Enfants d'Espagne

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28.3.23

SCIENCE ET VIE

Jupiter, planète gazeuse, est très éloignée de la Terre

22.8.19

LE MONARQUE, VICTOR HUGO,
ET LE BULLETIN MÉTÉO

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"Quelques ondées sont encore à craindre" entend-on par la voix de la speakerine du bulletin météorologique lors des émissions matinales de France Inter, radio nationale, en début de semaine. Si les ondées, seules, sont "à craindre", alors le reste de l'actualité devra être très cool. La semaine précédente, la même nous prévenait : "Le soleil est en guerre avec la pluie" et son alter ego, présentateur des informations lui passait auparavant le micro en prévenant : "Pas très sexy la météo aujourd'hui !". Sur les mêmes ondes, l'hiver dernier : "Le froid embusqué à Strasbourg." Le climat, c'est la guerre. Le réchauffement climatique, une bonne inquiétude à la mode, mais en théorie seulement. Depuis Charles X,  bourgeoisie et aristocratie recomposée ont progressivement imposé l'idée qu'il n'y aurait qu'une sorte de beau temps se situant au delà de 25° à l'ombre avec un ciel sans nuage. Certaines inventions comme le réfrigérateur ou même la télévision ont accentué cette conception de séparation de nos corps des conditions météorologiques en en rejetant toutes les variations (à l'exception de la neige utile pour confectionner des décors de Noël). Pas de bonne humeur sans beau fixe. Le beau temps est devenu le botox du mode de vie général. On ne vit plus avec le temps, on le craint ou on le maudit s'il ne correspond pas à l'image exacte. La moindre averse, le moindre refroidissement et c'est le début de l'apocalypse : la vigilance orange. Au printemps dernier, alors que la journée s'annonçait pluvieuse, un autre speaker radiophonique prévenait : "La journée va être déprimante". On peut gouverner tranquille. Ravageur idéal, le préjugé de beau temps a sinistrement triomphé de la raison humaine devenant l'allié principal de la déferlante touristique à l'objectif sournois s'appuyant en résumé sur ces termes souvent entendus : "Je me tue au travail toute l'année, ce n'est pas pour avoir un temps pourri en vacances". Si l'on vivait toute l'année, un mois d'averse serait autrement vécu. Du pain et des jeux remplacés par du bulletin météo. Pour un peu de sens libre, nous devrons bien réapprendre à nous conjuguer par tous les temps.

La restauration monarchique, l'empire et toutes les filiations bourgeoises se mettront en quête de transformation de villes et village sympathiques en casemates pour villégiature ensoleillée. Infernales et rentables. Biarritz est un cas typique. Modèle haut de gamme. Napoléon 1er aima s'y baigner en 1808 et Napoléon III opéra la transformation de cette charmante localité en capitale du "beau temps", faisant bâtir en 1854 un monumental palais attirant toutes les têtes couronnées d'Europe (dont Bismarck qui viendra faire un tour avant la Guerre de 1870 - ça donne une idée). Victor Hugo alertait dans le tome II de En voyage : "Rien n’est plus grand qu’un hameau de pêcheurs, plein des mœurs antiques et naïves, assis au bord de l’océan (...) Rien n’est plus petit, plus mesquin et plus ridicule qu’un faux Paris". Emmanuel Macron, qui en 2016 n'était pas encore monarque, passa ses vacances à Biarritz et, comme l'endroit lui plu, le choisi pour organiser son G7 du 24 au 26 août 2019, pas la réplique de la compagnie de taxis parisiens créée en 1905, mais l'arrogante réunion des 7 pays plus ou moins les plus riches de la planète pompeusement qualifiés de "démocratie". Depuis son élection relative le consacrant autocrate pour cinq années, il affiche son goût pour les demeures royales ou impériales : Versailles, d'après lui "un lieu où la République s’était retranchée quand elle était menacée" 1 - sale temps pour La Commune -, ou le château de Chambord qu'il occupe plus souvent que François Ier. Pour son groupe des sept, le petit souverain, à la perversité d'une imagination appauvrie, a donc convié à Biarritz ses copains ou rivaux (en la matière c'est la même chose) : Donald Trump, Boris Johnson, Giuseppe Conte, Justin Trudeau, Angela Merkel, Shinzo Abe, tous à la tête de pays dit "riches". Pas vraiment le cas d'une partie importante de leurs habitants. Ces métayers du monde sont tellement certains d'être aimés du peuple qu'il faut tout de même 13200 policiers et gendarmes pour les protéger. Les touristes sont priés de quitter les lieux et les habitants d'obtenir un laisser passer dans "la ville qui sera certainement l'endroit le mieux protégé de la planète" selon son maire Michel Venac. Il parait que "la lutte contre les inégalités" est un des thèmes centraux de cette réunion dans la ville impériale. On s'étouffe. Le 18 décembre, lors d'une manifestation en opposition à la tenue de ce G7 à Biarritz, une jeune femme est blessée par un tir de flash-ball (triple fracture de la mâchoire). Des interpellations préventives ont déjà eu lieu, 300 places en cellule sont déjà réservées pour les 4 prochains jours et 17 procureurs sont de service. "Police partout justice nulle part", toujours Victor Hugo. 

L'escobarderie est énorme. Le beau temps pourrait faire place à l'orage. Toujours dans son tome II de En voyage, Victor Hugo s'interrogeait sur la remarque d'un bayonnais qui lui avait dit à son arrivée en gare, alors qu'il cherchait comment se rendre à Biarritz : "Monsieur, il est facile d’y aller, mais difficile d’en revenir."

1 Le retour des Versaillais




7.3.16

L'HONNEUR EN RAFALE

Le premier ministre de la France nous a dit que "vouloir comprendre c'était excuser". En ce qui concerne la remise de la légion d'honneur par le Président de la République du même pays au ministre de l'intérieur d'un état criminel, on a déjà compris et c'est sans excuses... Dans le classement des 1810 milliardaires terrestres, Serge Dassault a gagné 6 places et se hisse au 56ème rang. "Ils sont beaux mes Rafales, ils sont beaux" ...

16.6.15

FORMULATION SANS RESTRICTION

"Les réfugiés ont besoin d'aide et d'amour". L'assertion est cardinale, elle nous concerne tous. Quelqu'un sur le trottoir (entre deux gendarmes) a dit "c'est plus compliqué que ça". Non ! C'est aussi simple que ça. À chacun d'y trouver le monde véritable des propositions déployées.

Photo : B. Zon (manifestation du 16 juin)

14.6.15

QUESTIONS FOR TOMORROW (NOW)


In all languages

Le flux médiatique se gave de congrès de partis politiques guignolesques, de relaxe de notables proxénètes, de fierté de ventes d'avions meurtriers à des régimes qui ne le sont pas moins, de scandales de balle au pied, de caprices de ministres, de CAC40-en-hausse-en-baisse, de Grand Paris indécent, de grands chantiers pharaoniques inhumains. Ceux qui sont rapidement et abstraitement désignés comme "migrants" y apparaissent en pointillé. Leurs naufrages réguliers dans les eaux de Méditerranée tirent trop souvent de simples larmes de crocodiles. Comme les "pauvres", les "chômeurs", les "sans papiers",  les "minimas sociaux" et autres appellations ne recueillant pas les suffrages des amateurs de démocratie-une-fois-tous-les-cinq-ans, ces migrants ne sont pas des entités anonymes, des masses d'ombres. La moindre des choses, la moindre humanité, est d'accueillir ces êtres humains au courage inimaginable qui ont survécu à des voyages d'enfer, avec générosité et gentillesse tant ils forcent le respect et bouleversent nos réduits. La moindre des choses pour nous est aussi d'échapper à la honte. 

Change of Century

Jeudi 11 juin 2015, à Paris, les migrants accueillis par l'association du Bois Dormoy doivent partir, l'association n'assumant plus au motif que "L’association gestionnaire du jardin partagé du Bois Dormoy n’a pas la capacité de se substituer aux pouvoirs publics (État et Ville de Paris) dans le traitement des questions humanitaires, sanitaires et administratives liées à la situation des migrants." Compréhensible sans doute. La différence historique de points de vue (c'est vieux comme la guerre d'Espagne) des soutiens des migrants éclate alors : il y a ceux qui pensent s'entendre avec les autorités et ceux qui ne leur font aucune confiance.  On traduira éventuellement par : ceux qui préfèrent accompagner la misère et ceux qui souhaitent la combattre. L'occupation de la caserne de pompiers désaffectée de Château-Landon commence contre l'avis des premiers. L'Armée du Salut (qui distribue des repas aux SDF dans ce lieu) dispense des repas aux migrants investissant l'endroit. Chapeau !

The Shape of Jazz to Come

La police arrive, nombreuse, prend le contrôle du carrefour rue de l’Aqueduc-rue Philippe de Girard. Certains migrants ne peuvent entrer et se retrouvent avec les manifestants présents et ceux qui arrivent dans le quartier. Un migrant menace de se jeter du haut du pont métallique sur les rails de la Gare de l'Est. Le trafic ferroviaire est suspendu. Une petite ("esprit du 11 janvier es-tu là ?") foule déterminée se presse à l'extérieur. La police charge à plusieurs reprises. La fanfare Invisible mais fort présente - une vingtaine de musiciens - continue à jouer lors de ces manœuvres, surpassant la crainte des gaz lacrymogènes, des rapides mouvements de foules et la brutalité policière. Ils entonnent, sans défaillir, "El pueblo unido jamás será vencido" repris en chœur par les manifestants, la police recule, un très beau moment de musique, de dignité, de vie. Chapeau !

Broken shadows

Rue de l'Aqueduc, barrage de police, on ne peut passer. Quelques migrants qui n'ont pu rentrer dans la caserne errent. L'un d'eux porte un grand sac de plastique gris. Un des flics qui a l'air de s'ennuyer un brin s'adresse à lui, sourire en coin, en pointant le sac avec sa matraque : "Qu'est-ce que t'as dans ton sac ?, il fait simplement signe en joignant ses mains penchées vers sa tête qu'il voudrait seulement dormir, l'argousin se marre : "il fait chaud là, t'as besoin de rien pour dormir". Le tutoiement lors des contrôles policiers pour qui n'est pas de type caucasien est habituel et quotidien. Faut-il vraiment s'y habituer ?

Tomorrow is the question

Plus tard, les migrants "acceptent" (les problèmes de langues sont importants et les pressions diverses certainement fortes - les versions sont contradictoires) de sortir et d'être temporairement conduits pour une durée non garantie dans trois foyers (deux à Paris et un à Nanterre). Les CRS repoussent les soutiens. 110 places négociées. D'où sort ce chiffre de 110 ? Il reste une cinquantaine de migrants ne sachant où aller. Quelques personnes proposent des hébergements. Les autres se dirigent vers les jardins d'Éole dans le XIXème. Où seront-ils demain ?

Who's Crazy 

On connait l'extrait de phrase attribuée à Michel Rocard (ex scout du PSU recyclé businessman du PS), reprise à bon compte par les perroquets politiques de droite et de gauche modernisée. On sait moins son intégralité énoncée lors de son passage à la télévision le 3 décembre 1989 : «Nous ne pouvons pas héberger toute la misère du monde. La France doit rester ce qu’elle est, une terre d’asile politique, nous sommes signataires de la convention de Genève […] mais pas plus. […] Il faut savoir qu’en 1988 nous avons refoulé à nos frontières 66 000 personnes. 66 000 personnes refoulées aux frontières ! A quoi s’ajoutent une dizaine de milliers d’expulsions depuis le territoire national. Et je m’attends à ce que pour l’année 1989 les chiffres soient un peu plus forts.». Il confirmera le 13 décembre à l'Assemblée Nationale : «Puisque, comme je l’ai dit, comme je le répète, même si comme vous je le regrette, notre pays ne peut accueillir et soulager toute la misère du monde, il nous faut prendre les moyens que cela implique.» Le 7 janvier 1990, il insiste : «J’ai beaucoup réfléchi avant d’assumer cette formule. Il m’a semblé que mon devoir était de l’assumer complètement. Aujourd’hui je le dis clairement. La France n’est plus, ne peut plus être, une terre d’immigration nouvelle. Je l’ai déjà dit et je le réaffirme, quelque généreux qu’on soit, nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde […] Le temps de l’accueil de main-d’œuvre étrangère relevant de solutions plus ou moins temporaires est donc désormais révolu.». Le Front National était alors bien en selle, déjà puant régulateur de la vie politicienne. Sa cavalerie n'a fait que grandir et avec elle les idées xénophobes hypocritement encouragées par les gouvernements successifs. Jusqu'où ?

Friends and Neighbors 

Et pourquoi ne devrait-on pas prendre notre part sérieuse et appliquée dans "l' accueil et le soulagement de toute la misère du monde" lorsqu'on y a tant contribué. Qui peut réellement éluder cette question ? Qui peut réellement éviter la réponse ? Qui peut jurer qu'il ne connaîtra jamais d'exil, de retirada ? Mardi 9, le rassemblement suivant l'évacuation brutale de la veille (Paris XVIIIème) est finalement "parti en manif" jusqu'à la Chapelle contre l'avis des plus "raisonnables". Quelqu'un a dit à la fin : "nous pouvons reprendre la rue".  L'art évolution ne se fait pas seulement derrière un écran, mais bien in situ.

Love Call,

Aux jardins d'Éole, s'est mise en place une remarquable entraide à laquelle nous pouvons tous participer, là comme en bien d'autres endroits que l'on saura trouver. Retrouver l'autre en nous, les nous-autres, participer à un cheminement vers les rives d'une fertilité véritable pour qu'aucun chant ne nous manque.

This Is Our Music

Les titres des paragraphes précédents ont été empruntés à ceux d'albums magnifiques du musicien Ornette Coleman. Ce même 11 juin, il nous a quittés et avec lui la marque d'impressionnantes trajectoires, d'une poésie de l'action, d'une caravane de rêves, d'une chronologie bouleversée. Il nous reste à jeter les bases de nouvelles illuminations.


Photos : B. Zon

    7.7.12

    LE VOLCAN, ORANGE, SONNY
    ET LA FIN DU TEMPS QUI BOUGE


    L'éruption de l'Eyjafjöll en mars 2010 avait selon les médias "paralysé le ciel". Ce qui ne voulait pas dire que le ciel ne vivait plus, que l'air n'y circulait plus, que les nuages mourraient, que les oiseaux avaient disparu, mais simplement que le panache de fumée surgissant du volcan islandais rendait la visibilité si incertaine au-dessus de l'Atlantique nord que les aéroplanes ne pouvaient y voler. D'une pointe bretonne, une jeune fille sans âge regardait le ciel enfin en paix sans contrails, les étoiles véritablement seules ; la furie de l'explosion volcanique contre celle des hommes, le temps arrêté.

    Vendredi 6 juillet 2012 en France, l'opérateur téléphonique Orange accusait une panne de seize heures. Seize heures de scènes de panique pour les usagers des téléphones portatifs : "excusez moi ? vous avez du réseau". Pour un peu, on se serait regardés ! Un peu de brume dans la vallée du vide, les avertissements sont plutôt tendres.

    Les usines nucléaires ont repris du service au Japon et on s'en fout. Ça ne vaut pas un bon petit tweet ! Le futur éventuel ne relève plus guère du présent dévoré par l'inconsistance, le renoncement, la trouille confortable et la privation d'intuition. Le mot "révolution numérique" est une grossièreté comme "révolution nationale". La révolution, c'est le mouvement des hommes vers la vie. Les outils ne peuvent dicter.

    La couverture du disque Sonny Rollins on Impulse (écouté ce jour par besoin physique, pour éloigner la mort) est une photo de profil du saxophoniste prise par Chuck Stewart. Cette image un peu floue avec le graphisme relativement simple qui l'accompagne en a fait rêvé plus d'un. Pourtant inutile d'essayer de l'imiter. Ce qui la porte, c'est le mouvement. Le mouvement calypso d' "Hold' Em Joe" bien sûr, mais bien davantage le mouvement qui déplace l'identique, qui bouscule l'artificiel, qui génère du nuage enfin, des causes fécondes et de l'action multipliée. Aujourd'hui Sonny Rollins joue toujours bien, mais il joue pour les riches. C'est dommage ! Trop de musique est jouée pour les riches.

    Dans le métro parisien, hier, une femme chante, elle tient un petit bout de carton expliquant sa situation de pauvreté avec son enfant. Sa voix, résonnance immédiate d'une douleur, d'une dignité, d'un amour, d'un appel, est bouleversante, de tout corps, spirituelle les pieds sur terre, comme celle de Sonny Rollins, il y a longtemps. Mais elle ne vaut que deux pièces, deux mercis et deux sourires. Le reste des passagers est trop occupé à tweeter, texter, lire des éditoriaux suffisants, se préoccuper de l'avenir de son nombril, s'encourager en pensant qu'un petit coup de pouce de quelques euros au SMIG est largement rassurant, que sous le SMIG, il n'y a rien. Pour ne pas voir les pauvres, autant les ignorer.

    À force de désamorcer les risques d'incompréhension, une génération n'a su transmettre à ses enfants que le mot socialisme ne signifiait plus que "cimetière des idées". Pour les laisser danser une nuit, une seule, avant de les mettre en un clic au piquet qui deviendra vite leur pilori. Il n'y aura plus alors d'avertissement des volcans ou de panne salutaire pour réfléchir. Il n'y aura plus rien.

    Photo : B. Zon

    5.7.12

    PUTAIN DE VAUCLUSE


    Communiqué plein de bon(s) sens adressé par la CGA 84 (Coordination des Groupes Anarchistes), la  CNT 84 (Confédération Nationale du Travail), la FA 84  (Fédération Anarchiste) et des Individuels à l'occasion de l'ouverture du Festival d'Avignon
    Putain de Vaucluse !!
    C'est vrai, au printemps les fraises y mûrissent, puis les tomates et les melons, bio ou pas...
    L'été les cigales chantent, les festivals fleurissent avec leur point d'orgue en juillet à Avignon, lorsque festivaliers et troupes de théâtre se ruent au grand Barnum qu'est cet hyper-marché mondial de la culture.

    En ces mois d'été, les acteurs du  tourisme local cueillent avec volupté et concupiscences les retombées commerciales des hordes de  « migrants » - pardon !, « de touristes », non mais ! faut pas confondre avec les sans papiers ! Ici, les étrangers sont les bienvenus, surtout ceux qui ont du pognon. Pas un chemin entre les vignes où les ceps préparent la véraison, qui ne signale un gîte, une table d'hôte, une ferme auberge et un domaine viticole. Durant ces chaudes journées d'été, entre une baignade dans une piscine privée, une sieste crapuleuse ou pas, un débat sur la culture et en nocturne une pièce de théâtre ou un moment de jazz  dans les vignes, ce morceau de territoire provençal affiche la face dorée de son "identité".
    Une identité qui dans la réalité est  moins reluisante, moins dorée, mais au contraire bien puante. Ici, pour qui veut y regarder, pas besoin de lunettes grossissantes, les contrastes sont à leur paroxysme. Un des départements le plus pauvre de l'hexagone. Un département où l'extrême pauvreté côtoie l'arrogante richesse des possédants autochtones ou non. Un département où l'agriculture, horticole, maraîchère, viticole, et ses dérivés sont les premiers employeurs, grands utilisateurs de main d'œuvre issue de l'immigration maghrébine en particulier. Après l'agriculture, le bâtiment et les services se partagent l'honneur d'exploiter une main d'œuvre précaire corvéable et exploitable à merci.
    Un département où ces singularités ont forgé depuis longtemps le lit (la lie ?) des idées les plus nauséabondes avec la complicité des politiques qui pour de minables desseins électoralistes n'ont pas hésité à  se boucher le nez afin de racoler les électeurs en exploitant sans vergogne les thèses de l'extrême droite. Aujourd'hui, plus de doute, sur un tel terreau la mauvaise semence a germé et les piteux résultats électoraux ne font que traduire "démocratiquement" ce que la banalisation au quotidien de la puanteur raciste et xénophobe ne pouvait que favoriser en lui donnant de surcroît une légitimité soit disant républicaine.
    Encouragé par les politicards du FN, Ligue du Sud, Droite Populaire, mais avec hélas, le silence bien souvent complice des autres partis, plutôt que reconnaître les véritables responsables il a été plus simple de désigner des boucs émissaires : main d’œuvre immigrée, sans papiers, récipiendaires des minima sociaux et autres « profiteurs » des miettes du système. Salops de pauvres !!
     Aujourd'hui, le Vaucluse, sous une image qui se veut respectable et BCBG peut se targuer d'être l'une des zones françaises les plus hostiles qui soit :  
    Un territoire ultra nucléarisé qui étale avec arrogance son agriculture et sa célèbre viticulture sous les retombées mortifères du triangle Marcoule, Tricastin , Cadarache .
    Des villes importantes – Orange et Bollène - gérées par l'extrême droite et où les premiers édiles estampillés ligue du Sud se revendiquant catholiques intégristes n'ont pas de scrupule à décréter un mois d'exposition (juin 2012) à la gloire de Jeanne d'Arc ! Où le célèbre et sinistre Beck premier adjoint à Bollène vient entre autre méfait, d'interdire le chant des partisans lors de la commémoration du 18 juin 2012 !
    Après l'élection au conseil général du frontiste Bassot sur le canton de Carpentras Nord et des époux Bompard (Ligue du Sud) sur les cantons de Bollène et Orange, c'est encore en Vaucluse, aux élections présidentielles, que le FN obtient son meilleur score (+ 27%). Puis cerise sur le gâteau c'est maintenant la petite fille de Le Pen qui vient d'être élue député, dans la 3ème circonscription du Vaucluse, alors que Jacques Bompard est lui élu dans la  4ème !!
    Les élus UMP de 2 des autres circonscriptions ayant très largement surfé sur la vague frontiste n'ont rien de très différents des précédents.
    Le premier souci de pratiquement tous les maires du département, n'est pas de rechercher des solutions pour améliorer le quotidien de leurs administrés, mais de les fliquer en multipliant les caméras de vidéo-surveillance, en demandant plus de policiers, de gendarmes. Le plus triste, est qu'un grand nombre d'habitants est demandeur de ces soit-disant protections.
    Pour être fidèles à la réalité, les panneaux indiquant l'entrée dans le Vaucluse devraient comporter la mention :
    Attention – Département de Vaucluse
    Vous pénétrez en zone contaminée par les rejets des centrales nucléaires, par les produits utilisés dans l'agriculture et par les idées de la plupart de ses habitants. 
    ASSEZ de ce spectacle sinistre. ASSEZ de la domination de l'argent roi. ASSEZ du capitalisme et de son avatar l'extrême droite  fascisante.
    Il est peut être temps de réagir, car c'est parce que nous laissons faire que tout cela est ainsi.
    Il est peut être venu le temps de réoccuper le terrain . De décider nous mêmes pour nos vies.
    Il est peut être venu le temps de reconstruire des solidarités . Des solidarités de classe, pour combattre classe contre classe.
    Il est peut être venu le temps de jeter les bases d'un autre futur, celui d'un monde sans État, ni patrons, ni prisons, ni frontières.
    Il est peur être venu le temps de construire ensemble, un monde sans classe, sans genre, sans argent, sans salariat !!

    10.5.12

    PASSE, PASSÉ, PASSANT
    (LOUISE MICHEL AU CARREFOUR)


    Nous ne faisons souvent que passer en omettant tant de détails. Vétilles secrètement battantes qui pourraient mettre à mal les jugements les plus arrogants, les plus saignants (d'une tour de seigneur d'où l'on ne voit strictement rien), et confirmer l'humanité la plus subtile.

    Ce matin, rue Lepic, un petit groupe de touristes est arrêté au coin d'une rue (sans plaque nominative), le guide profite d'une sorte de fresque miniature à l'effigie de Louise Michel collée sur le mur. C'est l'occasion pour ce guide pas ordinaire de faire un petit exposé sur la Commune de Paris et rappeler l'attitude des artistes et intellectuels en citant l'engagement de Gustave Courbet.

    Les artistes et intellectuels pendant la commune ? La différence entre "l'humaniste" Zola (qui décrit la Commune comme un  cauchemar et les communards comme des bêtes) et Courbet, entre le fourbe Flaubert et Aimé-Jules Dalou ? Une réflexion qui tombe à point nommé en ces temps où les poules prennent souvent l'eau.

    À écouter Tony Hymas : De l'Origine du Monde

    1.3.11

    À PROPOS D' HAÏTI


    Ne pas oublier Haïti en ces temps de révolutions, Haïti qui souffre, au moment des réunions parodiques du CIRH (Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti co-présidée par Bill Clinton et le premier ministre Jean-Max Bellerive en présence de la France) au moment où la firme américaine Price Waterhouse and Coopers est choisie pour la création d'un burau "anti-corruption". Nos amis de Haïti Action Commitee nous signalent cet article d'Yves Pierre Louis paru dans Haïti Liberté.

    28.2.11

    LA LUNE SE TERRE


    "La lune est pleine et on ne sait pas qui l'a mise dans cet état".
    Alphonse Allais

    Photo : B. Zon

    24.1.11

    NIGHT FOR TUNISIA



    Au premier concert de Sons d'Hiver, vendredi dernier, la part la plus puissante, la plus touchante ne revint pas aux deux ensembles de grande qualité se présentant ce soir-là (Uz Quintet et Stone Quartet), mais à Fabien Barontini qui, avant même de présenter cette bonne soirée, offrit un salut fort aux Tunisiens et à leurs capacités qui devraient être les nôtres.

    Des paroles très inspirantes, pleines d'amour, de désir et de non-résignation. On aurait pu ne venir au Kremlin-Bicêtre que pour entendre ces quelques mots, on en serait reparti avec une bonne respiration.

    La musique de ces mots-là était une musique forte, non domestiquée, comme on l'aime, comme elle est nécessaire. Une musique qui donne quelque chose à jouer.

    Merci Fabien

    "L'oppression d'un peuple ou même d'un simple individu est l'oppression de tous"
    Mikhaïl Bakounine



    19.9.10

    SÉANCE TENANTE




































































































































































    Photos Minneapolis/St Paul : B. Zon
    Photos Paris Z.Ulma
    Sculpture "Liberty's Natural Progression" par Brent L. Brager


    9.8.10

    EVIDENCE (SUITE)


    "Français ou voyou, il faut choisir" selon le ministre de l'industrie du gouvernement Napoléon 4. Nous dirons donc que le gouvernement de la France n'est pas français.


    Photo : B. Zon


    6.8.10

    17.6.10

    JOURNAL DU TREMBLEMENT DE TERRE EN HAÏTI
    "GARDEZ CE QUE VOUS AVEZ, MAIS LAISSEZ LE RESTE"
    PAR BARBARA RHINE




    Port au Prince, Haïti, 12 janvier 2010, 16h53. Nous dînions lorsque la terre a tremblé. En tant que Californiens, nous savons ce que signifie une pièce prise de tremblements avec les assiettes glissant sur la table et les cadres tombant du mur. Nous nous sommes précipités à l’extérieur. Le bâtiment a néanmoins tenu bon, contrairement à la plupart à proximité.

    Lorsque nous avons réalisé que nous étions sains et saufs, cela m’a pris un moment, un moment intense et profond à réaliser que j’étais dans une ville totalement sous équipée pour faire face à ce type de catastrophe. Port au Prince n’a ni système électrique municipale fiable, ni secours premiers, ni eau courante potable, ni code de construction et aucun plan d’urgence. Un instant, je me suis demandé si avec mes proches, nous survivrions.

    Notre hôte haïtien, Jean Kernizan, est parti avec mon mari et ma fille pour évaluer les pertes. Ils sont revenus, témoins des cris et des pleurs sortant des décombres et de centaines de gens effrayés envahissant les rues.

    Kernizan a laissé sa porte grande ouverte afin d’accueillir les blessés qui se précipitaient dans sa cour à la recherche de soins. J’étais effrayée d’être totalement submergée et impuissante devant cette multitude. Je n’avais pas plus que les éléments basiques dont dispose un simple voyageur dans un pays en voie de développement : serviettes désinfectantes, aspirine, antibiotiques, remèdes anti-coliques et antidouleurs. Distribuer ces maigres médicaments aux gens nécessiteux aurait été l’affaire de quelques minutes alors que nous ne savions pas combien de temps nous aurions à tenir là et ce dont nous aurions besoin.

    J’ai demandé à notre hôte ce qu’il comptait faire. Il m’a répondu qu’il était impossible de faire entrer tout le monde. J’étais en même temps rassurée par son bon sens sans panique et déchirée par ce que ça signifiait d’exclure tant de gens dans le besoin. Nous avons passé la nuit dans la cour à apporter les premiers secours avec ce que nous avions sous la main : eau oxygénée, gaze, savon antibactérien et des attelles confectionnées à partir de morceaux de bois assemblées avec des chemises déchirées. Nous avons donné deux de mes Vicodins à des adultes souffrants ; j’ai gardé les autres. Tous étaient couverts de sang et nous n’avions pas de gants de caoutchouc. Les serviettes désinfectantes étaient d’usage rigoureux à intervalles réguliers. Kernizan s’est assuré que les gens soient nourris en gardant un minimum d’eau potable et de nourriture pour nous autres.

    Les habitants auraient pu s’emparer de nos effets et prendre la direction des opérations, mais il n’y eut pas le moindre mouvement de la sorte. Les remerciements chaleureux fusaient au milieu du chagrin et du désespoir. Personne ne s’est aventuré dans la propriété de notre ami sans le solliciter. Ensuite il a demandé aux gens de quitter la cour car il nous fallait partir aussi. Ce qu’ils ont fait dans le silence avec dignité sans la moindre idée de ce que pourrait être leur futur. La dernière famille quittait les lieux emmenant un proche blessé sur une civière faite d’une porte.

    Le lendemain, à la mi-journée, nous nous sommes rendus à l’évidence que l’aide extérieure n’arriverait pas de sitôt. Nous entassant dans un véhicule, nous avons pris la direction de l’Ambassade américaine. En chemin, un énorme embouteillage près d’une station service dévastée. Les civils, tous des hommes, hurlaient en essayant centimètre par centimètre de faire avancer les automobiles. Ces Haïtiens y sont parvenus sans le moindre dommage pour les voitures et les camions. Nous sommes arrivés à l’Ambassade américaine où s’était improvisée une clinique d’occasion.

    Finalement, j’ai abandonné mes maigres réserves de remèdes au magasin commun. Dans la nuit, les militaires nous évacuaient.

    J’avais gardé jusque là l’ultra nécessaire à la propre sûreté de ma famille. C’est sans doute ce que nous humains faisons. Et si j’avais pris le peu que les Haïtiens possédaient ? Et si j’avais pillé leurs maigres réserves de charbon de bois ou de mangues aperçues sur la route de l’aéroport ? Nous tomberions tous d’accord pour trouver ça méprisable.

    Pourtant c’est bien ce que les Etats Unis d’Amérique, les Français et la complicité de l’élite haïtienne ont infligé aux habitants d’une île si proche de nos côtes. Nous avons tout d’abord bénéficié de leur travail d’esclave, essentiel pour le commerce triangulaire du sucre, des produits fabriqués à pas cher et du marché des esclaves même. Ensuite nous avons aidé les Français à faire respecter les « réparations » réprimant les rebellions d’esclaves ayant connu le succès que l’on sait. Réparations ? Est-ce que cela ne devrait pas signifier l’attribution sérieuse d’une compensation à la population noire premièrement réduite en esclavage ? Et bien non ! À grands coups de menaces de reconquête et d’embargo économique, les Français ont contraint les esclaves enfin libres a payer la valeur estimée de ce que leurs anciens propriétaires avaient perdu – leurs propres corps d’esclaves. 150 millions de francs or, avec comme agent collecteur pendant des décennies, l’Oncle Sam puisque la doctrine Monroe empêchait dès 1823, la colonisation européenne dans cette partie de l’hémisphère. S’y ajoutent les 21 milliards de dollars actuels avec 5% d’intérêts. Cet argent devrait être remboursé !

    Les politiques néo-libérales américaines ont ruiné l’agriculture haïtienne au nom du libre-échange, obligeant par exemple Haïti à augmenter ses tarifs au nom d’une protection de ses cultivateurs. Conséquence directe : le riz des USA largement subventionné a inondé leur marché. D’où une importante migration des paysans à Port au Prince vivant dans des taudis largement exposés lors du séisme.

    Aujourd’hui, nous volons toujours le travail des Haïtiens. Notre salaire minimal fédéral est de 7,25 dollars lorsque celui d’Haïti est d’à peine 3 dollars par jour. Mais devinez qui est exempté de payer ce salaire minimum ? Les compagnies américaines exploitant largement le personnel local dans des ateliers insalubres situés dans des zones d’export sans régulation.

    Finalement, nous avons confisqué à Haïti toute démocratie, en favorisant deux coups d’état contre Jean Bertrand Aristide, premier président librement élu de l’histoire de l’île. Aristide est aujourd’hui sans passeport. Interdit de séjour dans son propre pays, éducateur et psychologue aimé de beaucoup, il aurait pu œuvrer à la reconstruction du pays. Il y a quelque chose qui ne va pas ici. Personne ne nous demande de renoncer à notre cachette de médicaments, notre eau potable et notre nourriture et le distribuer aux plus pauvres. Okay, nous voulons ce qui est nôtre avec ce besoin d’être en sûreté en cas de désastre, mais ça ne signifie en rien qu’il soit normal d’emporter ce qui appartient aux haïtiens, leur nourriture, leur argent et même leur gouvernement. Comment oser encore les priver et les détrousser du si peu qu’il leur reste, sans même parler du tremblement de terre.

    Cette débâcle, ce pillage constant des plus pauvres en Haïti pour ajouter toujours plus à notre énorme richesse ne devraient pas constituer les valeurs américaines modernes. Nous devons à Haïti, la reconstruction d’une ville habitable, effectuée par des ouvriers du pays payés décemment. Autrement, nous mêlons l’injustice de la nature à la nôtre. Jamais, nous ne traiterions les gens de la sorte si nous comprenions qu’ils étaient nos semblables. Il nous faut développer cette notion de « famille humaine » en incluant ceux qui nous semblent différents, mais qui méritent largement d’avoir ce qui est à eux : leur propre pays et le fruit de leur travail.

    Barabara Rhine est avocate à Oakland (Californie) et professeur de droit. Pour eux qui souhaitent apporter leur aide, elle recommande le Haiti Emergency Relief Fund ( www.HaitiAction.net ), une association créée par son mari, Walter Riley en 2004.

    Cet article de notre amie Barbara a été publié en langue originale dans l’édition du 4 février 2010 du magazine Counterpunch.
    Traduction : JR

    5.6.10

    0 CÃO PRETO



    Les tee-shirts des batteurs de la Batucada do Norte (parmi lesquels on reconnait les frères O'Keefe, Pat le clarinettiste de l'ensemble Zeitgeist et Tim le percussionniste familier des habitués de la Mayday parade, aussi entendu comme invité de Fantastic Merlins lors des fameux Fantastic friday music series) affichent une carte verte (green card) du Minnesota avec le globe brésilien. La véritable géographie a les frontières non étanches de l'étrange pas étranger pour un sou et se joue des dessins des hommes sang-d'où-ich. Les tambours fertiles rejoignent le crépitement de la pluie pendant que les amis du chien noir se régalent avec l'agua da piña offerte par la maison. Plongée sans âge et pleine de corps, la danse ne s'adresse pas aux prudents, mais aux vivants. Un enfant s'agite dans le temps, du côté de la vie, forcément !


    Mayday Parade en mai

    Images : B. Zon


    22.10.07

    SIMPLE ENDROIT



    "Se retrouver dans un état d'extrême secousse, éclaircie d'irréalité, avec dans un coin de soi-même des morceaux du monde réel"

    Antonin Artaud in "Le Pèse Nerf"

    13.6.07

    NOËL DANS L'ÉTABLE, PÂQUES AU TÉLÉPHONE PORTABLE





    Les téléphones portatifs ont à ce point envahi l'espace de nos relations que l'on en oublie comme pour tous les objets vite considérés comme prothèses naturelles, l'inventeur. Oui, il y a bien quelqu'un qui a inventé cet agaçant appareil qui détourne les conversations et entraîne plus de dépendance que le LSD et le crack réunis. Et cet inventeur ne s'appelle pas Michel ou Raymond Portable.Son identité a été découverte récemment par une institutrice effectuant des recherches au Pays Basque et visitant la petite église d'Arcangues (ou Arrangoitze en langue locale), village magnifique qui vaut mieux que le souvenir de Luis Mariano. Là, comme dans les églises de France, on trouve près de la chaire un espace de cierges en vente libre, lumières d’accompagnement de prières plus ou moins inventives (type « Seigneur faites que mon fils arrête de s’occuper des filles », « Seigneur guérissez moi de mon allergie au cresson » etc).). Le principe est simple : vous mettez un euro dans l'urne, vous saisissez le cierge dont le paiement est ainsi acquité et le faites brûler en faisant une petite prière, et si vous n'avez pas d'idée, on vous aide par des petits billets à votre disposition avec des prières toutes faites. C’est donc sur un de ces prêt-à-prier que notre institutrice archéologue a pu lire (sans payer) ce petit poulet révélant l’identité de notre Géo Trouvetou. Il s’intitule « Téléphone Mobile » :

    "Ils nous agacent bien un peu, ces téléphonistes de la rue, dans le monde et pourtant hors du monde, l'oreille collée au portable, parlant, riant, pleurant et gesticulant, Ailleurs, tellement ailleurs...

    Merveilleux outil pourtant qui permet de dire "Je t'aime", "J'arrive", "Ne sois pas inquiet", "Pardon"...

    Pourtant, Seigneur, n'est-ce pas Toi qui as inventé le "portable" ? Toi qui as offert un téléphone mobile à chacun des baptisés, qui t'es connecté à eux par les antennes de la prière ? Toi qui recharges leurs batteries, par la grâce des sacrements ? Toi qu'on peut appeler n'importe quand et de n'importe où, pour dire "Je t'aime", "Conseille moi", "Aide moi", "Que ton nom sois sanctifié", "Que ta volonté soit faite" ? Toi qui nous appelles, pour peu qu'on ait gardé la veille, et qui nous signales le pauvre qu'on ne voit pas, le cri qu'on entend pas, le mal qu'on ne veut pas voir ? Seigneur, si je pouvais sentir ta présence aussi chaude et réelle, que celle qui me parle à des milliers de kilomètres. Si je savais t'appeler et t'écouter aussi simplement que je passe un coup de fil !

    Si à mon réveil, j'avais la simplicité de lever les yeux au ciel pour te dire "Allô, Seigneur, la journée sera belle, Tu peux m'appeler quand Tu veux !"

    Si au milieu de la journée, je savais décrocher, pour répondre, comme le font les autres, à un appel que j'attends, et m'évader un instant, ailleurs tellement ailleurs, pour parler, rire et prier avant de retourner à ce monde. C'est vrai que je t'entendrais tellement mieux, si j'éliminais tous les parasites de mon incrédulité. Il suffirait que je te dise :

    "Seigneur, j'ai tout mon temps : Parle, ton serviteur t'écoute..."

    Jean Gauci"


    Bon Dieu mais c'est bien sûr. L'inventeur du téléphone portable est donc le même que celui de cet ordinateur, du fusil mitrailleur, de Roselyne Bachelot et du camembert trop fait. Le téléphone portable offert aux baptisés, une offre d'enfer et un scoop qui ne sont en rien de l'humour basque puisque le signataire du forfait (combien d'unités ?) n'est pas d'Euskadi (après recherche, ce Gauci est un penseur chrétien moderne et français - on ne rit pas !). Il fut un temps où pour se rendre intéressant et percer les voix impénétrables du seigneur, il fallait lire la bible, désormais, un simple coup de fil suffit. Alors bande de parasites incrédules, lorsque vous rencontrez ces bavards qui parlent tous seuls, signez-vous, nom de Dieu !

    Garrigou

    Les majuscules sont dans le texte original