Le pic de pollution (mi mars) a valu aux parisiens 3 jours + 1 de gratuité dans le métro (week-end + lundi pour qui aura saisi les annonces). Dès la reprise ("
ça va comme un mardi !"), la pollution est retournée en vacance, l'actualité s'est branchée sur un autre sujet ("
il faut être vif coco sinon les gens s'ennuient !") et les contrôleurs sont revenus dans le métro : "
crack dedans ! ha ! ha ! les transports gratuits et puis quoi encore !".
Une
dizaine de jours plus tard re-pic de pollution, mais cette fois-ci les
particules fines font place à la visite officielle du nouveau grand ami
de la France, Xi Jinping, promoteur du
zhongguo meng (le rêve chinois remplaçant officiel de l'
American dream). La pollution a beau faire des efforts, elle a
bien peu d'atouts face au sauvetage de la Famille Peugeot par le pays du
milieu. "
Pour des raisons de sécurité", on ferme même quelques
lignes de métro, on éloigne les Gaspards souterrains, pas question d'indisposer la supermanne du plus malin des pays
capitalistes. Les fantômes se serrent la pince, Moi président rencontre
Mao président et c'est la fête à Versailles. Sur les lignes ouvertes, les contrôles vont bon train.
Ainsi cette femme, sans doute toujours dans l'ambiance des transports
gratuits les jours de pic, apercevant un groupe de contrôleurs planqués
au détour d'un couloir (ils adorent le cache cache) assistés de
policiers en civil (reconnaissables à leur brassards oranges marqués
Police) tente de repartir dans l'autre sens en remontant les marches ;
elle est repérée : "
Madame, ça ne sert à rien, on va aller vous chercher". Elle s'arrête, panique, avance, revient sur ses pas. "
On ne va pas le redire !"
Elle obtempère. Contrôle des papiers, soudain tutoiement, amende ! Les contrôleurs et leurs
amis policiers sont joyeux, ils s'amusent beaucoup à verbaliser en ces périodes de PM10 pénétrantes. Tiens ce même jour, Amnesty International publie son
rapport sur la peine de mort : le gouvernement chinois très largement en tête avec ses
exécutions par milliers. Ça doit être bon pour les startups ! Bah, on
ne peut pas tout avoir : les droits de l'homme, les particules fines et
les fines parties capitalistes. Mais tout de même, on aimerait bien qu'un sérieux vent se lève pour emporter loin, hors des limites de la stratosphère, les nanoparticules et leurs défenses policières. Mais ce coup de vent, il ne se lèvera pas en ce jour d'élections.