec ce qui s'est progressivement dessiné comme un enfer ouaté, ce divertissement culturel asexué emberlificoté dans ses bourgeoiseries, retrouver en plein jour ce moment où le jazz affirme son sens de la pulsation du monde et peut être entendu en tant que tel. C'est là le terrain des trois musiciens de SDS, trio fondé en 2014 (7) grâce à quelques histoires d'amitié. L'amitié est la lucidité du temps immédiat, celui qui dure. SDS comme Students for a Democratic Society (8). Chez eux, il ne s'agit pas d'extérioriser la convoitise, mais de tracer généreusement hors des terres à l'abandon. L'abandon c'est le malheur des humains, ce qui les afflige. Le blues dit ça, très fort. La part du blues est importante chez SDS, fondatrice même. Le blues est du côté de la terre, de la chair. Lorsqu'on est attentif, il peut prendre un accent médiateur pour les germes d'avenir. À un moment on s'enlace. La musique jouée par Guillaume Séguron, Catherine Delaunay et Davu Seru n'a pas d'ambition nostalgique ni ne cherche la renaissance des îles exténuées, mais se plaît aux petites embuscades à tous les temps. Le passé opère et tout est à naître autrement en passant les frontières. Le chant a un rôle primordial dans l'avènement de nouvelles transitions. Il en est la nature et lorsque Donald Washington entre sur scène sur "Love, the mystery of", thème du Ghanéen Guy Warren (Kofi Ghanaba), popularisé par Art Blakey puis Randy Weston, ce qui frappe c'est cette conviction de survie, cette lumière naturelle sortie de l'ombre dont on découpe les rêves à la faveur de tous les accents. Le concert durera deux heures de reliefs, aspérités et fioles de sagesse, contradictions et luttes, dialogues de gravité et de passion, d'appels et de réponses. Deux thèmes nouveaux de Davu Seru "Roi mère mort" dédié à un oncle chamboulé par l'assassinat de Martin Luther King (nous en reparlerons) et "Situated so", verront les renforts nourrissants de Pascal Van den Heuvel. En rappel, François Corneloup et Nathan Hanson (de passage avec son camarade Doan Brian Roessler après un concert à Gourdon avec Pablo Cueco et Mirtha Pozzi), ainsi que Pascal Van den Heuvel se joindront au groupe sur un morceau dit haïtien de Sidney Bechet. Tout est ouvert, besoin de temps, on attend la prochaine de cette musique digne d'avenir, on en a besoin, et ça tombe bien car la prochaine est dans trois jours chez les voisins et amis de Tarnac. (À suivre...) 


(1) "Les instants photographes de François Corneloup" sur le Glob à lire ici
(2) Extrait du texte de présentation par François Corneloup à lire ici
(3) Si le Treignacois est l'habitant de Treignac, le Treignacien est son visiteur temporaire mais régulier dont les traces s'inscrivent doucement par petites couches au fil des ans
(4)  Chroniques de résistance, Tony Hymas (2015, nato)  
(5) Singing Fellows, Franck Tortiller - François Tortiller (2016, MCO)
(6) À l'Amitié, Aquaserge (2014, Chambre 404 - Sony) 
(7) La double vie de Pétrichor (2015, nato) 
(8) Organisation étudiante emblématique de la nouvelle gauche américaine de 1964 à 1969, prônant la démocratie participative et l'action directe, qui a compté plus de 100 000 membres. 

  
KIND OF BELOU 2016 VU PAR SON PHOTOGRAPHE-MÊME
   
Exposition photographique de François Corneloup vue par lui-même.
Photo d'Elsa Birgé (Treignac 2013 avec Chroniques de résistance de Tony Hymas)
en situation à l'Office du Tourisme de Treignac
Vibraphone et marimba de Franck Tortiller - Église de Veix
Joies enfantines (essentielles)
Le parrain : Guy Le Querrec
Guillaume Séguron : jet continu
Le trio Pépée (Pascal Van den Heuvel, Catherine Delaunay, Sébastien Gariniaux ) au marché de pays
Le trio Pépée : Pascal Van den Heuvel, Catherine Delaunay
Donald Washington, Catherine Delaunay (avec Pépée)
La fanfare des Belous : Pascal Van den Heuvel, Daniel Chomette, Marc Giraud, Marie Cathala, Pascal Chaumette, Véronique Dao, Isabelle Vedrenne, Catherine Delaunay
La fanfare des Belous conduite par Catherine Delaunay
La fanfare des Belous : Christelle Raffaëlli, Rachel Annand , Philippe d' Hauteville, Sylvia Cornet, Pascal Van den Heuvel, Daniel Chomette, Marc Giraud, Catherine Delaunay, Marie Cathala, Pascal Chaumette, 
Anna Mazaud, Sarah Van den Heuvel, Rachel Annand , Philippe d' Hauteville
 Aquaserge Orchestra : Audrey Ginestet, Julien Gasc
 Aquaserge Orchestra : Aquaserge Orchestra : Sébastien Cirotteau, Robin Fincker, Benjamin Glibert, Olivier Kelchterman
Aquaserge Orchestra : Sébastien Cirotteau, Robin Fincker, Olivier Kelchterman
 Aquaserge Orchestra : Julien Chamla, Manon Glibert, Audrey Ginestet, Benjamin Glibert
 Aquaserge Orchestra : Julien Chamla
SDS : Pascal Van den Heuvel, Davu Seru
SDS : Davu Seru, Guillaume Séguron
SDS : Catherine Delaunay, Donald Washington
SDS : Donald Washington, Davu Seru, Guillaume Séguron
SDS : Donald Washington, Catherine Delaunay
Thierry Mazaud par qui la fête arrive

Toutes les photographies de cet article sont de François Corneloup photographié ici par B. Zon