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Photo : Hafida El Ali
Salut les ours !
Salut les chats !
Salut les bisons !
Salut les oiseaux !
Salut les tortues !
Salut les baleines !
Salut les pingouins !
Doucement les castors !
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Photo : Hafida El Ali
Mardi 17 novembre 2020, depuis tôt le matin,
évacuation de réfugiés à St Denis
Photographie : Solidarité migrants Wilson
En allumant son ordinateur, on a parfois ce message grossissant, grossissant, grossissant, un tantinet asphyxiant, et à d'autres moments, plus respirants, il est accompagné d'une autre ligne qui semble indiquer qu'on aurait quelques recours contre cette situation.
Dessin : Grandville, 1843 d'après Edgar Allan Poe
Contrairement peut-être à ce que relèvent plusieurs critiques (ou présentations), le deuxième tome qui vient de paraître de Faut pas prendre les cons pour des gens d'Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouhaud n'est pas "un album d'humour absurde sur la bêtise ordinaire", mais plutôt un album qui pointe méticuleusement un absurde ordinaire envahissant les moindres parcelles de nos vies. Les imaginations sont rattrapées par les situations que nous tous entretenons à force de dramatiques renoncements "ordinaires". Au fond, plus de quoi penser que de rire. Un deuxième album aussi utile que le précédent et en cette période de grand déboussolage ça s'impose !
(Éditions Fluide Glaciale - chez toutes les librairies dignes de ce nom et PAS où voussavazone)
Un autre "Chantenaysien" nous a quitté le 17 octobre. Toshinori Kondo, qui avait fait le voyage de Tokyo pour jouer dans la chapelle de Chantenay-Villedieu en trio avec Raymond Boni et Terry Day en septembre 1983 (ici aperçu dans le livre-disque Le Chronatoscaphe par Guy Le Querrec). Au tournant des années 70/80, Kondo nous frappait par l'irruption de son étonnante vitalité vibrant d'impressions entre ombre et lumière.
On a pu l'écouter avec Yosuke Yamashita, Henry Kaiser, Steve Beresford, David Toop, John Zorn, Eugene Chadbourne, Derek Bailey, Bill Laswell, Peter Brötzmann, Herbie Hancock... En 2002, il avait travaillé à l' International Peace Festival à Hiroshima.
Jean-Luc Godard a dit : "C'est la marge qui tient la page". Et dans cette marge, il y a foison de margettes qui la dessinent et parmi elles, nos adolescences, la fringale de vivre, poésie dynamique, dernier moment de nos enfances avant de rejoindre l'abstraction adulte, la morale fabriquée.
Lorsque Thierry Vandennieuwembrouck fait la demande d'un concert à l'occasion d'une exposition et quelques autres événements à propos de Boris Vian à la bibliothèque de Valenton (concert proposé pour le 25 avril 2020, reconduit pour cause de confinement et qui aura lieu in extremis à 19h à la Bibliothèque de Valenton, avant le couvre feu du 17 octobre de cette même année), c'est bien bien de suite cette idée qui étincelle. Se forme alors un trio aussi inattendu qu'évident avec Catherine Delaunay (clarinette), Timothée Le Net (accordéons) et Anamaz (chant), un trio qui va farfouiller dans les taquinantes et primordiales flagrances de l'auteur de L'herbe rouge, reléguées trop souvent à la marge (mais n'est-ce pas l'essentiel !). Les trois amis de répondre avec une douceur effrontée aux audaces des chansons de Vian ou de ses références jazzistiques (mais pas seulement, lorsque par exemple Weber et Berlioz s'invitent). "J’ai obtenu à partir de la Black and Tan Fantasy un mélange vraiment ahurissant " dit Colin dans L'écume des jours, ce sera donc, précédé d'un court "Cantilène en gelée", l'œuvre ellingtonnienne de départ d'une visite soigneusement vagabonde par entremise poétique, où politiques, flics, militaires et "à bas la calotte et bien cordialement" en prennent bien logiquement pour leur grade par trop intemporel. Vian écrivait dans une de ses Chroniques de jazz : "Personnellement, je ne sais pas du tout ce qui est beau, mais je sais ce que j'aime et je trouve ça amplement suffisant" et le trio perçoit la beauté même de cette phrase, cette beauté fondatrice qui va permettre une somme joueuse et passionnante où l'aperçu frissonne avec cœur de ses inquiétudes. La complicité de cette trinité où chacun-chacunes transposent une écriture de la vie, par tant de personnalité commune, par tant de communs personnalisés, une forme de retour aux sources qui explore nos possibles lendemains... et qui swingue dans toute la marge.
• Merci à l'équipe de la Bibliothèque de Valenton, à Pascal Van den Heuvel, Marie-Jeanne et Anne Le Goff
Photo de répétition : B. Zon