Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

8.10.26

LETTRE À DES JEUNES GENS
rencontrés un peu avant sur un quai de métro

En réveillant les senteurs d'un printemps automnale alors que nous avions vécu tant de printemps sans odeurs, de vos multiples actes de naissance, vous avez fait des poèmes. Les adultes (on entend par "adulte" tout être ayant rompu les liens avec l'enfance) restent obnubilés par de misérables GPS situant toutes directions à partir de la tête perdue du roi, en réalité une baudruche. Le cadre de leur écran ne dépasse pas l'ivraie des commissionnaires du pire, d'un côté (du roi) et les impossibles des ivresses feintes,
de l'autre. Alors que nous abordions quelques nouvelles du jour parmi lesquelles la pitoyable démonstration matinale radiodiffusée d'Arthur Mensch, l'une de vous un tantinet sur la défensive a dit "mais on n'en a rien à foutre de tout ça, qu'est-ce que vous croyez, qu'on passe notre temps scotchés sur nos téléphones... là on prend la rue et on s'en prend plein la gueule." Et son copain d'ajouter : "le seul habitat qui nous conviendra sera LE VASTE MONDE". En vous quittant, j'ai eu aussi l'envie de l'habiter. 
 
Photo : B. Zon

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