Enfants d'Espagne

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3.3.23

ZAD SONG

Eh bien voilà que le terme zad est utilisé par la gent politique comme insulte. Bien évidemment aucun de ces paltoquets n'a idée du sens réel de ce néologisme corrompant leur "zone d'aménagement différé" en une commune "zone à défendre". On soulignera simplement que la mise en pratique de la zad a su mettre en échec un désastre écologique, ce que le personnel politique est bien incapable de réaliser.

À voir le film de Keru (musique Ursus Minor et Desdamona) 

21.4.18

DENDROCHRONOLOGIE

Quel moment extraordinaire que celui où, dimanche dernier, jaillit de la forêt de Rohanne de Notre-Dame-des-Landes au nez et à la barbe de bien sinistres gendarmes, cette charpente merveilleuse entraînant une liesse débordante ! Charpente indestructible (leurs blindés sont leurs leurres) et toit à jamais pour nos consciences alors vivifiées.

Photo : B. Zon 





18.4.18

HULOT CONTRE ELISÉE

"Ne confondons pas écologie et anarchie" a dit l'inculte ministre Nicolas Hulot aux habitants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Le benêt n'a visiblement pas lu Elisée Reclus, géographe anarchiste ayant consacré une partie importante de son œuvre à l'écologie et ce au 19e siècle. Par contre la confusion entre capitalisme et écologie n'a pas échappé à notre ministre millionnaire qui s'y vautre allègrement.




11.4.18

KLEIN CONTRE KLEIN

On ne sera trop conseiller à la bouchère de la préfecture de Loire Atlantique, Nicole Klein, de réfléchir à ce commentaire de Naomi Klein (auteure de "La Stratégie du choc") reporté sur une pancarte hier soir à Paris Saint-Michel. La situation à Notre-Dame-des-Landes est observée de très loin très près.




10.4.18

LE GÉNIE DU BOCAGE

Alors que se déroule une opération militaire d'une cauchemardesque violence dans la campagne de Notre-Dame-des-Landes, nous revient à l'esprit un titre d'un album du très singulier F'murr qui nous a quitté aujourd'hui : Barre toi de mon herbe.



11.2.18

DE LA ZAD DE NOTRE-DAME-DES-LANDES LE 10 FÉVRIER

Samedi 10 février, de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, l'espace accentué d'un regard, d'un cri, d'un chant, d'un rire, tout, tous et toutes se sont rapprochés en un passage particulièrement éclairant pour ce qui n'est peut-être pas si loin si nous le souhaitons.

Photo : B. Zon

18.1.18

DE NOTRE-DAME-DES-LANDES
LES AVIONS NE DÉCOLLERONT PAS



Nous n'aurons nul besoin de romancer, de romanteaser, d'idéaliser, Camille est un beau prénom pour les gars comme pour les filles.

En 2012, dans la forêt de Rohanne, alors que pelleteuses, bulldozers et tronçonneuses tentaient sous haute protection de s'attaquer aux arbres pour déblayer le terrain, face aux gendarmes une foule de toute sorte chantait et dansait entre deux tirs de grenades lacrymogènes : "et dans quatre ans les avions ne décolleront pas, et dans cinq ans les avions ne décolleront pas...". Et bien voilà, le projet de construction d'un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ébauché en 1963 - l'année de la mise en place du téléphone rouge, de la Marche sur Washington, de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, de la critique de l'URSS par Mao Tse Toung, de l'élection de Ahmed Ben Bella en Algérie, de l'intensification de la guerre du Vietnam, du procès Auschwitz, du jaillissement de l’île de Surtsey et de la mort de Tristan Tzara - est définitivement enterré. Selon donc la très saine et volontaire prédiction : "de Notre-Dame-des-Landes les avions ne décolleront pas".

Les agents de piste du pouvoir en auront essayé des choses! Des opérations César, des occupations policières, des coups tordus, des fake news, des intimidations, des emprisonnements, de la pédagogie d'opérette, des trahisons, des mises en scène du bonheur macabre étalonné, celui du "quand le bâtiment va, tout va" etc. jusqu'à un référendum, une de ces consultations électorales de bon spectacle telles qu'ils en fixent eux-mêmes les règles, rendues caduques de leur propre point de vue. À un certain moment, maintenant, à court, ils n'en puirent plus devant tant de résistance, devant tant de diversité de résistance, d'intelligence, de cette chavirante fécondité de l'esprit, de cette insistance de vie. 

En face, une grande conscience active et résonante, des gens si divers, de là et d'ailleurs, qui avaient compris de suite que lors du réveil, la meilleure source d'inspiration surgit brusquement du réel et de ses anamorphoses. Parfois à la peine, l'unité ne saurait être une valeur falsifiée. Quelque chose d'autre s'est trouvé, quelque chose de multiple, redoutable et joyeux. Et l'on vit la constitution d'un nous que l'on croyait parti sans laisser d'adresse.

Un philtre enchanteur a libéré le mot Zad de ses significations insensibles et renfermées (celles de ses cousins Zup ou autres Dpu) pour qu'il devienne un terme affranchisseur bouleversant les limites imposées. Dans les rythmes heurtés de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, même pour les visiteurs occasionnels, il est arrivé de réapprendre à être vivant.

La fin du sinistre projet n'est qu'un début, un premier couplet réussi d'un renversant chant perspicace qui délie l'inaccessible. Saisissons ces critères, si pratiquement poétiques, aux objets les plus variés. Retrouvons-nous bientôt.

Longue vie à la Zad !

Et merci ...

pensées pour Rémi Fraisse


 Zad Song

Photo : B. Zon (Belleville le 17 janvier 2018 après l'annonce)

9.7.17

SIMPLE RAPPEL

On ne dira jamais assez ce que la lutte contre l'Aéroport de Notre-Dame-des-Landes (et son monde) a ouvert et réouvert d'inspiration, de vie, de relations, de complexité non feinte, de simplicité embrassée, de conscience des esprits et des corps.


Rappel pratique : Cette réalité ne doit jamais nous échapper.


 à lire sur le Glob : 
Notre-Dame-Des-Landes: Nécessaire à musiques







16.4.17

EAST SIDE FREEDOM LIBRARY

Hier soir à l'Est Side Freedom Library (St Paul Minnesota), Davu Seru avait réuni quelques camarades pour un concert, peinture, discussion.  Le trio Nathan Hanson, Chris Bates et Davu Seru en route à partir des traces du meilleur de la création libératrice, de ses traditions bouleversées et ses perspectives de reviviscence, pendant que Stéphane Cattaneo impressionnait ses traits. Desdamona fut de la fête pour deux impromptus approfondis. Ensuite, comme une suite naturelle au concert, tout le monde discuta à partir des expériences de la Zad de Notre-Dame-des-Landes et de Standing Rock, sur les moyens de résistance, d'organisation d'une autre vie, des perspectives créatives d'un autre futur.

13.11.16

SUPERTRUMP : CRIME OF THE CENTURY ?


Chaque événement surgissant, dramatique, violent, grâce aux médias nouveaux, aux réseaux sociaux superquick, génère désormais automatiquement son cortège de lamentations avisées, de petits tags malins, de points de vue obligatoires, de citations assorties, de frissons ressemblants, d'intimités divulguées, d'informations relatives, d'anachronismes experts, de réponsachôs, de johansfarismes. C’est sincère et ça fait du bien… quelques heures. Ainsi on se lamente ensemble un bon coup, on se réchauffe dans la froideur numérique, et puis, l'émotion dissipée, on retourne à ses occupations, à sa pornographie ordinaire, à ses indolores (à vérifier) captivités, ses carcans hypocrites. L'élection américaine du 7 novembre n'échappe pas à la règle. On a vu ressortir des placards à la vitesse grand V les amusantes déclinaisons de la statue d'Auguste Bartholdi (mise en œuvre en 1871 juste après la sanglante répression de la Commune de Paris) qui s'étaient déjà pointées lors de l'intenable expérience Bush - la statue pleure, se dénude, se fait tripoter par un crétin (the crétin), s'effondre etc. et à l'avenant tout l'attirail de désolation suggérée, de bonne conscience tranquille (c'est la faute de l'autre), d'anti-américanisme facile, de tri compassionnel ("nos amis américains"), d'invective de deuil temporaire. Ça soulage un peu, peut-être, comme à la télé (ce sont des histoires d'écrans). Comme à la télé aussi, on cherche l'originalité dans la consternation, on tire d'abord, on réfléchira plus tard (une astuce de flic).

À ce jeu, les vedettes de la pire télévision sont maîtres. Les longueurs d'avance ne se comptent plus. Le président à venir par exemple : Frankenstein qui a effrayé ses inventeurs, élu d'abord à la faveur de tant de lâchetés, d'abandons, de mépris, d'arrogances, de racismes ordinaires, d'imbécilité politique, de gavage médiatique, de créativités détruites.

Le 7 novembre, certes le choc fut grand. Mais pour insoutenable que soit l'inédit événement, la surprise ne peut réellement en être une. Ce choc n'est-il pas d'abord celui des petits progressismes bourgeois dérangés dans leur sieste (salut René !), celui de nos inconséquences complices lorsque tout concourt à cet alarmant résultat. Et l'alarme n'a-t-elle pas sonné depuis longtemps ?

Les traces abondent. Des "progressistes" engoncés dans leur progrès ont brocardé la lutte des classes, méprisé (avec condescendance "humaniste") les ouvriers, les petits paysans, les pauvres (qui ne figurent plus nulle part dans les agendas politiques), les étrangers (du sud), dévitalisé l'intensité intellectuelle, encouragé les monstruosités des chantiers délirants et ravageurs aux emplois fictifs, adopté des postures adultes de "il faut être réaliste", stigmatisé le réveil de la jeunesse pour son énergique clairvoyance poétique et ses combats contre un futur imposé, seules chances du monde, seules lueurs de révélations de moments de vie encore possibles.

Mais après un tel désastre, voilà encore ces démocrates à l'œuvre inventant les boucs émissaires, reprenant leurs petites combines pour le coup d’après. Surtout pas eux les bien votants ! Le lit de Donald Trump, parfait produit du système, a pourtant été fait puis bordé par ces opposants-là dans leurs beaux draps démocratiques, déplorant sans agir les restrictions du langage, participant ainsi à sa casse.

Monsanto et Bayer se sont mariés avant l'élection. Les responsables de la dite crise bancaire et financière de 2007-2008 n'ont jamais été poursuivis. La guerre fait rage. La folie religieuse aussi. Les riches s'esclaffent. Les politiciens calculent. Au rapport ! Au rapport ! Des milliers de gens cherchent un endroit pour vivre. La Méditerranée comme cimetière de tant d'espoirs. Les morts de Pavlos Fyssas, Michael Brown, Rémi Fraisse, Philando Castile, Adama Traoré ne sont pas des incidents d'occasion.

La souffrance n'est pas une coquetterie.

Le premier ministre de la République Française a affirmé après l'élection du nouveau président des Etats-Unis d'Amérique que sa victoire à la présidentielle américaine marquait "le besoin de frontières et de réguler l'immigration" mais aussi de "mieux protéger les classes moyennes et partager les richesses". Une fois que l'on a mis tous les gêneurs dehors, il est plus simple de partager, pas vrai ! Protéger les classes "utiles" contre les classes "croupissantes". Qui peut encore parler de "besoin de frontières" quand l'avenir du monde se joue dans une meilleure perception locale pour un voisinage universel ?

Regardons la façon ignominieuse dont sont traités les résistants au Dakota Access Pipeline dans la réserve lakota de Standing Rock ? La façon ignominieuse dont sont souvent traités les opposants à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ? La façon ignominieuse dont a été traitée la montée d'une sorte de rage salutaire contre la loi travail et tout ce qu'elle représente. Pour ne citer que trois exemples récents, trois exemples de luttes extralucides, créatives, ouvertes, de luttes contre le suicide même, trois exemples de créativité ouvertes sur les considérations du passé et du futur, de recherche de vie commune, de confrontation aux complexes réalités de vie, de relations, dans une société qui ne sait plus rien offrir d'autre que des succès illusoires, des promesses d'emploi (en appuyant sur le p dans le discours) ou au pire et par élimination, le refuge suicidaire dans de terrifiantes valeurs religieuses. Dans les urnes américaines, il n'y avait pas de bulletin contre la mort, il n'y en aura pas en France au printemps prochain.

Alors même si le lit de Supertrump est, pour reprendre l'analyse de certains optimistes, le signal du déclin annoncé du capitalisme, endiguons tous les renoncements rapides et de bonne conduite citoyenne supposée (les prochaines présidentielles françaises en sont un insensé symbole) qui laisseraient champ libre à la souffrance. Il importe d'en enlever les draps, les couettes et les housses de couettes, d'en déménager tous les meubles, de démolir les murs de la chambre et toutes ses imitations à venir. En finir avec le crime du siècle naissant. Reprenons nos rêves fraternels en des lumières plus directes, en constants échanges quand bien même vulnérables (de Ricardo Mella : "La liberté comme base, l'égalité comme moyen, la fraternité comme but"), des attitudes sensibles contre les multiples ruinants. Les fragments parviendront à s'organiser si nous le voulons au-delà de LEUR ligne, la dernière ligne.



Photo : B. Zon

26.10.16

TONY HYMAS SEUL PUIS URSUS MINOR AVEC DESDAMONA À TREIGNAC ET À TULLE
par Thierry Mazaud

Inéradicables 
Par Thierry Mazaud 

Acoquinées aux ronds-de-cuir plus ou moins zélotes qui « powerpointent » leurs sottes pensées, les élites européennes ont proclamé un oukaze sanglant à l’encontre des ratons-laveurs. Les jugeant invasifs, ils veulent leur faire la peau (enfin, ils délèguent cette tâche mortifère à d’autres éradicateurs, mieux armés). C’est pourtant mignon un raton-laveur. Certains font des conneries ici ou là mais c’est mignon. Se faire ainsi épingler par ces gens-là au motif d’être un trublion à la biodiversité relève de la pure cocasserie. S’il n’y avait pas les deux yeux ronds et froids d’un canon de fusil au bout de la logique, il serait même enorgueillissant d’être décrété persona non grata par ces pignoufs, même pas laveurs !

Ce cynisme-là, il en est souvent question dans l’album d’Ursus Minor What Matters Now, disque qui se confronte également à toutes les autres tares d’un monde affolé par ses propres dérèglements. Mais Ursus Minor sait aussi être l’éclaireur de beautés pas (encore) si enfouies que cela. Elles affleurent à la surface des choses et les pattes d’ours grattent avec bonheur le terreau couvrant ces promesses de bonheur. Joie et colère, donc, ainsi qu’il est souligné dans un sample liminaire de l’album. De la joie, il y en a eu au Café du Commerce de Treignac, le vendredi 22 octobre. Le groupe y fêtait la sortie de l’album (double) en compagnie de celles et ceux qui les ont accompagnés (de près ou de loin) au cours d’une résidence et d’un enregistrement aoûtiens épiques et riches en émois humains. Eté 2015. L’immersion avait été totale, l’espace vital partagé avec la sérénité bourrue que savent encore entretenir, parfois, certaines communes à l’esprit tribal.

Les retrouvailles des musiciens avec les Treignacois se sont déroulées sur fond de sangria blanche et de hachis parmentier d’automne au potimarron (merci Flavien et Didier), de ratons-laveurs (l’un en chocolat, réalisé par les apprentis chocolatiers de Tulle ; l’autre en portrait très IIIe République – en plus mignon, toisant l’auditoire au-dessus de Stokley Williams), de dédicaces personnalisées et, of course, de musique brûlante comme l’amitié. Deux petits sets servis dans l’urgence du plaisir à donner et qui ont fait triper très haut les danseurs de l’automne (cf. hachis).

Le lendemain, Tony Hymas, Stokley Williams, François Corneloup, Grego Simmons et Desdamona étaient attendus à la salle Des lendemains qui chantent, à Tulle, pour un concert où joie et colère se sont admirablement imbriqués. La joie de jouer, de chanter, de danser, de clamer… . La colère toute entière exultée dans le chorus de Grego Simmons sur "Notre-Dame-des-Oiseaux-de-Fer", un terrible moment où Haroun Tazieff, Jimi Hendrix et Benjamin Franklin étaient conviés au même festin électrique. Desdamona a endossé avec autorité son rôle d’invitée de marque et a fait une démonstration de son flow implacable et de son placement parfait. Le public risquait tout sauf les escarres.


Quinze jours plus tôt, à quelques dizaines de mètres de là, Tony Hymas retrouvait son piano favori pour un récital autour de l’œuvre de Léo Ferré. Il fit ce soir-là une place de choix à l’esprit aventureux, aux escarpements harmoniques et aux espiègleries imposées par sa jeunesse.
Ses mille doigts (comment peut-il en avoir moins ?) ont émietté des confettis de toutes les couleurs (il y en avait des noirs) dans les cieux corréziens.

Un demi-mois où joie, colère et liberté ont résonné de Treignac à Tulle. Mots simples, principes têtus. Cela ne s’éradique pas. Jamais.

Photos : B. Zon 


Ursus Minor : What matters now
Tony Hymas : Tony Hymas joue Léo Ferré

22.9.16

ÊTRES DE VIE

Photos : Overpass Light Brigade, X, François Mori, Jonathan Brashear
Standing Rock, Notre-Dame-des-Landes, Paris, Charlotte, 
peuplés d'êtres de vie se levant contre la mort, brutale ou distillée.

20.6.16

NOTRE-DAME-DES-LANDES :
NÉCESSAIRE À MUSIQUES


 Tony Hymas, Desdamona et François Corneloup en août 2013 à Notre-Dame-des-Landes

À l'heure du référendum où l'État continue ses piteuses acrobaties aériennes et autres tricheries en s'accrochant à un projet mortifère, reviennent des sons d'une lutte exemplaire contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. En bref : retour (très loin de l'exhaustivité et seulement vu de notre lucarne) sur quelques moments de musiques, langages d'une débrouillarde, attractive et précieuse façon d'envisager le monde, de le sauver peut-être. 

La musique a toujours été sur la Zad et pas seulement sur la Zad, une partie du langage joyeux et créatif dans la lutte, puissante et enracinée, contre la construction du nuisible aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ce qui frappe dans cette vivante contestation, c’est sa place prépondérante qui non seulement l’accompagne, mais la raconte aussi. Comme le résume le chanteur Sylvain Giro : « Un lien fort avec les musiques traditionnelles locales, le chant à répondre en français, le chant dans la ronde. Sur chaque manifestation, chaque rassemblement, ça danse la ridée, le pilé menu... Et sans forcément de meneur ou de choses très préparées. On retrouve le lien d'une culture populaire forte, inscrite dans la vie des gens ». Que ce soit lors d’une fête de soutien, d’une manifestation ou lors d’échauffourées avec les gendarmes, il y a toujours quelqu’un qui chante, qui joue de l’accordéon, du violon, du saxophone, de la cornemuse, des tambours… Au plus fort des affrontements en novembre 2012, les gens dansaient la ridée en chantant, il y avait aussi des batucadas qui persistaient à jouer au milieu des arbres dans les nuages de gaz lacrymogènes et dans l’écho des tirs de grenades assourdissantes dans la forêt, ce qui semblait perturber les pandores plus que les cailloux. Extraordinaire ! Le rythme de la vie, un moment libre (1).

Dans cette époque où la musique est réduite le plus souvent à un simple accompagnement de consommation, ce qui touche aussi à Notre-Dame-des-Landes, c’est d’y retrouver de plein vent ce qui nous a toujours saisis dans la musique (que ce soit dans les chansons de la Commune, chez Belà Bartok, Jo Jones, Woody Guthrie, Robert Johnson, Billie Holiday, Jimi Hendrix, John Coltrane, Aretha Franklin ou Evan Parker), de retrouver là ce sentiment de sa place centrale dans le récit, de la sentir dans l’histoire et pour l’histoire. Une fin d’après-midi sur la Zad, une jeune fille assise sur le toit d’une cabane jouait au saxophone alto « Jackie Ing » de Thelonius Monk. L’entendre ouvrait la petite porte d'une réconciliation intérieure.

Depuis le premier Camp Action Climat en 2009, il y a eu de nombreux rassemblements avec force musiques. Exemples marquants, mais pas uniques dans ce foisonnement inventif, en janvier 2013 l’incroyable Festizad dans une boue généreuse avec une quarantaine de groupes de ska, reggae, funk, punk, jazz manouche, électro ou hip hop comme Keny Arkana, ou les grands rassemblements estivaux de 2013, 2014 et 2015 où l’on a pu écouter Hamon Martin Quintet, Sylvain Giro, Timothée le Net quintet, la Compagnie Lubat, Fantazio, Les Trompettes du Mozambique, Startijenn, Gnawa Diffusion, Les Ramoneurs de Menhir, Ursus Minor avec Desdamona, Ewen Delahaye Favennec, Tryo, Tony Hymas, Jacky Molard Quartet, Lo'Jo, Sanseverino, Lo Cor de la Plana, Parabellum, Pigalle, Orchestre tout puissant Marcel Duchamp, André Minvielle, Bred Irie, Les Têtes raides, François Corneloup et le Peuple Étincelle pour n’en citer que quelques-uns. Il est aussi moult visites surprises comme celle d’Emily Loizeau chantant dans la grange de La vache rit en décembre 2012 après avoir envoyé sa carte d’électrice déchirée à François Hollande.

La lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes a la particularité effective de rassembler des gens en apparence très différents : paysans, militants d’organisations diverses, zadistes (qui représentent eux et elles-mêmes de multiples entités)… Il en va de même pour ses musiques. De l’entrain illimité de Dominique Loquais, empreint du temps du Larzac, à la rage toute bretonne des Ramoneurs de menhirs, nombreux sont celles et ceux qui ont inclus Notre-Dame-des-Landes dans leur répertoire : Bred’ Irie, Ewen-Delahaye Favennec, Beat Bouet Trio, Rozenn Talec, La parisienne libérée, Ursus Minor avec Desdamona ("Zad Song")… Et puis aussi tout simplement, la musique constante des habitants ou encore celle des oiseaux, du vent ou de la pluie.

Il y a bien sûr la chanson « Notre-dame-des-oiseaux de fer » du Hamon Martin quintet (paroles de Sylvain Giro) créée en 2009 (2). Sylvain Giro : "En 2008, le Hamon Martin Quintet m'a demandé l'écriture d'un texte de chanson évoquant le combat contre l'aéroport Notre-Dame-des-Landes. Nous sommes donc quatre ans avant les événements de l'automne 2012. Le Hamon-Martin Quintet était engagé déjà depuis un moment dans la lutte jouant régulièrement dans des fest-noz ayant pour but de récolter de l'argent pour l'ACIPA. Pour ma part, j'y étais aussi fortement opposé depuis longtemps. J'habite à 2km du début de la ZAD depuis 2003. Ils ont pris le texte tel que je l'avais écrit. Et nous l'avons même chanté pour la première fois à un rassemblement estival anti-aéroport au lieu-dit la Rolandière en août 2009. À l'époque, la musique n'était même pas terminée. Ensuite le Hamon-Martin Quintet l'a enregistrée sur son album Du silence et du temps sorti chez Coop Breizh en 2010. La chanson a tout de suite rencontré un bel écho. Mais elle a vraiment commencé à prendre son envol au moment des événements de l'automne 2012. Depuis elle circule partout, sans qu'aucun média national ne la relaye. C'est ce qui est beau. J'ai écrit ce texte pour qu'il soit chanté par Mathieu Hamon, chanteur du Hamon Martin Quintet et lui-même paysan au Dresny, commune de Plessé, Loire-Atlantique. C'est pourquoi il y a la phrase "on veut cultiver nos terres". N'étant pas paysan moi-même, je ne l'aurais pas écrite de la même façon si je me l'étais destinée... J'ai orienté à dessein le texte vers le thème de la nature, de la biodiversité et des paysans vivant sur ces terres depuis des décennies. Ce n'est donc pas un texte qui a vocation à embrasser toutes les questions soulevées par ce projet (la démocratie, la proximité entre les lobbys du BTP et des spéculateurs fonciers et les décideurs publics, les questions d'emploi...). Tout en lui conservant un caractère combatif, j'ai essayé de lui donner une dimension poétique, afin qu'il ne soit pas trop "premier degré". Je voulais évoquer la beauté, la spiritualité même que m'évoquent les chemins du bocage, sur lesquels je me promène souvent. Je trouve que ce texte a à la fois quelque chose de doux et de violent."

Reprise constamment dans les manifestations, elle a rejoint l'épais livre des grandes chansons populaires, celles qui disent en même temps l'entrain, la peine et la lutte pour la dignité humaine. Tony Hymas en l’entendant en 2012 l’a illico inscrite au programme de son trio avec Chris Bates et JT Bates (3) comme version instrumentale puis à celui d’Ursus Minor dont c’est désormais un thème fétiche et qui vient de l’enregistrer pour son prochain disque. Janick Martin (accordéoniste de Hamon Martin quintet) avait d'ailleurs joué avec Tony Hymas dans De l’origine du Monde en 2010, disque dédié à Gustave Courbet et la Commune de Paris. Le hasard a ses objectifs. Une version récente de la chanson associe Mathieu Hamon, Sylvain GirO à Bertrand Cantat, Emily Loizeau, Marthe Vassallo, Delphine Coutant, Ana Igluka, Mouss et Hakim, Sanseverino, André Minvielle. (4)

Hamon Martin a réalisé en 2014 un nouvel album,  Les vies que l’on mène (5) (photographie de couverture par Laurent Lebot représentant une des splendides constructions sauvages de la Zad), avec deux nouveaux thèmes consacrés à la lutte anti-aéroport « Le bal des gendarmes » et « Zim zoum zad ». Sylvain Giro, leur parolier est également l’auteur d’un album publié fin 2014, Le lac d’Eugénie, qui, s’il ne fait pas, par les mots, directe référence à Notre-Dame-des-Landes,  en est totalement imprégné (jusqu’aux photographies du livret par Val K). La chanson « Le jeune homme » s’envisage à Notre-Dame-des-Landes autant qu'à Calais. Sortie au moment où Rémi Fraisse était tué à Sivens, « Le jeune homme » prenait à ce moment-là une saisissante incarnation.

Timothée Le Net est avec son compère Maël Lhopiteau membre du Bénéfice du doute. Notre-Dame-des-Landes fait partie de leur respiration : « J’entendais causer, entre autres, du projet absurde. Des amis musiciens allaient déjà jouer depuis un temps en soutien aux opposants. À l’automne 2012, mon ami Stéphane Cattaneo m’a donné l’occasion d’aller « voir » la vie sur la Zad, «sentir» l’effervescence d’une lumineuse petite fourmilière, «savoir» ce couple de personnes âgées, larmes aux yeux, à côté des gravas de sa maison, occupé à ramasser les quelques légumes qui n’ont pas été souillés au pétrole par les gendarmes. Puis, des rencontres, réunions, manifestations, occupations, de la colère, de l’entraide, de la motivation, réoccupations, des ras-le-bol, affrontements, concerts, reconstructions, recours, désaccords… Mais toujours un optimisme, un espoir, une poésie nécessaire, évidente. L’ « ensemble », ici, brise les jugements et sublime les singularités. Cigales et fourmis réinventent la nature humaine, jouent des petits riens qui font les grands tout, et tournent le dos aux idiots corrompus et leur présent dépassé. Des musiciens jouent sur la Zad. J’ai d’ailleurs eu cette chance d’ouvrir le beau rassemblement en août 2013, avec mon propre Quintet. Mais de plus en plus, la Zad sème ses graines partout ailleurs, et notamment lors de concerts et sur de nombreux enregistrements. C’est ainsi que Mael Lhopiteau et moi-même (Le bénéfice du doute) avons enregistré « Notre Dame des landes indociles », pièce aux couleurs des landes de Rohanne. Source d’inspiration rassurante, de rencontres évidentes, la Zad de Notre-Dame-des-Landes m’accompagne, nous accompagne souvent dans l’écriture d’un monde plus vraisemblable. »


Notes :

(1) À Notre Dame des Landes, bataille pour la vie
(2) "Notre Dame des Oiseaux de Fer" par Hamon Martin Quintet (Sur FR3)
(3) "Notre Dame des Oiseaux de Fer" par Tony Hymas and The Bates Brothers
(4) "Notre Dame des Oiseaux de Fer" par Mathieu Hamon, Sylvain GirO, Bertrand Cantat, Emily Loizeau, Marthe Vassallo, Delphine Coutant, Ana Igluka, Mouss et Hakim, Sanseverino, André Minvielle
(5) Rémi Fraisse : Les vies que l'on mène  sur le Glob 
•  Articles consacrés ou faisant référence à Notre-Dame-des- Landes sur le Glob

Catalogue maison :
Le bénéfice du doute : Le bénéfice du doute
Sylvain GirO : Le lac d'Eugénie
À paraître : Ursus Minor (4ème album, avec "Notre-Dame-des Oiseaux de Fer" et "Zad Song")

Les disques d'Hamon Martin Quintet sont produits et diffusés par Coop Breizh

Vidéo de Keru : Zad Song


Photo : B. Zon

5.3.16

27 FÉVRIER : LA BONNE ALLURE
DE NOTRE-DAME-DES-LANDES

L'imagination est un sens cardinal, une indication d'avenir. L'imagination sauve, elle transforme les rêves, elle réalise l'imminence, sublime la révolte et libère l'éphémère. L'imagination habite dans tous les lieux où on l'invite pour des lendemains meilleurs et immédiats, pour un présent complice d'un avenir vivant. Elle ne craint pas les relations complexes, tendues, mais toujours profondément humaines. L'imagination habite aussi (à) Notre-Dame-des-Landes, elle n'habite pas au (le) gouvernement. On ne saurait la confondre avec de calamiteuses trouvailles sans nœuds ni quête : un référendum à propos du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes par exemple ; un référendum issu d'officines à la soumission pathétique, hôtels de passe-passe aux mensonges dépourvus de gaieté. Faux-semblant de misère conceptuelle, ce dernier gadget n'a plus aucun rapport, ni avec le sujet, ni avec les circonstances. Seule la promesse d'hypothétiques emplois dépassés par les événements est censée encore peser dans la balance démocratique. Rance ! Aujourd'hui tout est su, tout ! L'inutilité nuisible de l'impossible édifice n'est plus à prouver. 

Le 27 février à Notre-Dame-des-Landes, entre Calais et Barjac, plus encore que le formidable 9 janvier à Nantes, une foule de gens d'une merveilleuse diversité que l'Etat ne sait compter avait répondu à l'appel. Marcher, franchir, cheminer, progresser vers la révolte fertile, l'active contradiction, la vie dansée, contre un monde de Moloch qui sacrifie l'enfance véritable, qui tarit les sources. Question de culture. Sans prendre le plus court chemin, ce mouvement, cette commune, cherche, dessine d'autres désirs, d'autres choix que de courir à la perte. Ils sont ici révélés par toutes sortes d'ébauches à enrichir sans cesse. Non au suicide, non au cynisme, oui à l'accueil, au partage et à l'exposé de nos différences.

Ce que nous avons pu voir, ce que nous avons pu vivre, le 27 février entre le goudron de la route et les bordures encore sauvages d'une terre aussi amicale qu'indocile, c'était bien les traces de passage d'humains véritables, imaginatifs, dessinant quelques arpents d'un avenir possible. Zad partout !

Photo : Val K (qui n'est pas là par hasard)

29.1.16

VÉRITÉS ET MENSONGES


Où l'on aimerait que nos chers* dirigeants aux bras longs dirigeables aient suffisamment médité la théorie de Joseph Goebbels - ministre de l'éducation et de la propagande du troisième Reich et scientifique de la manipulation des masses - selon laquelle "un mensonge répété inlassablement devient une vérité" pour qu'elle se réduise à un souvenir sinistre et dépassé.
Qui peut encore croire, par exemple, que Vinci (et ses commanditaires et complices) -société déjà chaudement affairée dans la fraîchement découverte "démocratie" iranienne- a d'autres visées qu'un profit éhonté pour le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes ?

* acception économique du terme



Photo B. Zon (Nantes 9 février)

25.1.16

SOLIDARITÉ AVEC TOUS LES HABITANTS DE LA ZAD DE NOTRE-DAME-DES-LANDES


Le tribunal de grande instance de Nantes a ordonné ce jour l’expulsion des occupants historiques du site de Notre-Dame-des-Landes. Écœurante démonstration d'autorité au service des satrapes destructeurs de la Terre. La solidarité avec tout ceux qui font de la Zad de Notre-Dame-des-Landes un espace où la vie ne triche pas, un espoir dans cette société promotrice de suicide, doit être grande. Elle est vitale non seulement pour ceux qui y vivent, mais aussi pour nous-mêmes.

Renseignements :
site de la Zad
site de l'Acipa

Photo B. Zon (9 janvier à Nantes)

13.1.16

13 JANVIER POUR NOTRE-DAME-DES-LANDES


Extrait du Canard Enchaîné du 13 janvier, jour du jugement en référé des paysans de la Zad de Notre-Dame-des-Landes (référé retiré au moment de la Cop 21 puis rapidement représenté ensuite...) On apprécierait que le "plus c'est gros plus ça passe" ne soit plus la règle à laquelle se soumettre. Et pour apprécier, il faut naturellement ne plus se soumettre.

13.9.15

FORUM DE NIVILLAC


À Monique Travers, Timothée le Net, Mael Lhopiteau et Sylvain GirO, à l'occasion de la soirée d'ouverture de la saison 2015-2016, le 12 septembre.

Lorsque le 14 novembre 2012, nous nous rendîmes à Notre-Dame-des-Landes, nous n’avions pas idée à quel point ce week-end remplirait nos vies.

En un endroit où l’existence semblait avoir élu domicile, loin des abandons sinistres et rectilignes, de nouvelles sources musicales vinrent bien vite, aussi, suggérer d’autres réponses, d’autres métamorphoses possibles. Alors qu’au détour d’une haie, nous retrouvions notre ami Janick Martin en lui confiant de façon impatiente que nous étions follement tombés amoureux de la chanson « Notre-Dame-des-Oiseaux-de-Fer », nous le questionnâmes sur les paroles, il nous parla du gars qui les avait écrite et vivait juste à côté, à Vigneux-de-Bretagne, Sylvain Girault. Autres retrouvailles un peu plus tard, notre ami le dessinateur Stéphane Cattaneo parti migrer sur les terres bretonnes depuis plusieurs années ; il nous présenta sa compagne Bénou la perlière, ainsi qu’un petit gaillard, sorte d’habitant naturel de la forêt, Timothée le Net. L’elfe était accordéoniste et, justement, ne tarda pas à nous parler de Janick Martin. Un peu plus tard, à la Roche Bernard, au Rochois, le café d’Hélène Potabès, nous allions faire plus ample connaissance avec ce nouveau monde.

L’attirance de la mer étant aussi forte que l’aversion des vagues bleues marines terriblement sèches et nuisibles, les occasions se multiplièrent dès les jours suivants et pour très souvent de revenir à Notre-Dame-des-Landes autant qu’à la Roche Bernard. Au Rochois nous entendîmes Timothée répéter avec son compère du Bénéfice du doute, Mael Lhopiteau, harpiste. Notre Marx préféré s’appelle Harpo alors toute créature se présentant avec une harpe est dispensée de mot de passe. De suite, cette musique dégagea une sorte d’atmosphère un peu secrète, avec une lumière d’arc-en-ciel qui ne se laisse pas gagner par la panique (ce qui n’est pas si fréquent dans les musiques de ce siècle commençant).

Dans le même temps, ou plutôt dans le même élan, le gars de Vigneux, l’auteur de « Notre-Dame-des-Oiseaux-de-Fer », chanson qui a la puissance du plus fort dans ce qui a pu être écrit et chanté pour l’unité des hommes, nous invita. Le train de Woody Guthrie n’avait pas dû passer loin. Ce moment partagé avec Sylvain Girault allait s’inscrire dans un beau mouvement.

Pendant ce temps, dans la campagne anglaise du Gloucester, Tony Hymas, musicien avec qui nous faisons la route depuis 1984, trépignait d’impatience de rencontrer tous ces gens. Lui aussi avait été saisi par « Notre-Dame-des-Oiseaux-de-Fer » qu’il intégrait au programme de son trio, puis d’Ursus Minor. Alors à la première occasion, il passa en février 2013 au Rochois avec les Bates Brothers. Soirée mémorable où se firent les rencontres avec Timothée et Mael. Tony ajouta un de leur thème au répertoire de son trio et eux firent de même. Et puis pour l’album « Chroniques de résistance », c’est bien naturellement que Sylvain Girault fut sollicité pour l’écriture de deux chansons. Ensuite il y eut bien d’autres épisodes, tous plus stimulants les uns que les autres - dont un à Nivillac l’an passé* - et c’est tout naturellement que le lac d’Eugénie de Sylvain GirO avec Erwan Martinerie, Julien Padovani et Jean-Marie Nivaigne et le Bénéfice du doute s’inscrivirent au catalogue de notre maison de disque.

Bertolt Brecht avait écrit en 1933 : « En ces temps de choix décisifs, 1'art doit choisir. Il peut livrer les hommes aux illusions et aux miracles ou il peut livrer le monde aux hommes. » La question résonne toujours autant huit décennies plus tard. La publication des albums de Sylvain GirO, Le Bénéfice du doute et Tony Hymas sont une part importante de notre réponse.

L’équipe des disques nato

 * Photographie : Timothée le Net 4tet (avec Pierre Droual, Martin Chapron,Yann Le Bozec) invite Tony Hymas, Erwan Hamon et Janick Martin à Nivillac le 14 novembre 2014