Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

3.9.16

REPRISE

Cet après-midi, l'Orchestre Debout a joué Moussorgsky, Rameau et Boris Vian place de la République à Paris. Sirènes de la maréchaussée pendant le rappel : autre rappel donc. Reprise de nos prises. Toutes nos notes, nos mots, nos faits, nos vertiges, toutes nécessités pour retenir l'éclipse pressante.

Photo : B. Zon

FAIT DIVERS ÉCLAIRANT

Un haut responsable d'un important parti politique pris en flagrant délit de branlette dans un magasin de bricolage, ça ne s'invente pas. 
Et c'est une description assez exacte des actuels desseins de nos hommes politiques.

31.8.16

MARC RIBOUD


Cette très célèbre photographie de Marc Riboud ( 24 juin 1923 - 30 août 2016) a suscité bien des vocations, de photographes et de manifestants. Représentant une jeune hippie face à la garde nationale lors d'une manifestation contre La Guerre au Vietnam à Washington en octobre 1967, elle fut publiée en noir et blanc et ainsi largement ancrée dans nos mémoires.
Mais le photographe a développé bien plus tard une autre image en couleur, s'étant souvenu qu'il avait alors deux boîtiers. Quelles réalités pour le noir et blanc et la couleur ? Intéressante question à notre époque où le noir et blanc est un simple effet de réduction technique de la couleur et plus un choix initial d'émulsion...

Photos Marc Riboud © Magnum

26.8.16

RUDY VAN GELDER


Rudy Van Gelder ! Pas seulement le patronyme d’un excellent ingénieur du son (même si Mingus ne l'aimait pas), grand dépositaire du jazz pour qui le changement c’était maintenant, mais aussi un nom de rêve pour les excités des notes de pochettes participant également à cette transformation.

La somme des enregistrements réalisés par Rudy Van Gelder (pour Savoy, Prestige, Solar, Verve, Blue Note, Impulse - on passera pour CTI) définit le rapport entre les diverses parties des œuvres de Kenny Clarke, Charlie Parker, John Coltrane, Sonny Rollins, Art Blakey, Thelonious Monk (qui lui dédia "Hackensack"), Dexter Gordon, Eric Dolphy pour y faire apparaître le visage inoubliable d'une musique à la dimension définitive. 

Photo X 

22.8.16

LUCKY LUKE

L'exposition consacrée à Lucky Luke à Angoulême arrive à point nommé pour rappeler le trait extraordinaire de Morris pour son western parodique (années 1947-1977). La beauté de ce coup de pinceau, l'art de la composition dans chaque case, le rendu vivant, le sens de l'espace, rend inexplicable l'industrialisation bâclée de son héros dès qu'on lui a retiré la cigarette, la médiocrité à peine lisible après la mort de Goscinny. Un inexplicable trop facile à comprendre sans doute (n'en faisons pas notre lot à la première occasion). La suite ne doit pas nous faire oublier l'une des grandes figures du 9ème art.

Images : Extrait photographié d'une planche de En remontant le Mississippi dans l'exposition - © Morris

-->

17.8.16

MICHEL DONEDA ET JULIEN BOUDART
AU MAGASIN GÉNÉRAL

Hier soir 16 août, Julien Boudart (synthétiseur analogique) avait invité Michel Doneda (saxophone soprano) au Magasin Général à Tarnac, ce qui, après les émois de Kind of Belou à Treignac et la soirée du 10 à Tarnac, offrait une belle suite, une suite de rêve, à nos idées préférées énoncées par le jeu sonore, l'éloquence poétique et les constellations d'expériences parmi les hommes. 

Photo : B. Zon

4.8.16

LES INSTANTS PHOTOGRAPHES
DE FRANÇOIS CORNELOUP







On le sait, la photographie est l’art de l’instant, et, à son meilleur, de l’instant décisif. Elle est aussi, à ses moments les plus honnêtes, celui du compagnonnage in situ. François Corneloup, musicien, a trouvé avec la photographie, une façon – somme toute, décisive – d’affirmer avec douceur son compagnonnage. Sa première exposition, à Treignac, pour la 17ème édition de Kind of Belou, comporte 25 images. Elle parsème le village, l’habite tranquillement, au gré des vitrines. 25 images, c’est le temps par seconde du cinéma moderne, 25 images pour François Corneloup, celui du mouvement d’un village. Un village de compagnons qui jouent, dorment, parlent, réfléchissent, échangent, plaisantent, s’inquiètent, rêvent, dans les lumières de l’ombre et prennent leur temps. Pour vernir cette exposition, hier soir, sous la halle de Treignac, le saxophoniste a invité Guy Le Querrec, artisan essentiel à l’histoire de la photographie. Amitié ! Cette invitation, c’est la marque tendre de la transmission, d’une façon simple de dire les talents partagés, ceux qui font de nos instants, des consciences de village qui permettront longtemps la vie.

Treignac, Kind of Belou, du 3 au 7 août. www.kindofbelou.com


Photo : B. Zon 



31.7.16

(DÉ) MARCHE POUR ADAMA TRAORÉ


Malgré une déclaration en préfecture, la marche pour Adama Traoré le 30 juillet a été interdite une demi heure avant pour « des raisons tenant à la protection des institutions » et « à la préservation de l’ordre public ». On frémit à cette idée de l'ordre public quand la demande de justice pour la mort d'un jeune homme due serviteurs de cet ordre là reste lettre morte.

Photos : B. Zon

19.7.16

ALAN VEGA

Le premier groupe d'Alan Vega (avec Martin Rev) s'appelait "Suicide"...
Un nom qui résonne terriblement et trop "communément" de nos jours aussi et encore.
Alan Vega s'est éteint le 16 juillet.

14.7.16

DANSONS AVEC LES RÉFUGIÉS


 En 1974 François Tusques et Le Collectif Le Temps des Cerises dansaient avec les travailleurs immigrés (Dansons avec les travailleurs immigrés - À bas la circulaire Fontanet ) *, hier soir Place Stalingrad à Paris, on dansait avec les réfugiés.

 * 1974, disque Le Temps des Cerises 03)


Photo : B. Zon

13.7.16

JEAN MARBŒUF ET URSUS MINOR
SUR LES TOILES CORREZIENNES

 Par Thierry Mazaud

Il y a des noms qu’on était certain d’entendre samedi dernier à Tulle. Et on les a entendus : Bernard Hermann, Georges Delerue, Nino Rota… Ces compositeurs ont été cités dans le cadre du 6ème Ciné d’été à Tulle, festival placé sous la houlette d’Agnès Gameiro et qui avait opté cette année pour une thématique axée autour des musiques de films et des chansons dans les films. Ont été projetés Le bal, Chantons sous la pluie, Une chambre en ville, On connaît la chanson, Aubervilliers, Sita chante le blues

Et puis, par le biais d’un partenariat avec Kind of Belou (plus le soutien logistique de l’I.P.N), le public a pu (re)découvrir Coup de sang, le film que Jean Marbœuf a réalisé en 2006 (1). La présence dans ce festival de ce film étrange et mélancolique, à la forme non conventionnelle est due à sa bande originale signée Ursus Minor. Un choix heureux pour tous ceux qui savent l’importance de cette formation. La voix et les mots de Stokley Williams impriment au récit un tempo mélancolique, lancinant et lumineux à la fois. Les pastilles vocales de Marie-Christine Barrault sur le thème principal font des nœuds dans la gorge. Comme les intonations de la guitare électrique de Jef Lee Johnson qui rappellent : 1. Combien les compositeurs (et les cinéastes) délaissent cet instrument lorsqu’ils imaginent une B.O ; 2. Combien ce musicien manque (le sujet de Coup de sang est la disparition : la douleur et le désarroi qu’elle porte en elle).

Puis, en compagnie de Jean Rochard, conseiller musical sur quelques uns de ses films, Jean Marbœuf s’est prêté à cet étrange exercice consistant à répondre aux questions d’un public engourdi par le noir et le confort de la salle, retourné par la force de l’œuvre.

Le réalisateur a gratifié les spectateurs tullistes d’un bonus avec la projection du court-métrage Help! (2), qu’il a réalisé avec le concours de Jacques Tardi.

Dans l’après-midi, une discussion s’est installée dans le hall du cinéma Véo de Tulle. Les deux Jean, Marbœuf et Rochard, ont comparé leurs visions sur le sujet du jour avec celles du réalisateur Carlos Saboga et du compositeur Alain Jomy.

Profitant de sa présence en Corrèze, Jean Marbœuf était convié quelques heures plus tard à Treignac pour une seconde projection dans les salons de la galerie Treignac Projet. Le choix de ce lieu délicieusement impropre à la projection d’une œuvre de cinéma n’avait rien d’anodin puisque l’endroit fût le théâtre il y a près d’un an de l’enregistrement du quatrième album d’Ursus Minor.

* Un grand merci à Agnès, Christiane, Sam et Lise pour leur accueil. 


Photo : Agnès Gameiro-Delteil


(1) Avec Pierre Arditti, Marie-Christine Barrault, Fadila Belkebla, Bernard Haller, Michèle Simmonet, Anne Deleuze, Sandrine Leberre, Patrick Laval, Violeta Ferrer, Julie Marbœuf ... Les films du Chantier (2006)

(2) Film inspiré de "Quand ils sont venus chercher..." de Martin Niemöller. Avec Eric Mariotto, Julie Marbœuf, Pierre Cognon, Paul Borne. Décors dessinés par Jacques Tardi. Grand Prix du court métrage au Festival des films du Monde de Montréal. (2013)

5.7.16

LA VIE 49.3

Et hop encore un petit coup de 49.3 à l'Assemblée Nationale !
Le 5 juillet passage de la Loi Travail par le 49.3 (à suivre ...)

Photo B. Zon 

4.7.16

ALTERATIONS FESTIVAL

Alterations Festival
Café Oto Londres, 15-19 juin 2016.

Texte et photographies : Gérard Rouy

  Alterations en 2016 et en 1984
 
Alterations (Steve Beresford, Peter Cusack, Terry Day, David Toop) est un quatuor d’improvisateurs basé à Londres, qui a donné de nombreux concerts entre 1977 et 1986. Provenant de sphères musicales assez distinctes, les quatre musiciens partageaient une prédilection pour un polyinstrumentisme sauvage. D’abord totalement acoustique, le groupe fut amené à utiliser de plus en plus d’instruments électriques au cours de ses concerts, avec une volonté de briser au passage quelques règles non-dites, théories et bienséances associées à la scène parfois très puritaine de la « free music » des années 70-80. Leur particularité résidait dans un réjouissant et bouillonnant patchwork permanent d’instruments et d’objets sonores hétéroclites, de styles musicaux et de figures rythmiques exaspérées (éléments de pop, de free jazz, de punk, de musiques traditionnelles, de hip hop, de chansons croonées…), sans aucun tabou.

Le groupe a sorti trois vinyles à cette époque : Alterations (Bead, 1978), Up Your Sleeve (Quartz, 1980) et My favourite animals (nato, 1984), suivis de CDs de divers extraits de concerts : Alterations Live (Intuitive Records, 2000) et Voila Enough! (Atavistic, 2002). Il semblerait (dixit Jean Rochard) qu’une ressortie de My favourite animals se profile…

Après une nouvelle réunion du groupe le temps d’un concert dans la capitale britannique en 2015, un Alterations Festival était organisé en juin dernier proposant des concerts au Cafe Oto et des expositions, films, conversations et ateliers à l’espace Oto Project, sous la houlette des Unpredictable Series (Blanca Regina et Steve Beresford). Des expositions de photographies, tracts et affiches d’époque ; la projection du film Unpredictable : The art of Terry Day’ ; deux ateliers : ‘Field Recording’ avec Peter Cusack, ‘Making bamboo flutes’ avec Terry Day ; présentation de la prochaine réimpression du magazine Musics (sous forme de gros livre) publié par Ecstatic Peace Library (Thurston Moore et Eva Prinz). Les concerts se déroulaient au Cafe Oto les 18 et 19 juin, en groupes composés de membres d’Alterations et d’invités (tels que John Butcher, Rhodri Davies, la violoncelliste Hannah Marshall, Evan Parker, la vocaliste Elaine Mitchener, Thurston Moore, l’exploratrice d’objets Rie Nakajima, Max Eastley, Lee Patterson, la violoniste Satoko Fukuda, l’artiste peintre Gina Southgate), chaque soirée se concluant par un concert d’Alterations au grand complet.

Je me souviens, par exemple, de deux quartets remarquables, gorgés de retenue et d’émotion, l’un avec Evan Parker, Hannah Marshall, Rhodri Davies et Peter Cusack, l’autre avec John Butcher, Elaine Mitchener, David Toop et Terry Day, où triomphait la libre improvisation « classique ». En revanche, rien de « classique » dans les concerts d’Alterations où se bousculent la subversion, la confrontation et la gourmandise. Le festival 2016 connut un grand succès. Qui sait ? Peut-être sera-t-il renouvelé dans l’avenir…

Gérard Rouy