Enfants d'Espagne

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8.12.10

ANTIWAR COMMITEE, JUNKYARD EMPIRE, LA GUERRE QUI N'EN FINIT PAS ET LE RETOUR DES CHIENS NOIRS


"Si la machine gouvernementale veut faire de vous l'instrument de l'injustice, envers notre prochain, enfreignez la !(1)"
Henry-David Thoreau

"Wake up !" urge Briahnu du groupe Junkyard Empire pendant que l'orchestre varie "India" de John Coltrane. Et les paroles fusent. Coltrane et le hip hop en même temps, ce n'est pas un effet, c'est une nécessité - joie de constater que Coltrane fait partie de cette nécessité. - car 151 ans après le conseil de Thoreau, le compte n'y est toujours pas... Il faut redire en tous sens et plein de sens, se rassembler.

Samedi 4 décembre au Black Dog, l'Anti-war Commitee organisait une Right to remain silent auction (2) afin de collecter des fonds pour venir en aide aux 17 inculpés (3 nouvelles assignations à comparaître). Le motif d'inculpation : leur refus de parler après les raids du FBI (3) dans les habitations de certain(e)s d'entre eux ; militer contre la guerre est assimilé à "lien avec terroristes". Le but, à peine voilé : décourager le mouvement anti-guerre de toutes les façons possibles. L'Amérique d'Obama ressemble à s'y méprendre à la précédente, sauf que sous le roi George, la fourberie s'étalait au très grand jour et les motivations s'exprimaient volontiers sans cette retenue des menaces ("A cause de vous le Tea Party...") justifiant la parfaite inaction. On ne peut qu'admirer ces gens qui risquent de lourdes peines de prisons pour la défense de nos vies. Que faut-il pour que l'on réalise ? Que faut-il pour briser ce silence insupportable qui nous gagne facilement, nous rendant tous complices de l'horreur. La cohérence, même fragmentée, fait avancer.

"Wake up ! wake up" Pendant que s'opèrent les achats, à gauche du café, Junkyard Empire joue avec force de musique et de mots, lançant ces sortes d'illuminations soudaines en plein coeur, illuminations du réel. Entre les deux sets, la parole revient à certaines inculpées (la présence considérable des femmes - et de nombreuses mères - dans le mouvement anti-guerre subjugue), le trait d'union avec les mots du groupe frappe. Junkyard Empire a depuis longtemps fait le lien entre expression (4) et action. La musique a ce pouvoir de nous faire lever.
C'est fort : l'insurrection de l'éclat ! Pourquoi ne pas en profiter et ruiner une fois pour toutes (à renouveler bien sûr en permanence) ce principe d'éparpillement auquel on souscrit si facilement.

Dehors, il neige, Les gens sont heureux de se voir, se retrouver, se rencontrer, se compter. Les achats vont bon train (une publication originale d'Alexander Berkman par exemple), les conversations aussi et la diffusion d'information. On se souvient de ce que fut le lieu pendant la RNC (5). Il est aussi des curieux questionnant ce qui est advenu du dernier mouvement social en France avec des observations du type : "Le gouvernement français cette fois-ci n'a même pas fait mine de négocier, de cette manière il s'adresse aux autres gouvernants et plus du tout à son peuple". Ce mépris devrait nous pousser à quitter toute résignation nous transformant en instrument de l'injustice. Cesser leur guerre, nous reprendre !

Anti- war commitee

(1) La désobéissance civile (1849)
(2) Right to remain silent auction
(3)Raids du FBI contre le mouvement antiguerre
(4)Interview Junkyard Empire
(5) L'éléphant contre les chiens noirs

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