Enfants d'Espagne

Enfants d'Espagne

25.2.23

UN ÉTONNANT VACCIN

 

La nouvelle - à confirmer - vient de tomber, qui devrait réjouir les inquiètes et inquiets des meurtrissures grandissantes de la langue : après des années de recherche, le professeur Robert Moulakouglof de l'université de Strützel aurait mis au point le vaccin anti "du coup". Celui qui est surnommé le petit Robert dans les milieux scientifiques serait en train de travailler à un vaccin anti "ou pas".

13.2.23

TRADUCTEURS, TRADUISEZ*

 

"La France renoue avec une tradition, non pas millénaire mais ancestrale, qui consiste à être capable de manifester dans le calme, sans débordement et sans violence. Donc  je tire mon chapeau, à la fois je le dis, aux syndicats, aux services d'ordre des syndicats, mais à la fois au préfet Laurent Nunez, au ministre de l'intérieur, qui ont fait en sorte que ça ne dégénère pas. C'est l'image d'une France qui manifeste dans le calme, avec sa détermination, mais dans le calme, ça je pense que c'est fondamental. (...) Là on est dans le cadre le plus, pardonnez moi l'expression, classique dans l'histoire de la Ve République, avec un projet de loi qui est sur la table. Donc, on est dans l'écoute et dans le dialogue partagé, ça veut pas dire qu'on tombe d'accord avec tout le monde, mais ça veut dire que du côté des syndicats, des forces politiques et des français qui se mobilisent, ils voient qu'il y a du répondant en face et qu'on a été capable déjà de changer pas mal de fois notre projet."

Le porte parole du gouvernement de la République Française qui révise ses "classiques" et l'histoire "ancestrale" (France Inter, 12 février 2023).  

Traduction possible :"Fabuleux vos petites manifs tranquilles dont on a rien à foutre, ça donne un petit air de démocratie pas dégueu... non seulement on vous la fera bouffer notre loi, mais en plus on aura rétabli le calme et tout le monde retournera au boulot jusqu'à plus d'âge dans une parfaite distribution des rôles."

* Titre emprunté à Brigitte Fontaine in "Comme à la radio" (Saravah 1970)

12.2.23

EFFET PIGEON

 

Un important nombre de citadins déteste la présence animale (sauf celle, sous contrôle, des domestiques-chiens) dans leur ville, et particulièrement celle des pigeons victimes d'une haine cruelle (ces oiseaux ne sont certainement pas responsables du "grand emmerdement"). Jalousie possible de ne pas avoir d'ailes et donc - pour paraphraser Mohamed Ali - pas d'imagination.

Photo : Shreeram M V

10.2.23

BURT BACHARACH, LES BEATLES ET FRANCE INFO

 

Pour Jeanne et Suzanne,

Ainsi pour le speaker de France Info (9 février 2023 20h), Burt Bacharach (qu'il prononce "Bas chat rat") a été "le compositeur des Beatles". Pour rance-info : dans son premier LP en 1963, le groupe de Liverpool a repris la chanson "Baby it's you" co-composée pour les Shirelles en 1961 par Mack David, Luther Dixon et Burt Bacharach (reprise qu'on peut facilement estimer assez faiblarde et qui n'a certainement pas contribué à la célébrité du groupe, lequel n'a d'ailleurs jamais rien demandé à Bacharach ; pas besoin d'être grand journaliste de radio pour savoir qui sont les compositeurs des tubes des Beatles). Ça fait peu pour être en une... Dionne Warwick par contre, c'est beaucoup, le principal peut-être, même si ce n'est pas tout, un tout gigantesque. "Walk on by" en effet !

5.2.23

ERNEST ET CÉLESTINE :
VOYAGE EN CHARABIE

Encore visible en salles, Ernest et Célestine : Voyage en Charabie (sortie 14 décembre 2022) traite, avec ferme tendresse et douce beauté, des questions relatives à nos libertés vis à vis du travail, de la famille ou de la patrie. Et la devise charabienne : "C'est comme ça et pas autrement", nous rappelle réponses et discours obtus, frénétiques et médiocrement infernaux de l'actuel roi de France et sa garde rapprochée.

 Remarquable aussi : la musique de Vincent Courtois en ingénieuse harmonie, tant avec les personnages (qu'elle sait généreusement personnifier), l'histoire du film ou sa forme. De plus l'idée de liberté, dans ce dessin animé, est liée à celle de musique. Ernest et Célestine vivent avec Vincent Courtois comme ça et bien autrement.

ADIEU AU LANGAGE

(Détail d'une affiche publicitaire vue dans le métro parisien)

28.1.23

IF WE COULD ONLY REMEMBER...

 

Les déplacements de La Petite Taupe et de Femmes Femmes sont des enseignements. Les enseignements de Femmes Femmes et La Petite Taupe sont des lieux. Les lieux résonnent des enseignements de passages dans les tournis plus ou moins cotons, ceux des certitudes du doute, de l'incertitude des pas pressés, des méditations intenses, des créations immenses parce que simplement humaines : If I could only remember my name, Pourfendeur de nuages, Une vie de faussaire, Love in us all, House Of Art, Ce merveilleux automne....

Pour Adolfo Kaminsky, Gina Lollobrigida, Paul Vecchiali, David Crosby, Wolf Erlbruch, Russell Banks, Pharoah Sanders, Rasul Siddik.

22.1.23

TRAVAIL - PATRIE

Lorsque de façons répétées, les murs et écrans (réduire la consommation électrique ?) publicitaires des transports en commun vous assomment de messages "Travail - Patrie", vous vous dites que vous avez peut-être manqué un truc ou bien vous vous rappelez une parole de Noam Chomsky "La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures."

13.1.23

JEFF BECK (NOS FRAGMENTS)

 

Nom de l'enfance avancée, de la petite adolescence, dans nos irremplaçables revues-boussoles, il a une place à part, moins criante, mais plus coriace que le reste, coriace dans la guitare. Nous sommes alors dans un monde de guitares à voix hautes. Jimi Hendrix a dit ce qu'il lui devait. Il y a eu les Yardbirds. Inévitables positionnements des cours de récré pour les trois guitaristes (les deux derniers transiteront en même temps - on verra Blow Up d'Antonioni bien plus tard) "Alors lequel tu préfères ?". Les copains apprentis guitaristes en parlent tout le temps. 

"Salut c'est Pop 2 !" et on entend "Superstition" au Bataclan pour pour la première fois. Stevie Wonder l'a écrit pour lui. Il en offrira sa propre version plus tard. Quand Tony Hymas vient à Chantenay-Villedieu en 1984, les musiciens anglais présents parlent de lui car Tony a été dans son groupe, l'histoire liant les deux hommes est forte. 

En 1990, terres indiennes. Tony coupe court à une explication-gymnastique, essai typique de producteur pour se retenir de nommer ; essai donc de décrire le type de solo nécessaire pour le texte de John Trudell à propos de Crazy Horse dans Oyaté : "C'est à Jeff Beck que tu penses ?" Un coup de fil de Tony et Jeff Beck enregistre. On est content. Ben oui, on est content. Ce n'est pas la célébrité, c'est la multiplicité des images qui s'accordent. Michel Doneda, Hugh Burns et Stuart Elliott sont avec Tony les autres musiciens. 

Dans un disque de John McLaughlin de 1995, Jeff Beck joue le "Django" de John Lewis (avec McLaughlin, Hymas et Mark Mondésir), c'est très gracieux, l'éclipse sans nécessité d'éclipser. C'est quoi le jazz ? Quelque chose qui se joue dans une vallée entre "Django" et "Superstition" ?

Tiens "Supersition" ! En 2003, Ursus Minor se forme (Tony Hymas - François Corneloup - Jef Lee Johnson - Dave King) et invite Boots Riley, Dead Prez, D' de Kabal, Spike, Ada Dyer et Jeff Beck. L'aventure est rendue possible grâce au festival Sons d'Hiver, très impliqué. Des répétitions à Campus, enregistrements aux Studios de la Seine, deux concerts les 18 et 19 janvier et un disque qui sortira en 2005 (Zugzwang). "Your guy is good" dit Jef Beck à Tony hymas après avoir entendu Jef Lee Johnson lors des répétitions. Guy Le Querrec photographie, offre son livre à l'ex Yardbird qui y retrouve certains de ses copains : "Oh Stanley !" (Clarke) ... Pendant la balance du 19 janvier, un petit riff joué par hasard ou par saine habitude donne naissance à une idée toute simple. Le concert se terminera, en forme de rappel, par une longue version de "Superstition" ou le rappeur M1raconte l'histoire du morceau pendant l'introduction, puis Ada Dyer chante (elle connait ça par cœur, elle est passée chez Tamla-Motown), tout le monde rappe, c'est furieux, c'est libre, et cette guitare vibre des inattendus et des métamorphoses dont elle est la racine.

Des années plus tard dans le Minnesota, Beck-Bozzio-Hymas sont au même programme que BB King, lequel invite l'auteur du fondamental Beck Ola, disant à l'auditoire : "sans ces jeunes types en Angleterre qui aimaient tant notre blues, jamais je n'aurais pu être vraiment un King". 

N'empêchons jamais les chemins de terre de se croiser, ceux de traverses des ombres particulièrement. La guitare éclair traçant son présent s'est tue le 10 janvier. 

 

• Photographie : Guy Le Querrec - Magnum, Ursus Minor à Sons d'Hiver, Villejuif, 18 janvier 2003

8.12.22

IMMENSE FONDERIE
POUR FRANÇOIS TANGUY
PAR FANTAZIO

Immense Fonderie

François est parti cette nuit.
On fait non de la tête dans le froid.
C’est la mécanique, ça bouge tout seul.
Non, je ne contrôle pas.
Chaque mort a son armée de familles de sensations, mais une comme ça, si brusque, si brusque si brutale, comme ça.
Puis après je me suis dit à Carrefour il y était lui à Carrefour, il aurait été attendri par le hochement de tête du caissier ou pas.
Le regard commence sa ronde, il est partout, il veille, il navigue, sa présence est redoublée, par l'absence, le regard vient s’ajouter à la guirlande lumineuse de regards qui entourent les corps de nous restant.
Partir brusquement c’est très bien pour soi, on n’enfle rien, on ne rajoute pas au rajout.
Pour les autres ça fait du blanc, du blanc sans adjectif, un trou blanc avant et après chaque pensée, Ça me fait ça.
La pudeur de François était trop forte, elle indisposait.
Un gros socle, François, un socle de pierre très délicate, douce, avec des éclats paillette bruns-dorés,
Où est ce qu’on peut trouver une délicatesse comme ça.
Qui va comprendre et continuer ce geste là.
En fait ça n’est pas croyable du tout.
François est bouleversé par les apparitions, les formes humaines, les corps, il plisse les yeux pour ne pas être ébloui.
Et bien François j’ai finalement saisi les forces de ton travail le 11 novembre dernier.
J’ai vu, comme dans un rêve, tes glissements de terrain et j’ai vu que tous ceux sur scène avaient vu, et étaient libres de glisser, glisser, sans théâtre, sans dispositif, glisser comme des âmes sur un toboggan.
Et le 11 novembre c’est le jour où mon père est devenu résistant en 1940, place de l’étoile, définitivement résistant.
Et toi tu es venu à la mort de mon père je ne t’y attendais pas, je ne sais pas comment tu as su, tu es sorti du sol, on dirait, tu es apparu.
Tu m’as tendu un dessin fait je suppose pendant la cérémonie, un dessin de mémoire, un dessin de la tête de mon père, son sourire, ses yeux, ses petits yeux de chinois, on ne sait pas s’il vous regarde ou pas, toute l’étrange malice de mon père est sur ce petit dessin.
« Une fois qu’on a vu, une fois qu’on a vu qu’on s’est bien détesté jusqu’au bout, qu’on a vu, qu’on est allé au bout de ça, qu’on a bien vu », c’est la phrase que tu m’as dite quand on a essayé entre deux portes d’évoquer la boisson.
C’était très clair ça, ce que tu viens de dire, des fois tu n’es pas clair parce que trop clair pour toi, lumineux pour toi, limpide pour toi, et pour moi ça ne l’était pas, parce que tu raccrochais aux autres là où tu en es toi, c’est comme ça que tu fais je crois, tu vois l’autre et tu es tout barbouillé de ce que tu es et de ce qu’il est aussi, et ça forme une pâte, et tu offres cette pâte instantanément aux autres quel que soit leur état, de ta matière présente, et tu rentres dans ta matière présente, et tu en sors, et tu essayes d’en sortir parce que l’autre apparaît. Et on croit que les autres sont là, qu’ils nous traversent, on traverse, on se traverse.
Et tu es tout apparaissant pour l’autre, mais l’autre doit comprendre qu’il te faut du temps pour revenir, pour être là, et tu mélange tout de suite l’autre à ça que tu es, et l’autre doit comprendre qu’il y a des abysses, tout le temps, et qu’on n’en revient pas comme ça, donc tu trouves le pont où ça se mélange entre l’autre qui apparaît et toi.
En quelques instants, ça se passe comme ça.
Tu tends un bâton, une perche comme si on était en pleine mer agitée.
Si l’autre ne comprend pas, tu t’en vas, et tout de suite, tu reviendras.
Tu pars, tu reviens comme une ombre, tu bricoles l’armoire, l’armoire métal de Redayef, Tunisie, tu pars mais tu es là, puis dans le camion on est allés chercher un instrument aller-retour à Tunis, 500 aller retour? Les cigognes, Chems au volant, on a le temps de dire des insanités, et ton silence et cette joie d’enfant muet derrière banquette arrière, somnolence, et nos propos vulgaires tu n’en reviens papa.
Mais que l’action qui compte, qui plane, qui nous absorbe, alors ça va.
François c’est faire circuler des ronds avec les mains, du physique de la cantique, des chants de l’évaporation qui veille, de la vase qui remue que les uns et les autres comprennent cette matière, avec des forces, François c’est le creux qu’il offre délicatement, un fauteuil, une chaise qu’il offre, une chaise, un plat il faut manger, il vous met quelque chose dans la main pour que vous ayez un territoire sur le moment, avant le moment suivant, et puis faire cette armoire en métal pour qu’elle sonne, et la refaire et elle ne sonne pas, ça ne fait rien, au pire on donnera des coups de pieds dedans, voilà.
Vision simple, intuition simple, absence, présence, matière, glissement de terrain, expression physique des forces, le graphisme, les traits, les fils tendus en hauteur avec des choses qui pendent, déplacer son corps pour aller pêcher ce qui est disponible pour tous, un espace où tous peuvent intervenir en allongeant simplement les bras, est ce que c’est possible ?
Pour ceux qui trop influencés par les mètres étalons occidentaux seraient tentés par dire que François est un être supérieur, sans provocation aucune je dis qu’il est un être inférieur, il travaille en sous terrain, et déplace des choses, des formes et des énergies par en-dessous, pour vous offrir du clair, un travail à plein temps, et vous n’imaginez pas la pénombre, des rais de lumière, des espaces, et vous invite à déplacer, remuer la vase profonde – celle où il pouvait s’engluer, bras, pieds, mais, tout, et dans le cambouis de l’antiquité jusqu’à nos jours, pas de différence, nos jours à nous, - à votre tour, on déplace, on se fait de l’espace, on fait de l’espace pour tous, et on continue.
D’une berge à l’autre, nous passons, je sais que chaque instant est un glissement de terrain, physique, pratique, évident, aussi évident que le rebouteux vous enlève une brûlure à distance, très simple, très pratique, c’est brut, et de la même manière entre théâtre, musique, et vie, c’est la pâte, la même pâte, tout est réuni, tout est un devoir, de réunir, de faire des offrandes à cette pâte invisible qui nous unit, on doit contenir les situations par en-dessous, parce qu’elles sont sauvages, incompréhensibles, et sorties de nulle part, tu le sais, c’est ta vie.

                                                                                            Fantazio 7 décembre 2022

23.11.22

BACH & STRAUB

"Bach c'est trois siècles de paysannerie" Jean-Marie Straub (1997)

19.11.22

BY YOUR SIDE DE JEANNE ADDED

 

" Il y a longtemps, j'ai décidé que mon univers serait l'âme et le cœur de l'homme." Frédéric Chopin

Lorsque l'écoute du disque de Jeanne Added, By your side, se termine, elle invite immédiatement à une suivante. Vous direz "n'est-ce pas la même chose pour tous les disques ?" (enfin, les albums, c'est-à-dire les récits par la musique, les anti playlists). Oui, c'est vrai, mais tous ne parviennent pas à cette invitation avec la même éloquence. By your side - et son titre est formidablement trouvé - s'écoute chaque jour pour la découverte d'un secret supplémentaire et cette impression offerte à la première écoute d'une recherche d'insaisissables horizons à fleur de peau où surgissent et resurgissent les intimes actualités les plus sensibles : des traces de rosée sur le damier du temps. Vêtue d'évasion pour mieux retrouver ses propres traces, d'une enveloppe taillée dans la fébrilité de son propre mystère, la chanteuse s'aventure dans les sensations incorporées et leurs caractères exceptionnels. Mémoire d'hévéa, sève du creux du monde, regard de Chopin. On la découvre, on s'y découvre aussi dans la grâce des regards, métaphores du visible et ses parties cachées, dans l'âme et le cœur des êtres. 

• Jeanne Added By your side (Naïve, 2022)

Peinture :  P. Schick (1873) - Photographie : © Camille Vivier  (2022)


12.11.22

MUSIQUES D'HISTOIRES À NEVERS


Un festival de jazz réputé - et même de D'Jazz - créé en 1987, celui de Nevers, proposa cette année une soirée musicale ou chaque groupe (un duo et un quintet) se caractérisait par le fait que l'une des membres était comédienne.  Sandrine Bonnaire avec Erik Truffaz, Anne Alvaro avec l'ensemble de François Corneloup "Noces Translucides" comprenant Sophia Domancich, Jacky Molard et Joachim Florent. La musique pour faire naître les mots, l'image des mots pour délivrer l'expérience du souvenir. La musique pour que tout se rejoigne par les silences relevés au seuil du chant, dans les murmures du halo des évidences, pour l’asymétrie des grondements, vers les perspectives secourables. À l'époque où chacun cherche son jazz, ce soir, le mouvement de parole vit d'un mouvement retrouvé, danse d'instruments aptes à reconnaître les traces effacées.

• Sandrine Bonnaire (voix), Erik Truffaz (trompette, piano, électroniques), textes de Joël Bastard
• "Noces Translucides"de  François Corneloup (saxophones) avec Anne Alvaro (voix), Jacky Molard (violon), Sophia Domancich (piano électrique), Joachim Florent (contrebasse) d'après une photographie de Guy Le Querrec, textes de Jean Rochard
Nevers, La Maison - Grande Salle, le 9 novembre 2022

Photographies de Maxim François ©